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Un dictionnaire des Registres de la Comédie-Française

Un dictionnaire des Registres de la Comédie-Française

Fin janvier a été ouvert au public le dictionnaire des Registres de la Comédie-Française sous le titre Les Mots des registres : des chandelles aux loges d'acteurs, en passant par les rôles à manteau, le frotteur, le droit des pauvres et les voyages à la cour, ce dictionnaire vise à recontextualiser les différents registres exploités par le Programme des Registres de la Comédie-Française et à en explorer la richesse via des liens hypertextes. Dirigé par Charlotte Bouteille et Charline Granger, il recèle aujourd'hui près de 200 articles et est amené à s'enrichir encore. 

De la géographie littéraire

De la géographie littéraire

On se souvient peut-être du mot de Julien Gracq, qui s'y connaissait : l'Histoire, c'est ce qui vient mettre le désordre dans la géographie. Mais qu'en est-il de l'histoire et de la géographie littéraire ? Marc Brosseau a dressé un Tableau de la géographie littéraire publié par les Presses Universitaires de Pau et des Pays de l'Adour et directement accessible en ligne sur UN@, nouvelle plateforme d'édition de livres numériques pour les presses universitaires de Nouvelle-Aquitaine. Longtemps marginal, le recours à la littérature est désormais une pratique courante en géographie : de la véracité de la description des paysages ruraux dans le roman réaliste à la forme de la ville dans le roman moderniste, en passant par l’imaginaire urbain dans la littérature de science-fiction ou le roman policier, de nombreux thèmes sont explorés au contact d’œuvres littéraires. Le livre reconstitue l’évolution de ce champ de recherche foisonnant et en identifie les orientations contemporaines les plus prometteuses. Il montre que la géographie littéraire constitue une forme de carrefour où s’entrecroisent, et parfois s’entrechoquent, conceptions de la discipline, enjeux méthodologiques, prérogatives critiques et traditions intellectuelles.

Dramaturges et spectatrices

Dramaturges et spectatrices

Sous le titre "Écrire pour elles. Dramaturges et spectatrices en Europe", un nouveau numéro de la revue en ligne Études Épistémè se propose d’interroger le rôle joué par les femmes, en tant que lectrices et surtout spectatrices du théâtre, dans le développement de la production dramatique européenne du début du XVIe siècle au début du XVIIIe siècle. Le théâtre de la première modernité fait en effet une place importante à l’amour, crée des personnages féminins actifs, explore les rapports entre les sexes et ses auteurs revendiquent de plus en plus le plaisir comme finalité du théâtre et le public comme juge de leurs pièces. L’analyse de sources multiples et la prise en compte de pratiques et de situations variées permettent de confronter les pratiques réelles de spectatrices, mais aussi de mécènes et d’actrices, aux représentations plus ou moins fantasmées du public féminin et de son influence qui se construisent dans les textes. S’il demeure difficile de cerner l’influence de la réception féminine sur l’écriture dramatique, l’enquête montre l’importance des contextes économiques, politiques et culturels dans lesquels le théâtre se développe, met en valeur la participation de nombreuses femmes – autrices, actrices professionnelles ou occasionnelles, mécènes et commanditaires – à l’activité théâtrale et souligne la liberté de la fiction dramatique par rapport aux normes et aux contraintes sociales pesant en particulier sur les femmes. Fabula vous invite à parcourir le sommaire…

Véronique Lochert fait paraître dans le même temps aux P.U. de Rennes un essai sur le rôle des spectatrice : Les femmes aussi vont au théâtre. Les spectatrices dans l'Europe de la première modernité, une enquête sur le public féminin des scènes européennes à travers une grande variété de textes invitant à confronter la réalité fuyante des spectatrices à ses multiples représentations. 

La littérature transfigurée par ses éditeurs mêmes

La littérature transfigurée par ses éditeurs mêmes

Longtemps, l’édition de texte fut un sacerdoce aux rituels rigoureux et aux maximes sévères ("Lectio melior, lectio difficilior") : au bout de son chemin montueux apparaissait le Graal de l’"édition définitive". Il revint ensuite à la critique génétique, promouvant manuscrits et avant-textes, d’ouvrir le jeu des possibles en nous faisant entrer dans le dédale des bifurcations et délaissés textuels. Mais voici le jeu poussé encore plus loin par ces éditeurs et éditrices qui reboutent, raccordent, remontent et parfois même récrivent les textes. Qui taillent un nouveau corpus aux œuvres. Des poètes du XVIIe siècle à Proust, de Molière aux épistoliers catholiques du XXe siècle, ces nouveaux rhapsodes revivifient la littérature, comme le prouve le dossier conçu et réuni pour Critique par Jean-Louis Jeannelle. Disponible en librairie, le sommaire est d'ores et déjà accessible en ligne via Cairn…

Baudelaire en accusation

Baudelaire en accusation

À l'intiative de Jean-Baptiste Amadieu, Aurélia Cervoni et Andrea Schellino, une livraison de la Romanic Review revient sur "Baudelaire en accusation". Car au lendemain du procès des Fleurs du Mal, tenu le 20 août 1857 devant la 6e Chambre correctionnelle du tribunal de la Seine, le poète n’a guère quitté le banc des accusés. Il a cumulé les chefs d’accusation, jusqu’à devenir une cible caractérisée de l’intolérance critique, voire son bouc émissaire. Tour à tour réaliste, sataniste, décadent et classique, au gré des fixations névrotiques de ses détracteurs, Baudelaire, irréductible propagateur d’ambivalences, polarise les dénigrements. Mais il ne s’est pas contenté de balayer d’un revers de main les accusations des défenseurs des bienséances littéraires. Il a cultivé – par dandysme ? – une volonté de s’illustrer dans la "fangeuse grandeur" et dans la "sublime ignominie", qui sont les corollaires de son état continu de mis en accusation.

Le questionnaire de Bolaño

Le questionnaire de Bolaño

Juste avant sa mort, Roberto Bolaño avait accordé un entretien à la critique Monica Maristain pour le numéro de juillet 2003 de Playboy Mexico. Agissant par pur fétichisme (de la littérature s'entend), Emmanuel Bouju s'est procuré le magazine en question, et a imaginé que le jeu de ces ultimes questions pourrait servir de base à une série nouvelle d’entretiens d’auteurs et d’autrices : une sorte de "Questionnaire de Bolaño" posthume, engageant celles et ceux qui y répondraient à pratiquer une forme mixte, hybride, de sincérité autobiographique et d’ironie fictionnelle – car à la différence du "Questionnaire de Proust", les questions mêmes y conduisent. En-attendant-nadeau.fr donne à lire le premier de ces entretiens, réalisé avec l’écrivain espagnol Enrique Vila-Matas, qui saisit cette occasion de préciser ce qu’il pense de la "littérature mondiale", indique ce qu’il aurait dit à Frida Kahlo, et fait montre de pessimisme lorsqu’on lui demande s’il est encore possible de sauver le monde. 

Gallicagram !

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