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Écrire les malheurs du temps

Écrire les malheurs du temps

Lesmalheurs du temps – la guerre, la famine ou la peste – nous sont connus grâce à des témoignages. Grandes plumes nobles, littérateurs ou genssans qualité, ces écrits divers sont autant de sources pour les récitset les analyses des historiens. Leur usage pose pourtant problème. Dèsle XVIIe siècle, en effet, inscrire un témoignage sur le papier faisait participer à une culture écrite orientée par la circulation de débats, de normes et de discours constitutifs de ce qui commençait à devenir la littérature. Dans Histoire, Littérature, Témoignage. Écrire les malheurs du temps paru en 2009, Christian Jouhaud, Nicolas Shapira, et Dinah Ribard se penchaient sur la mise en écriture des expériences vécues et l'utilisation des textes littéraires par les historiens. Devenu un classique des sciences humaines, l'ouvrage est désormais disponible en ligne via Cairn… Rappelons le compte rendu qu'en avait donné Thibaud Lanfranchi dans le dossier critique "Mémoires et littérature" de notre revue des parutions Acta fabula : "Les lieux de l'histoire : écriture, sources et témoignage".

Des deux côtés de la Place royale

Des deux côtés de la Place royale

Parce que les années n'attentent nullement à la valeur des âmes bien nées, Corneille se trouve avoir les honneurs à la fois du Baccalauréat et de l'Agrégation des lettres 2025, avec deux comédies qui prennent l'une et l'autre pour décor l'actuelle Place des Vosges et qui s'inscrivent aux deux bouts de la carrière comique du dramaturge, trop méconnue : La Place royale ou l'Amoureux extravagant (1636), et Le Menteur (1644) dont Marc Escola propose une nouvelle édition dans la collection GF-Flammarion, une suite vertigineuse de "menteries" greffées sur un quiproquo qui vient célèbrer les joies de l’invention verbale et la magie de la parole théâtrale, auquel le dramaturge donna une Suite. Fabula met en ligne à cette occasion des bibliographies numérique pour l'étude du Menteur et de sa Suite ainsi que pour l'analyse de La Place Royale.

(Illustr. de François Chauveau pour Le Menteur dans l'éd. A. Courbé & G. de Luyne, 1660)

Un besoin d'Homère

Un besoin d'Homère

Pourquoi avons-nous encore besoin d'Homère aujourd'hui ? Comment expliquer cette nouvelle actualité de l'Iliade et l’Odyssée et le phénomène de cristallisation auquel elles semblent donner lieu ? Le volume Un besoin d'Homère. Usages contemporains d'une œuvre antique (P.U. du Septentrion), d'ores et déjà accessible en ligne via OpenEdition, invite à repenser les usages et les modalités du rapport à l’œuvre antique pour remettre en perspective les notions d’héritage et de patrimoine homériques dans le cadre d’une "littérature mondiale". Qu’en est-il des nouvelles formes de circulation, de citation des textes et de la tradition qui s’est constituée à partir de leur réception ? En quoi les œuvres homériques permettent-elles de représenter et de penser les crises et les interrogations de notre temps ? Comment l’art de l’aède peut-il être à la source d’une écriture fictionnelle moderne ? Bref, en quoi l’Iliade et l’Odyssée sont-elles encore agissantes dans la littérature, l’art et plus généralement le monde contemporains ?

Barrès aujourd'hui

Barrès aujourd'hui

Dans les mois qui suivirent la mort de Maurice Barrès en décembre 1923, de nombreux hommages parurent dans la presse et les revues. L’auteur, pour qui furent organisées des funérailles nationales, n’eut pourtant pas l’honneur d’un numéro spécial de La Nouvelle Revue française, contrairement à Marcel Proust ou à Joseph Conrad, le premier décédé un an plus tôt et le second quelques mois plus tard. C’est que malgré l’influence exercée sur les écrivains de l’entre-deux-guerres, le "professeur d’énergie" fut, dès avant son décès, remis en cause pour son nationalisme exacerbé et pour son indéniable antisémitisme. Depuis lors, Maurice Barrès a connu une fortune paradoxale. Sans jamais bénéficier d’une institutionnalisation, de canonisation ou de réhabilitation, il n’a pas non plus été oublié : son ombre plane sur la littérature du premier XXe siècle, de sorte que son nom a traversé l’histoire littéraire. Aujourd’hui, qu’en reste-t-il ? Le centenaire de sa mort a été commémoré par plusieurs publications qui réévaluent ou envisagent sous un jour inédit l’œuvre barrésien. Faut-il ou peut-on encore lire Barrès ? Ou plutôt : comment le faire ? Au sein du sommaire de mai d'Acta fabula, le septante-sixième dossier critique de notre revue des parutions essaie de répondre à cette question.

(Illustr. : Portrait de Maurice Barrès par Jacques-Émile Blanche, vers 1890, © Bibliothèque nationale de France, Paris)

Dans l'atelier d'Émile Zola

Dans l'atelier d'Émile Zola

Dirigée par Nathalie Ferrand, hébergée par les éditions Hermann et déjà saluée par Fabula, la collection "Dans l'atelier" cherche à rendre compte de la genèse matérielle des œuvres et du travail concret des écrivains, en nous offrant régulièrement de belles découvertes. Après un volume consacré à Joseph Kessel signé par Serge Linkès, et une visite de l'atelier de Jean-Jacques guidée Nathalie Ferrand elle-même, Olivier Lumbroso nous ouvre le cabinet de travail de Zola. L'auteur des cycles Les Rougon-Macquart, Les Trois Villes et Les Quatre Évangiles a légué à la postérité des milliers de feuillets manuscrits. Les solides dossiers préparatoires étudiés par le non moins méthodique O. Lumbroso laissent entrevoir les déviances de l’imaginaire, fulgurances du talent et expérimentations narratives. L'ouvrage qui montre aussi que Zola a su faire de la naissance des œuvres un magistère dont tout apprentissage de l’écrit pourrait aujourd’hui encore se nourrir, est désormais intégralement accessible en ligne via Cairn

Avec Jean-Fabien Spitz

Avec Jean-Fabien Spitz

Corps souffrant, corps politique

Corps souffrant, corps politique

Les questionnements actuels sur le genre, sur les rapports de domination, sur le handicap ou encore sur les situations de crise sanitaire invitent à reconsidérer les récits portant sur la violence physique, la douleur, la blessure et la maladie. Supervisée par Aurélien d'Avout et Yohann Deguin, la trente-et-unième livraison de la revue Fabula-LhT : littérature, histoire, théorie propose d’étudier les représentations du corps souffrant dans la littérature, lorsque celui-ci apparaît investi d’une valeur collective et politique. En effet, bien qu’éprouvée de manière intime dans le corps d’un sujet, la souffrance est aussi affaire de toutes et tous. Le sommaire accueille également un article en varia sur Antoine Volodine.

Comme à l'accoutumée, la revue des parutions Acta fabula adosse ce sommaire à un dossier de comptes rendus sur la même question des corps souffrants. Signalons au passage les nouveaux appels à contributions affichés par Acta fabula pour deux dossiers critiques respectivement consacrés au personnage historique en littérature, et à la Troisième république des Lettres au féminin.

(Illustr. : Egon Schiele, I Will Gladly Endure for Art and My Loved Ones, crayon et aquarelle sur papier, Vienne, Albertina Museum, 1912).