éditoriaux

Prendre le politique au mot

Prendre le politique au mot

Les 4 et 5 décembre se tiendra dans les locaux de Sciences Po (Paris) le colloque "Prendre le politique au mot. Appropriations, réécritures et détournements stratégiques de la littérature contemporaine", organisé par Justine Brisson, Ombline Damy, Gabrielle Jourde et Arnaud Miranda. Il sera l'occasion d'analyser la façon dont la littérature d’expression française s’empare du politique en rejouant ses lexiques, ses formes et ses modes de subjectivation. L'événement proposera plusieurs formats : panels de chercheuses et chercheurs ; table ronde consacrée aux renouvellements, ces vingt-cinq dernières années, du rapport entre littérature et politique (avec Justine Huppe, Judith Sarfati Lanter et Raphaëlle Guidée) ; dialogues avec des écrivaines et écrivains (Chloé Delaume, Phoebe Hadjimarkos-Clarke, Mathieu Larnaudie) ; et exposition de posters académiques réalisés par de jeunes chercheuses et chercheurs.

Édouard Bourdet, du Boulevard à la Comédie-Française

Édouard Bourdet, du Boulevard à la Comédie-Française

Les Colloques en ligne de Fabula accueillent un sommaire consacré à Édouard Bourdet (1887-1945), issu d’une journée d’étude tenue le 26 avril 2024 dans le salon Mounet-Sully de la Comédie-Française sous la direction de Marianne Bouchardon et Françoise Simonet-Tenant. Il s’agissait de redécouvrir cette figure un peu oubliée d’auteur dramatique de l’entre-deux-guerres et de rappeler également son rôle essentiel en tant qu’administrateur de la Comédie-Française (1936-1940) dans la modernisation du théâtre. Plusieurs perspectives ont été adoptées pour rendre compte de sa personnalité, riche et complexe, et de son œuvre à plusieurs facettes : approche biographique et historique, études théâtrales et transmédiatiques. La journée s’est terminée par un entretien avec Jean-Claude Berutti, metteur en scène des Temps difficiles au Vieux-Colombier en 2006, et Émeline Bayart, actrice dans la mise en scène de Fric Frac par Michel Fau au Théâtre de Paris en 2018. L'événement a été aussi l’occasion de faire se rencontrer Nicolas Bourdet, petit-fils du dramaturge, et Louis-Gilles Pairault, conservateur-archiviste de la bibliothèque-musée de la Comédie-Française. S’en est suivi un don à la bibliothèque-musée d’archives privées. Louis-Gilles Pairault rend compte dans la fin du dossier de cet enrichissement du fonds Édouard-Bourdet.

Le besoin des classiques

Le besoin des classiques

Fidélité à Jacques Rivière

Fidélité à Jacques Rivière

Ariane Charton et Jean-Marc Quaranta rééditent chez Gallimard Florence, le roman laissé inachevé par Jacques Rivière et édité à titre posthume par son épouse en 1935, accompagné des lettres inédites de l’écrivain à Antoinette Morin-Pons, l’une de ses inspiratrices, en plaçant ainsi côte à côte le romancier méconnu et l’épistolier intime. C’est rendre hommage, cent ans après sa disparition, à la complexité de sa personnalité et de son entreprise littéraire ; et, comme sous l’effet d’un révélateur, assister à la tentative de conversion d’un esprit hautement analytique — et perçu comme tel — à l’ardente pression du désir sensuel et de la pleine vie. Car s’il trace le portrait d’une épouse infidèle, Florenceest surtout le récit très réflexif, et pour partie autobiographique, d’un homme que sa timidité, sa foi et surtout sa cérébralité tiennent éloigné des femmes, qu’il convoite pourtant intensément ; une figure sans mensonge, soumise au vertige d’une inaltérable soif d’authenticité qui, faute de contentement et de réciprocité, ajourne l’épanouissement du sentiment amoureux. Une tension jamais résolue, laissée ouverte et vibrante par la mort soudaine de son auteur et l’inachèvement du roman, ici établi d’après son manuscrit.

Rappelons qu'à l'occasion de ce Centenaire, Jacques Rivière fait aussi son entrée, déjà saluée par Fabula, dans la collection "Bouquins" avec un volume qui met en lumière son œuvre d'écrivain, de critique et d'essayiste, dans des textes établis sous la direction de Robert Kopp et préfacés par Jean-Yves Tadié, réunis sous un titre qu'on croit reconnaître : Critique et créationPour ses aînés, comme pour ceux de sa génération, il a été "ce lecteur idéal auquel pense involontairement tout auteur quand il écrit", selon le mot de Claudel. 

On trouvera dans Acta fabula des comptes rendus de La Théodicée de Fénelon. Ses éléments quiétistes, suivi de François Trémolières, Fénelon 1908. Jacques Rivière philosophe par Patricia Touboul ("Rivière, Fénelon. Histoires croisées"), et de l'essai de Juliette Carré, Correspondances d’Alain-Fournier, Jacques Rivière et André Lhote. Une École des Lettres à la Belle Époque, par Philippe Richard ("Parce que c’était lui & parce que c’était en ce temps‑là").

(Photo : Jacques Rivière, Négatif gélatino-argentique sur support plaque de verre de Man Ray)

Les saisons du XIXe siècle

Les saisons du XIXe siècle

Le siècle de l’histoire qu’est le XIXe siècle a-t-il compté avec les saisons ? Comme la France reste alors plus qu’à demi paysanne et que, passée la césure révolutionnaire, le calendrier grégorien rythme de nouveau le temps, la ronde des saisons continue d’y tourner, branchée sur les rythmes astronomiques, météorologiques, agricoles et religieux. La quinzième livraison du Magasin du XIXe siècle (Champ Vallon) vient éclairer les divisions du temps dans un âge où celui-ci commence à se scinder, entre temps campagnard et temps provincial d’une part, temps urbain de l’autre. Aux uns, le rythme immémorial du labeur champêtre, serf de la météorologie, aux autres les saisons éphémères de la mode et le nomadisme d’été puis d’hiver qu’entraine "l’avènement des loisirs", tandis que calorifères et serres urbaines invitent déjà à conclure : "Il n’y a plus de saisons".

Un tombeau pour Dustan

Un tombeau pour Dustan

Christophe rencontre William dans ses jeunes années. Celui-ci n'est encore qu'un étudiant sage et ambitieux. Entre eux se noue une relation de dix-huit mois. Au fil des week-ends, du sexe et des lectures qu'ils partagent, les deux garçons développent des rapports de fascination, voire de domination et parfois de culpabilité. Christophe subit l'influence de son pygmalion, avant de s'en émanciper. Après leur séparation, il assiste de loin à la métamorphose radicale de William en Guillaume Dustan – le "poète maudit" aux romans crus et sulfureux. Christophe Beaux publie Un tombeau pour Dustan (R. Laffont), en confiant sa part de vérité sur un premier amour fondateur, en ranimant aussi avec intensité un Paris vibrant, où les homos étaient bercés par les nuits techno, et décimés par la maladie. Fabula vous invite à lire quelques pages de l'ouvrage…

Chemins de la ruralité

Chemins de la ruralité
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