Atelier | éditos

Dialogue entre une romancière et un linguiste

Dialogue entre une romancière et un linguiste

Spécialiste de sciences du langage, Alain Rabatel a consacré quatre articles successifs aux spécificités du discours rapporté (ou discours représenté) dans les romans noirs de Dominique Manotti : Sombre sentier, À nos chevaux, Nos fantastiques années fric, Racket et Marseille 73. Les occurrences étudiées étaient si novatrices et singulières en elles-mêmes, comme pour leur rapport avec la narration et la position de la narratrice envers ses personnages et les univers représentés, que le théoricien a eu l'envie d'en savoir plus, en dialoguant avec la romancière, par ailleurs historienne de profession. C'est cet entretien resté inédit que l'Atelier de théorie littéraire de Fabula donne à lire, sous le titre : "La représentation des discours des personnages, la narration, la vie et le lecteur. (Dialogue entre une auteure de romans noirs et un linguiste)", par Dominique Manotti et Alain Rabatel.

Le goût de la publicité

Le goût de la publicité

Après Portraits de l'écrivain en publicitaire, un volume de La Licorne édité avec Laurence Guellec aux Presses Universitaires de Rennes, qui s'attachait aux grands noms des belles-lettres qui à l'instar de Valéry, Cendrars, Giono ou Queneau, ont signé des textes publicitaires, et Pages de pub. Anthologie documentaire, établie avec David Martens pour une livraison d'Histoires littéraires, ou encore en amont Circulations publicitaires de la littérature, une livraison d'Interférences littéraires/Literaire interferenties, supervisée par les trois spécialistes, Myriam Boucharenc fait paraître aujourd'hui aux excellentes éditions Champ Vallon L’écrivain et la publicité. Histoire d’une tentation. Car la "déesse publicité", qui triomphe à l’Exposition internationale de 1937, peut se vanter d’avoir séduit de nombreux écrivains, et non des moindres. Mais se souvient-on des slogans, plaquettes et catalogues signés Cocteau, Colette, Cendrars, Valéry et Claudel même, Louise de Vilmorin, Giono, Ponge ou encore Sollers ? De la Belle Époque aux Trente Glorieuses – et jusqu’à aujourd’hui –, de grands noms des lettres ont osé prêter leur talent et parfois leur image aux marques du commerce et de l’industrie, aux nouilles Rivoire & Carret comme aux parfums Lanvin. Illustré d’images d’archives et de collections, cet essai ressuscite l’histoire occultée de cette publicité d’auteur, à lire et à voir : surprenante, drôle, souvent très belle. Il interroge la tentation – celle de vendre l’âme de la littérature au diable marchand –, qui a permis aux écrivains de se médiatiser, de gagner leur vie en divertissant leur plume, non sans enrichir leur œuvre où coule discrètement de l’encre de source publicitaire. Fabula vous invite à parcourir le sommaire… mais aussi et surtout à lire dans l'Atelier de théorie littéraire de Fabula un extrait de l'ouvrage : "Publicité sous influence littéraire".

La littérature et le vernaculaire

La littérature et le vernaculaire

Comment la littérature et les sciences sociales abordent-elles les "mondes vernaculaires" ? En quoi les techniques d’observation, de description et de représentation, en partie partagées par les ethnologues et écrivains, proposent-elles sur le sujet des interprétations et des documents précieux ? Dans Écrire les mondes vernaculaires, sous titré Littérature, ethnologie et création sociale (Tangence éd.), Jérôme Meizoz s’interroge sur le potentiel de création sociale présent dans les savoirs littéraires et ethnologiques, en parcourant, à partir des approches d’Ivan Illitch et de James Scott, des façons de faire, des pratiques locales régulées moins par des normes scientifiques ou étatiques que par l’expérience accumulée de ceux qui les mettent en œuvre (langue, cuisine, architecture, etc.). Fabula donne à lire l'introduction de l'ouvrage…, et l'Atelier de théorie littéraire en accueille un large extrait pour former une entrée "Vernaculaire (littérature et langue)".

Critique et création

Critique et création

La critique littéraire est-elle vouée par nature et fonction à rester un « discours second » entièrement subordonné à un texte premier qui peut seul prétendre à la dignité d'un discours créateur ? Peut-on imaginer une forme de critique authentiquement créatrice qui s'émancipe du respect attaché à la lettre du texte pour lui imaginer des variantes ? Sous le titre "Critique et création", Marc Escola propose dans l'Atelier de théorie littéraire un sommaire qui réunit une série de réflexions sur les rapports entre critique et création restées inédites depuis le début des années 2010 et des pages dispersées dans l'encyclopédie de Fabula remaniées pour l'occasion.

Matérialisme et réalismes

Matérialisme et réalismes

Comme on le verra bientôt

Comme on le verra bientôt

En dévoilant par avance un événement de l’histoire, la prolepse risque de ruiner le suspense ; en n’évoquant qu’allusivement ce qui va suivre, elle peut y contribuer. Dans Les Promesses du roman. Poétique de la prolepse sous l’Ancien Régime 1600-1750 (Classiques Garnier), Lise Charles étudie ce procédé paradoxal au travers d’un corpus qui va de la décennie de l’Astrée aux derniers romans de l’abbé Prévost. L’examen de poétiques et de rhétoriques antiques et classiques, leur confrontation avec les théories contemporaines permettent de retracer la longue histoire d’un procédé à travers les discours contradictoires qui l’ont défini.

À l'entrée Prolepse, l'Atelier de théorie littéraire accueille sous la signature de Lise Charles un essai de définition du procédé, adossé à un diagramme, une courbe et un glossaire de la nébuleuse théorique liée à la principale des figures d'anticipation. La proposition rejoint une brève réflexion de Marc Escola intitulé "La suite dans les idées. La prolepse et l'art du roman".

Rappelons, parmi les Colloques en ligne de Fabula, le sommaire réuni par Lise Charles et Coralie Bournonville sous le titre "Une espèce de prédiction. Dire et imaginer l’avenir dans la fiction d’Ancien Régime", qui offre un éventail de réflexions sur les prolepses narratives, oracles, prédictions et pressentiments, et, au-delà de ces procédés, sur la causalité et la prévisibilité des événements auxquelles ils engagent.

Le journal de lecture comme pratique de recherche     

Le journal de lecture comme pratique de recherche     

À la croisée de la lecture et de l'écriture, les journaux de lecture peuvent être aussi des outils de recherche et d'enseignement stimulants pour qui souhaite enquêter sur l'interprétation et la réception des œuvres littéraires et/ou proposer des exercices favorisant l'appropriation des œuvres par les étudiant·e·s. Dans un essai inédit qui forme une nouvelle entrée de l’Atelier de Théorie Littéraire, Anne-Claire Marpeau revient sur cette pratique qu’elle a mis plusieurs fois en place, comme en témoigne aussi sa contribution sur la réception d’Emma Bovary dans la récente livraison de Fabula-LhT. Comparativement à d’autres pratiques de constitution de sources, le journal permet de récolter les traces d’une lecture sur une temporalité longue, intégrant les variations émotionnelles et interprétatives de l’enquêté·e. S’il autorise un accès plus précis à l’intimité du sujet lisant, sa mise en place ne peut s’imaginer sans plusieurs précautions méthodologiques, qu’Anne-Claire Marpeau détaille, tout en exemplifiant à la fois ses usages, ses fondements théoriques et ses limites. Si les enquêtes de réception sont largement installées aujourd’hui dans les perspectives sociologiques et didactiques, l’article montre comment le journal de lecture permet d’inscrire une démarche de recherche dans le champ des études culturelles, et il ne fait aucun doute que les théories de la littérature et du récit pourraient aussi y trouver un laboratoire riche ou mettre en question leurs hypothèses sur les effets supposés des textes, les cadrages sociaux de la lecture comme pratique ou encore l’appartenance de chaque lecteur·trice à différentes communautés interprétatives.

Pour une histoire de l'idée de littérature

Pour une histoire de l'idée de littérature

"La littérature n’est au fond que le nom stable d’une fuite incessante de concepts, de formes, d’expériences" écrivait Roland Barthes qui comparait la littérature au vaisseau Argo : à l'heure de l'extension contemporaine du champ littéraire et des débats sur la mort de la littérature, Alexandre Gefen propose dans L'Idée de littérature. De l'art pour l'art aux littérature d'intervention (Corti) de faire l'histoire d'un concept en cours de rapide transformation pour mieux décrire la littérature d'aujourd'hui. Fabula vous invite à lire l'introduction de cet essai dans l'Atelier de théorie littéraire.

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