éditoriaux

Brûler Turner

Brûler Turner

En 1858, le critique d’art John Ruskin est chargé de classer les œuvres du peintre William Turner, disparu sept ans plus tôt. Parmi les milliers de dessins et peintures, il découvre des esquisses de nus féminins qu’il juge scandaleuses. Les a-t-il réellement détruites, comme il l’affirmera plus tard ? Dans Le feu aux nues (Flammarion), Claro explore cette énigme et les destins contrastés de Turner et Ruskin. D’un côté, un peintre discret protégeant sa vie privée ; de l’autre, un critique tourmenté, fasciné par les très jeunes filles et sombrant peu à peu dans la folie. Au cours de son enquête, Claro a mis au jour des documents rares : les lettres de l’épouse de Ruskin (avec laquelle il ne consomma jamais le mariage), qui jettent une lumière inquiétante sur certains écrits et comportements du critique anglais. Avec l’aide inattendue de la Lolita de Nabokov et de l’Alice de Lewis Carroll, les ombres se déplacent, et c’est un Ruskin rongé et fasciné par des flammes d’un tout autre genre que l'enquêteur dévoile. Fabula vous invite à feuilleter l'ouvrage…

Leurs derniers mots

Leurs derniers mots

Raphaël Meltz s'est mis à l'écoute de cinq voix qui se sont tues, trop tôt : Franz Kafka en 1924, Virginia Woolf en 1941, Albertine Sarrazin en 1967, Georges Perec en 1982, Roberto Bolaño en 2003. Par cinq fois, la littérature a été privée de la poursuite d’une œuvre qui bouleversait le monde. Dans Cinq silences (Bayard), l'essaysiste se demande comment raconter "ce qui ne va pas pouvoir arriver", en se concentrant sur ce moment de bascule, sur ce qui précède le silence : la profusion de paroles, de faits et de dates qui constituent les derniers instants, les derniers mots. Fabula vous propose de lire un extrait de l'ouvrage…

(Photo issue de l'exposition pour le Centenaire de la mort de Franz Kafka, Villa Stuck Museum, Munich, 2024)

On m'appelle Robin des Bois

On m'appelle Robin des Bois

Une femme rebelle

Une femme rebelle

Mariée par convention à un homme malade et dépendant, Josanne travaille comme journaliste pour subvenir aux besoins du couple. Elle entame une liaison avec un amant falot et égoïste, avant de rencontrer Noël Delysle, écrivain qui se veut féministe mais se révèle le plus souvent incapable de la comprendre… La collection Folio Classique redonne à lire La Rebelle, le roman de Marcelle Tinayre publié en 1905, le récit d’une femme qui refuse de choisir entre amour et indépendance dans le Paris du début du XXᵉ siècle. Le roman explore les contradictions qui animent l’héroïne – devoir conjugal et désir de liberté, amour passionné et aspiration à l’autonomie – dans une société où les femmes sont encore soumises aux diktats du mariage, de la maternité, de l’Église. Josanne incarne un féminisme en devenir, entre revendications progressistes et attentes d’un monde qui cantonne les femmes au rôle d’épouse, de mère ou de maîtresse.  Fabula vous invite à feuilleter l'ouvrage…

Sartre pour mémoire

Sartre pour mémoire

Maurice Mermet a seize ans à la rentrée scolaire de 1942. Venu de Lyon, il intègre la classe de terminale math élém du lycée Condorcet. Son professeur de philosophie est "M. Sartre", Jean-Paul Sartre — dont c’est également la première année dans l’établissement parisien, déjà auréolé de la réputation gagnée par la publication d’une Esquisse d’une théorie des émotions, de La Nausée et des nouvelles du Mur ; durant cette année, le philosophe rédige L'Être et le néant, mais aussi sa première pièce de théâtre, Les Mouches, à la première de laquelle il invitera ses quarante-quatre élèves, en juin 1943. Maurice Mermet était non seulement un très bon élément, mais aussi un élève consciencieux. Il a pris le cours sous la dictée de son professeur avec une application rare — en témoignent aujourd’hui les quatre cahiers qu’il a conservés, et qu'aujourd'hui centenaire, il a confiés aux éditions Gallimard. Jean-François Louette donne la transcription intégrale de ce Cours de philosophie de terminale pris sous la dictée par son élève Maurice Mermet. Lycée Condorcet, 1942-1943, enrichie de …copies corrigées

Michel Winock publie chez Flammarion un portrait du philosophe sous le titre Sartre pour mémoire : il y raconte l’empreinte singulière laissée sur sa génération et sur lui-même par le plus célèbre écrivain de l’après-guerre. La découverte émerveillée de La Nausée. Les discussions sans fin dans les cafés et les amphithéâtres. Les ruptures fracassantes avec Aron, avec Camus. L’ombre immense de Simone de Beauvoir. Les espoirs révolutionnaires, les désastres du communisme, la guerre d’Algérie, Mai 1968. Avec la verve et l’énergie d’un véritable récit d’apprentissage, Michel Winock brosse en creux le portrait d’une époque qui fit des idées une passion, de l’engagement une vocation et de la controverse un art de vivre. Fabula vous propose de feuilleter l'ouvrage… Le témoignage s'accompagne d'un essai, également aux éditions Flammarion, sur  Les écrivains dans la mêlée. De la Révolution française aux années Sartre : si la figure de l’intellectuel naît véritablement avec Zola pendant l’affaire Dreyfus, son histoire traverse tout le XIXᵉ et le XXᵉ siècle. Dans cette fresque vive et incarnée, Michel Winock retrace deux siècles de passions idéologiques et ravive une question cruciale : quelle place revient à l’écrivain au cœur de la cité ?

Rappelons la parution au printemps dernier du volume des Cahiers philosophiques de Strasbourg consacré à "Sartre et la philosophie sociale", déjà salué par Fabula mais qu'on peut désormais lire en ligne via OpenEdition.

L’amour et la révolution

L’amour et la révolution

L'argent ne dort jamais ? La littérature non plus

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