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Commandes patrimoniales - Séminaire en ligne (inscriptions)

Commandes patrimoniales - Séminaire en ligne (inscriptions)

Publié le par David Martens (Source : David Martens)

Séminaire PatrimoniaLitté en collaboration avec

RIMELL (Recherches Interdisciplinaires sur la Muséographie et l’Exposition de la Littérature et du Livre)

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Commandes patrimoniales

Février – Juin 2026

sous la dir. de Chiara Zampieri (KU Leuven & VUB)

De la Chapelle Sixtine de Michel-Ange à Cloud Gate d’Anish Kapoor, en passant par L’École d’Athènes de Raphaël ou encore Guernica de Pablo Picasso, la commande traverse l’histoire de l’art et en constitue l’un des moteurs fondamentaux. Ancrée dans une tradition pluriséculaire, la commande artistique connaît un véritable âge d’or durant la Renaissance, époque durant laquelle artistes et mécènes évoluent dans un rapport de symbiose esthétique mais aussi, parfois, politique et intellectuelle. Cette dynamique se prolonge sous l’Ancien Régime, avant de ressurgir au XXe siècle avec une vigueur renouvelée, sous l’effet de ce qui a été qualifié de « tournant mécénal[1] ».

Si la commande est historiquement associée aux arts plastiques et visuels, elle concerne également d’autres domaines de la création artistique, parfois de manière moins saillante mais tout aussi significative. Ainsi, comme l’ont montré les recherches de Bernard Lahire[2], ainsi que d’Adrien Chassain, Maud Lecacheur, Fanny Lorent et Hélène Martinelli[3], entre autres, la commande joue un rôle crucial dans le champ littéraire contemporain, notamment dans cette frange de la production littéraire qui échappe aux circuits traditionnellement associés au monde du livre, et que Lionel Ruffel et Olivia Rosenthal ont qualifiée de « littérature hors du livre[4] ».

Parmi les contextes particulièrement investis par la commande littéraire figurent les institutions patrimoniales, et notamment les musées d’art ou d’histoire, mais aussi les maisons d’écrivains, les lieux d’archives, les parcs littéraires ou encore les lieux de mémoire. Depuis les années 2000, ces institutions de types différentes sollicitent de plus en plus fréquemment des écrivains, des poètes ou des auteurs de bande dessinées pour leur confier, dans le cadre de commandes plus ou moins formalisées, des interventions de nature variée. Certains auteurs sont ainsi invités à visiter des expositions ou des collections afin de produire de courts textes littéraires qui sont ensuite publiés en catalogue, diffusés sur le site de l’institution ou lus à voix haute lors de performances. Le Musée des Confluences de Lyon, le Louvre ou encore le Palais des Beaux-Arts de Lille ont notamment mis en œuvre ce type de démarches. Les auteurs peuvent aussi être invités à participer à des projets curatoriaux, à l’instar de Toni Morrison ou d’Umberto Eco, commissaires invités au Louvre en 2006 et 2009, respectivement. À ces formats, désormais relativement bien établis, s’ajoutent des initiatives plus ponctuelles, comme la demande de rédiger des cartels ou des textes de salle ou encore la conception de performances in situ. Pour les sites patrimoniaux, ces démarches revêtent une double valeur : d’une part, elles permettent à l’institution de se positionner en tant que lieu de création contemporaine ; d’autre part, elles brouillent les frontières entre la création, la médiation et la patrimonialisation, offrant ainsi aux institutions la possibilité d’approcher le patrimoine différemment et de faire émerger des histoires ou des points de vue alternatifs par rapport à ceux traditionnellement privilégiés.

Ce volet du séminaire PatrimoniaLitté propose d’interroger cette nouvelle palette de pratiques culturelles contemporaines à travers une série d’études de cas où la littérature et le patrimoine se croisent par le truchement de la commande. Dans ce contexte, il s’agira de considérer la commande non seulement comme un instrument de production littéraire, mais aussi comme vecteur d’activation patrimoniale. On explorera ainsi dans quelle mesure, et avec quels effets, la commande littéraire vise à faire émerger de nouvelles formes patrimoniales tout en participant aussi à la relecture, à la mise en valeur ou à la reconfiguration symbolique d’un patrimoine déjà constitué. Il s’agira également de réfléchir à la portée esthétique, institutionnelle, communicationnelle et, dans certains cas, politique de ces nouvelles formes de dialogue entre le patrimoine et la création littéraire contemporaine.

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Le séminaire se déroulera entièrement en ligne. Pour participer à une ou plusieurs séances, veuillez remplir le formulaire ci-dessous :

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeqJZ7pMCS8WCfgYpUrjADSgq1k4TXAurr6jysw8zRFfD3XMg/viewform?usp=publish-editor

Un lien de connexion vous sera envoyé par e-mail le jour même de la séance concernée. 

Veuillez noter que toutes les séances font l’objet d’un enregistrement vidéo et sont ensuite mises en ligne sur le carnet du réseau PatrimoniaLitté : https://respalitt.hypotheses.org/le-reseau-patrimonialitte 

Pour plus d’informations sur ce cycle de séminaires ou sur les modalités de participation, veuillez contacter Chiara Zampieri : chiara.zampieri@kuleuven.be 

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Agenda

Séance 1 : Commandes et musées coloniaux

24 février 2026, 16h30 – 18h30

16h30 : David Martens (KU Leuven) « In Koli Jean Bofane curateur. Quand l'Africa Museum accueille un écrivain  

17h30 : Magali Nachtergael (Université Bordeaux Montaigne) « Les musées coloniaux face à la littérature : autour de l'Africa Museum et du Palais de la Porte Dorée »

Séance 2 : Commandes et récits d’objets muséaux 

25 mars 2026, 16h30 – 18h30

Entretien avec Cédric Lesec (Musée des Confluences de Lyon) et Natacha Fabbri (Museo Galileo di Firenze) sur les commandes littéraires mises en œuvre au Musée des Confluences de Lyon et au Museo Galileo de Florence.

Séance 3 : Commandes et bandes dessinées

29 avril 2026, 16h30 – 18h30

16h30 : Arianna Bocca-Pignoni (Sorbonne Université) « Bande dessinée de musée : quelles commandes pour quels musées ?

17h30 : Jean-Matthieu Méon (Crem, Université de Lorraine) « La commande de fictions patrimonialisantes chez Marvel : logiques industrielles et tensions auctoriales »

Séance 4 : Commandes et institutions nationales

26 mai 2026, 16h30 – 18h30

16h30 : Adrien Chassain (Paris 8) « Commande patrimoniale et mécénat d’État : autour du programme ‘Mondes nouveaux’ (2020-2023) »

17h30 : Reindert Dhondt (Universiteit Antwerpen) « Réécrire le Musée du Prado et le British Museum et leur vocation universelle »

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Séance 5 : Commandes et archives

9 juin 2026, 16h30 – 17h30

16h30 : Chiara Zampieri (KU Leuven / Vrije Universiteit Brussel) « Commandes camouflées dans la collection Diaporama (IMEC) ».

[1] Nathalie Quintane, « Parler d’art en plein tournant mécénal », dans Jean-Pierre Cometti et Nathalie Quintane (dir.), L’Art et l’argent, Paris, Amsterdam, 2017, pp. 126-140.

[2] Bernard Lahire, La Condition littéraire. La double vie des écrivains, Paris, La Découverte, 2006.

[3] Adrien Chassain, Maud Lecacheur, Fanny Lorent et Hélène Martinelli (dir.), COnTEXTES, n° 29, Logiques de la commande (XXe-XXIe siècles), 2020. 

[4] Olivia Rosenthal et Lionel Ruffel (dir.), Littérature, n° 160, vol. 4, La littérature exposée. Les écritures contemporaines hors du livre, 2010.