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Le grand zoo du romantisme

Le grand zoo du romantisme

Publié le par Marc Escola

Grive de Chateaubriand, crapaud de Hugo, insecte de Michelet, fauvettes de Sand, tigre de Balzac, chien de Dumas, rossignol de Verlaine, âne de la comtesse de Ségur, mouche d’or de Zola, requin de Lautréamont, chat de Rachilde… Si la zoopoétique consiste en un décentrement permettant d’animaliser nos trop humaines bibliothèques, force est de constater que celles du XIXe siècle sont habitées par les bêtes, du bousier de Fabre, à une époque où histoire naturelle et art du récit s’enrichissaient réciproquement, à l’albatros allégorique ou au chat énigmatique de Baudelaire. Les humains sont eux-mêmes plus ou moins animalisés, selon qu’ils ou elles sont enfants, femmes, ouvriers, paysans, poètes, dictateurs ou fous. À l'initiative d'Anne Simon, un dossier de la revue Romantisme vient montrer comment certaines approches de la zoopoétique littéraire contemporaine trouvent un ancrage et un répondant dans les œuvres du XIXe siècle.

(Illustr. : Cinq mètres carrés de désolation, Gilles Aillaud, 1928-2005)