éditoriaux

Dans un monde où les Beatles n'existeraient pas

Dans un monde où les Beatles n'existeraient pas

Coup dur pour les sujets de la couronne britannique qui devaient déjà apprendre à vivre sans la reine Elisabeth II : il leur faudra donc se passer aussi des Beatles. Car on s’obstine à porter aux nues les auteurs de chefs-d’œuvre, sans prendre la mesure des dégâts qu’ils provoquent. Et l'on n'y songe pas assez : les génies relèguent en effet dans l’obscurité les autres créateurs, imposent des canons arbitraires à notre sensibilité et déforment notre regard sur le passé. Dans Et si les Beatles n'étaient pas nés ?, qui paraît dans l'indispensable collection "Paradoxe" des éditions de Minuit, Pierre Bayard nous entraîne dans les mondes alternatifs où ils n’existent pas : c'est la seule façon de retrouver toutes les œuvres dont ils nous ont injustement privés. Fabula vous invite à lire un extrait de ce nouvel essai… 

La livraison de septembre d'Acta fabula offre à point nommé un compte rendu du précédent essai de Pierre Bayard, Œdipe n'est pas coupable (2021) : "Si Œdipe n’est pas coupable, alors qui ? & pourquoi ? & quid à présent ?", par Delphine Edy.

De la reconnaissance

De la reconnaissance

La collection "Théorie de la littérature" des Classiques Garnier accueille la version française, très attendue, de l'essai de Terence Cave : Poétiques de l’anagnorisis. Le poéticien y retrace l’histoire du terme et explore les enjeux théoriques fondamentaux du procédé. La scène de reconnaissance est en effet aussi populaire qu’elle est suspecte aux yeux de la critique. Fabula vous invite à lire la Préface à cette traduction française, signée par Terence Cave…

En mai dernier, Nathalie Kremer faisait paraître avec Kris Peeters et Beatrijs Vanacker le volume La Reconnaissance littéraire. Hommages à Jan Herman dans la collection "La République des Lettres" (Peeters), qui traite de la question de la reconnaissance littéraire sous trois angles d'approche : diégétique, comme ressort de l'intrigue ; poétique, comme mécanisme par lequel l'œuvre romanesque se donne à lire et à reconnaître comme fiction ; pragmatique, comme facteur de réception et de transmission culturelle des textes de l'Ancien Régime. Fabula donnait alors à lire le texte intégral de l'Introduction…

Pour l'Atelier de théorie littéraire de Fabula, Nathalie Kremer a extrait deux réflexions de sa propre contribution, sur le sens de la reconnaissance selon Paul Ricœur et sur le travail oblique de la reconnaissance dans les fictions du XVIIIe s., réunies sous le titre "Signes de reconnaissance"…

Mime de rien

Mime de rien

Nouvelle Nouvelle Revue française ?

Nouvelle Nouvelle Revue française ?

"La NRF est une entreprise qui a besoin d’être de temps en temps recommencée", écrivait Jean Paulhan à Gaston Gallimard. Ce bon conseil n’a rien perdu de sa fraîcheur, aux yeux d'Antoine Gallimard au moins, qui a invité Maud Simonnot à faire prendre un nouveau départ à La Nouvelle Revue Française, laquelle paraîtra désormais deux fois l'an, à l'automne et au printemps, dans une pagination conséquente et un format agrandi. Au sommaire de cette nouvelle Nouvelle Revue Française : la question de la Nature et le Centenaire de Marcel Proust, mais aussi un éventail de chroniques confiées exclusivement à des écrivains.

À la recherche d'Elsa Morante

À la recherche d'Elsa Morante

Devenirs de la mélancolie

Devenirs de la mélancolie

À l'initiative d' Astrid Chevance et Anaëlle Touboul, la Fondation Singer Polignac accueille le 5 octobre prochain le colloque pluridisciplinaire "Devenirs de la mélancolie" intégralement retransmis en ligne. De la bile noire d’Hippocrate au soleil noir de Nerval, de la Melancholia des gravures d’Albrecht Dürer à celle du cinéma de Lars Von Trier, les territoires de la mélancolie sont vastes et arpentés par de nombreux artistes, écrivains, religieux ou savants, qui donnent sens à cette expérience aux côtés de ceux qui l’éprouvent. Esthétisée, spiritualisée ou médicalisée, la mélancolie en appelle à tous nos savoirs et nos faires pour ne pas rester pétrifié à son contact…

Sous le titre Nostalgie, Thomas Dodman fait de son côté l'Histoire d'une émotion mortelle (Seuil) : au début du XIXe siècle, on "avait" la nostalgie comme on avait le typhus, et on en mourait souvent. Si la nostalgie n’est plus ce qu’elle était, encore faudrait-il savoir ce qu’elle fut : désignée dès 1688 comme "mal du pays", brûlant désir de rentrer chez soi, la nostalgie touchait surtout les soldats, les colons, les esclaves ou les travailleurs migrants, tous expatriés à mesure que le monde s’élargissait, avec la conquête de nouveaux continents, les guerres impériales et l’expansion coloniale. Elle y fit parfois plus de morts que la violence des combats.… S’appuyant autant sur l’histoire de la médecine et de la psychiatrie, que sur les témoignages des conscrits napoléoniens ou les études sur la "nostalgie africaine" des colons français en Algérie, Thomas Dodman donne une profondeur historique à ce qui est aujourd’hui un sentiment bénin inhérent à l’espèce humaine. Pourquoi a-t-elle cessé d’être une maladie ? Comment cette pathologie de l’espace est-elle devenue, au tournant du XXe siècle, recherche du temps perdu ? L’enquête ouvre alors des pistes pour comprendre les inquiétudes que suscitent la modernité, le cosmopolitisme et l’émergence d’un capitalisme bientôt triomphant.

Signalons à cette occasion le catalogue de l’exposition présentée à la Bibliothèque nationale de France l'hiver dernier : Baudelaire. La modernité mélancolique, sous la direction de Jean-Marc Chatelain. Épreuves corrigées de la première édition des Fleurs du Mal, manuscrit autographe de Mon cœur mis à nu, estampes de Meryon, autoportraits ou encore portraits par Nadar invitent à une immersion dans l’univers du poète…

Et rappelons l'essai de Judith Butler, déjà salué par Fabula : La vie psychique du pouvoir. L'assujetissement en théories dans une traduction procurée par B. Matthieussent pour les éd. Amsterdma. Judith Butler s’y emploie à déplier l'ambivalence constitutive du sujet, soumis ou assujetti à un pouvoir extérieur à lui, qui fonctionne simultanément comme sa condition de possibilité, laquelle fait ensuite l’objet d’une occultation et d’un déni. Comment le sujet pourrait-il dès lors affirmer son autonomie et se constituer pleinement comme soi ? En mêlant la théorie sociale, la philosophie et la psychanalyse, en faisant dialoguer des frères ennemis – Hegel et Nietzsche, Freud et Foucault, Hegel et Althusser –, elle étudie les tours et détours empruntés par la formation du psychisme, le rapport du sujet à soi et, enfin, la constitution "mélancolique" de l’identité de genre. Fabula vous invite à (re)découvrir des extraits de l'ouvrage…

On trouvera au sommaire de septembre de notre revue des parutions Acta fabula un compte rendu de l'essai de Hourya Bentouhami, Judith Butler. Race, genre et mélancolie, (éd. Asterdam toujours) : "Judith Butler face aux incohérences du monde", Sana M'Selmi…

Illustr. : Vilhelm Hammershoi, La danse de la poussière dans les rayons du soleil, 1900, Ordrupgaard Museum, Copenhagen.

Fabula fait peau neuve

Fabula fait peau neuve

On se souvient que le Chat botté a pu craindre un moment que l'on fît un manchon de sa fourrure, mais voilà que Fabula fait peau neuve grâce à un financement du Fonds National pour la Science Ouverte abondé par le CNRS : une salve de nouveautés, qui vont faciliter votre usage du site et de ses ressources, en favorisant les échanges au sein de la communauté Fabula !

Parmi celles-ci, outre un affichage (vraiment) optimisé pour vos différents écrans : une cartographie des tendances globales du site et surtout des outils de recherche avancée (adossés à de nouveaux modes d'indexation) qui offrent la possibilité de fouiller les 150 000 pages et articles du site par catégories et par dates.

Mais aussi un annuaire dont le besoin se faisait sentir depuis longtemps : Fabula permet désormais à chacun et chacune de créer son propre compte, à partir de quoi il lui devient loisible d'ouvrir sur le site une page personnelle, mais aussi de s'abonner à des notifications spécifiques pour toutes les annonces touchant à ses centres d'intérêts. Une fois authentifié, chaque visiteur ou visiteuse peut par la suite souscrire à de telles notifications depuis l'une ou l'autre des différentes rubriques.

Autre nouveauté, moins technique : la promotion d'une rubrique "Questions de société", destinée à afficher les informations qui débordent par un biais ou un autre la sphère des études littéraires, notamment les parutions relatives aux sciences humaines générales et/ou les ouvrages (mais aussi les appels, programmes, etc.) en prise sur des… questions de société. La rubrique "Web littéraire" continue de signaler quant à elle toutes les initiatives et productions directement accessibles en ligne. Fabula compte ainsi désormais trois pages d'accueil , auxquelles il est également possible de s'abonner, séparément ou solidairement.

Le prochain gros chantier de cette refondation du site ?  L'Atelier de théorie littéraire, promis à une complète refonte au lendemain du colloque anniversaire des 25 ans du site, "Vingt-cinq ans de théorie littéraire avec Fabula" (Paris, 2-3 juin 2023). L'appel, récemment affiché, court jusqu'au 23 décembre ; retrouvez-le ici… 

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Merci à Perrine Coudurier et Esther Demoulin, qui accompagnent la patiente mue de Fabula, et à Pierre Serin, qui sait rendre le web serein…

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