Web littéraire
Actualités du web littéraire

éditos

LittératureSuisse

LittératureSuisse

La nouvelle plateforme LittératureSuisse est désormais en ligne, et elle intègre la revue Viceversa. Elle constitue un espace consacré aux littératures suisses, proposant reportages, essais et critiques littéraires, tout en intégrant la base de données de l’ancien site de viceversa (sans rien perdre au passage !). Dans cette dynamique, la revue papier Viceversa, qui met en avant les échanges littéraires entre les régions linguistiques de la Suisse depuis 20 ans, a fait elle aussi peau neuve et paraîtra à l’automne 2026 sous une nouvelle mouture. Elle rassemblera des textes inédits accompagnés de leurs traductions, au sein d’une édition plurilingue explorant une grande diversité de formes. La revue a donné aussi mission à quatre journalistes littéraires (Thierry Raboud (fr), Robyn Muffler (de), Sara Rossi Guidicelli (it) et Viola Cadruvi (rm)) de donner, trois fois par année, des nouvelles de leur région sous un angle littéraire et subjectif. Leurs reportages sont ensuite traduits dans les autres langues et publiés tous en même temps. Les premiers reportages sont à découvrir dès maintenant dans la FenêtreLittéraire…

Une mémoire des savoirs

Une mémoire des savoirs

À une époque où les éditeurs les mieux nantis se hâtent d’enterrer leurs propres revues en même temps que leur directeur (ainsi des Temps modernes au lendemain de la disparition de Claude Lanzmann en 2018, ou de L’Infini à la mort de Philippe Sollers en 2023), et dans un âge où les périodiques naissent spontanément sur le web pour disparaître après quelques années d’existence, l’un chassant l’autre au rythme de la succession des générations, rares sont les revues à pouvoir fêter leurs cent ans. Pour son (premier) centenaire, Études de lettres, la revue de la Faculté des Lettres de l'Université de Lausanne, a invité ses actuels enseignants et chercheurs à se plonger dans les archives de la revue, désormais entièrement numérisées, et à se réapproprier avec elles la longue histoire des disciplines. Les contributeurs ont ainsi choisi de distinguer un article isolé, ou plusieurs articles traitant d’un même sujet, ou encore tout un sommaire, en lui associant un texte de présentation destiné à introduire le ou les textes retenus pour proposer une réflexion sur l’histoire de la discipline concernée, ses évolutions épistémologiques, ses options méthodologiques ou la permanence de ses enjeux, et, le cas échéant, sa place au sein de la Faculté comme du monde académique. Se trouvent ainsi mis en lumière des articles qui témoignent d’une époque dans l’histoire d’une discipline, ou qui permettent de mesurer un tournant dans les méthodes, d’un déplacement des frontières de tel champ du savoir, ou à l’inverse d’une stabilité des interrogations spécifiques à la discipline concernée. Que signifie au fond pour une production dans le domaine des sciences humaines le fait de "faire date" ? Et comment s’opèrent les renouvellements, voire les "redécouvertes" ? Ce numéro anniversaire paraît à l'initiative de Marc Escola, Constance Frei et Martine Hennard Dutheil de la Rochère sous le titre "Mémoire des savoirs. Cent ans d’Études de lettres".

(Illustr. : Nature morte avec livres, ca. 1907-1908, Giacomo Giacometti, ©Musée Cantonal des Beaux-Arts, Lausanne)

Sans entraves ni temps morts

Sans entraves ni temps morts

Théâtre & poésie

Théâtre & poésie

Acta en mai

Acta en mai

La livraison du mois de mai d'Acta fabula affiche son 93e dossier critique, qui propose un parcours poétique jalonné par quelques figures majeures : Novalis, Coleridge, Vigny, Rimbaud, Valéry et Char sont tour à tour envisagés pour leur rôle inaugural ou pour la façon singulière dont leur œuvre entremêle la pensée et l’art. Se dessine un paysage poétique, teinté de politique, d’éthique, d’humanisme et de philosophie, sans jamais renoncer ni aux images ni à la musicalité. Au terme de ce parcours, se pose la question des contemporains. Si la poésie est devenue un art d’initiés, quels en sont aujourd’hui les figures qui comptent et quelles en sont les lignes directrices ?

Le sommaire courant accueille notamment un compte rendu en guise d'hommage du dernier livre de Georges Benrekassa par S. Lojkine et S. Sugino, et au sein de la nouvelle rubrique le "Club de lecture", inaugurée pour les 25 ans de la revue, une analyse par Anne-Marie-Paillet de l'humour "semi-moqueur" de Lise Charles dans son récent Paranoia, mais aussi, au chapitre des essais critiques, une réflexion de Marc Escola sur les essais de Tiphaine Samoyault et Laure Murat : "Gommer ou dégommer ? La littérature est une branloire pérenne". Ou encore le compte rendu donné par Bénédice Louvat de l'édition par Emanuele De Luca d'une précoce traduction italienne du Misanthrope jusqu'ici inconnue. Rappelons, à la veille de l'été, la liste des ouvrages en attente de rédacteurs pour lesquels chacun peut se porter candidat au profit de son propre programme de lectures de vacances.

Fabula-LhT, la revue généraliste du site, affiche de son côté un nouvel appel à contributions sur le "doux pouvoir de la littérature", à l'initiative de Joséphine Vodoz et Jérémy Naïm.

Signalons enfin que chacune des pages de Fabula affiche désormais la possibilité de diffuser l'information sur les réseaux BlueSky et LinkedIn, outre Facebook et X (que l'équipe vous encourage toutefois à quitter, si vous ne l'avez déjà fait). Et qu'il reste loisible à chacun de créer sur Fabula son propre compte pour personnaliser son usage du site en définissant notamment des alertes : voyez en haut à droite de cette page.

(Illustr. : Jef Rosman, Rimbaud blessé, Musée-Bibliothèque Arthur Rimbaud de Charleville-Mézières)

Poétique, n° 199

Poétique, n° 199

La livraison de printemps de la revue Poétique, sous livrée verte, nous vaut une floraison de propositions théoriques. Le sommaire du n° 199 fait la part belle à la poétique des récits factuels, avec deux articles qui se donnent les Mémoires du cardinal de Retz comme terrain d'exercice : Michel Charles s'interroge sur les rapports entre "Récit factuel et effet de fiction", à l'enseigne de "Retz né de la nuit", quand Arnaud Welfringer s'attache aux Transitions factuelles dans ces Mémoires très tôt fameux. Bertrand Gendrel esquisse quant à lui une théorie de la tonalité, pensée comme la part de vie qui anime les mots et qui permet aux œuvres de perdurer à travers le temps. Guy Larroux nous invite à renouer avec "Un malaimé des lettres, le roman politique du XIXe s.", quand Boris Lyon-Caen prend au sérieux les relations de Balzac et la psychologie cognitive. ("Quel opéra qu’une cervelle d’homme !"). Jean-François Louette isole Sartre aux bords du poème en prose, pendant que Jean-Daniel Gollut et Joël Zufferey reviennent sur "La schématisation stylisante du discours indirect libre".