Web littéraire
Actualités du web littéraire

éditos

Pour les sciences sociales

Pour les sciences sociales

En 2017 paraissait aux éditions de l'EHESS et à l'initiative de Cyril Lemieux, Laurent Berger, Marielle Macé, Gildas Salmon & Cécile Vidal un indispensable répertoire des 101 livres qui ont fait les sciences sociales. Près de dix ans plus tard, le volume Pour les sciences sociales est désormais accessibles en ligne sur OpenEdition via Fabula. Loin de l'image d'un panthéon figé, l'ouvrage révèle un paysage mobile, multiforme, où chacun est invité à entrer et circuler librement, aujourd'hui comme hier. Cette sélection critique, unique en son genre, permet de plonger aux origines des sciences sociales, d'en suivre l'évolution et d'en saisir l'unité, au-delà des divisions disciplinaires. Véritable aventure de recherches, elle incite, dans sa pluralité, à approfondir notre connaissance des débats contemporains.

Ce que témoigner veut dire

Ce que témoigner veut dire

La revue bisontine Semen vient de consacrer un dyptique à la question du témoignage envisagé sous l'aspect de la langue. Intitulée "Le témoignage, résistance politique et sociétale", sa 57e livraison se propose d’interroger le témoignage comme fait de langue et de discours à partir des diverses approches permises par le développement de la recherche en sciences du langage et dans les disciplines connexes qui s’intéressent aux langages dans la variété de leurs manifestations : témoignage oral/écrit, iconique, audiovisuel ou passant par d’autres formes médiatiques. Le nouveau numéro est consacré à l’intime tel qu’il est mis en scène et en discours dans un espace d’interactions : "Le témoignage : médiation et performativité de l'intime". Dans les deux numéros, le témoignage est abordé comme un acte performatif, un discours de résistance face aux discours destructeurs, à la violence, aux silences ou à l’invisibilisation. L’accent est mis sur le rôle des médiations — qu’elles soient intersubjectives ou techno-sémiotiques — dans l’interaction, celles-ci participant à la construction et à la sémiotisation du témoignage.

Voltaire au Portugal

Voltaire au Portugal

L'auteur du Poème sur le désastre de Lisbonne est chez lui au Portugal, où bien des élèves français entrent souvent par un chapitre de Candide. Le projet de recherche "Cartographier Voltaire au Portugal" supervisé par Marta Teixeira Anacleto au sein du Centre de Littérature portugaise de l'Université de Coimbra vient de rendre publique sa base de données sous la forme d'une Antologie numérique : 271 entrées correspondant aux traductions portugaises de l'oeuvre de Voltaire, du XVIIIe au XXIe siècles. Un livre collectif, issu d'un colloque tenu en mai 2025, accompagne le projet : Cartographies de Voltaire au Portugal (XVIIIe-XXIe s.), qui vient évaluer les confluences poétiques des traductions avec la littérature et la culture portugaises. Fabula vous invite à en découvrir la Table des matières…

Zone de turbulences

Zone de turbulences

Le dossier "Turbulences" établi par Cyrielle Dodet, Alexandra Moreira da Silva pour la revue Théâtre/Public s’attache à saisir les relations particulièrement vives qu’entretiennent aujourd’hui la poésie et les arts du spectacle vivant. Il convie pour cela une vingtaine de spécialistes et d’artistes œuvrant dans différentes disciplines et issus de plusieurs générations. Il s’agit d’explorer les manifestations concrètes de la poésie dans la création scénique contemporaine : comprendre de quoi elles se nourrissent, ce dont elles héritent et ce qu’elles inventent. Le sommaire s'ouvre en outre sur un entretien avec Julie Deliquet, qui revient sur son parcours de mise en scène et la façon dont elle explore théâtralement l’histoire politique, sociale et sensible du XXe siècle.

(Illustr. : Par autan, par le Théâtre du Radeau, dernier spectacle de F. Tanguy disparu en décembre 2023)

Littérature et politique : de l’engagement littéraire au postcolonialisme. Acta fabula enVO n° 5

Littérature et politique : de l’engagement littéraire au postcolonialisme. Acta fabula enVO n° 5

Poursuivant son ambition de faire découvrir des travaux étrangers moins accessibles au lectorat francophone, Acta fabula propose le cinquième numéro de sa série "enVO", élaboré dans le cadre du séminaire doctoral de Sorbonne Université "enVO : la théorie en ses langues" que coordonnent Maxime Berges et Cassandre Martigny. Pour ce dossier critique, Yoonsun Choi, Mihai Duma, Camille Joubert, Seongyoun Lee, Hannah Rindzunski et Ni Zeng ont imaginé et rédigé un numéro traitant des liens entre "Littérature et politique" à partir de la pratique de l'engagement, largement étudiée mais réenvisagée dans ce numéro à partir d'horizons proches (allemand, roumain) et lointains (coréen, chinois, sud-américain). Les comptes rendus et traductions de ce numéro invitent ainsi à un décentrement de cette notion, pour reconsidérer l'Histoire du XXe siècle et de ses violences.

Le grand zoo du romantisme

Le grand zoo du romantisme

Grive de Chateaubriand, crapaud de Hugo, insecte de Michelet, fauvettes de Sand, tigre de Balzac, chien de Dumas, rossignol de Verlaine, âne de la comtesse de Ségur, mouche d’or de Zola, requin de Lautréamont, chat de Rachilde… Si la zoopoétique consiste en un décentrement permettant d’animaliser nos trop humaines bibliothèques, force est de constater que celles du XIXe siècle sont habitées par les bêtes, du bousier de Fabre, à une époque où histoire naturelle et art du récit s’enrichissaient réciproquement, à l’albatros allégorique ou au chat énigmatique de Baudelaire. Les humains sont eux-mêmes plus ou moins animalisés, selon qu’ils ou elles sont enfants, femmes, ouvriers, paysans, poètes, dictateurs ou fous. À l'initiative d'Anne Simon, un dossier de la revue Romantisme vient montrer comment certaines approches de la zoopoétique littéraire contemporaine trouvent un ancrage et un répondant dans les œuvres du XIXe siècle.

(Illustr. : Cinq mètres carrés de désolation, Gilles Aillaud, 1928-2005)