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Else von Freytag-Loringhoven à la table des grands

Else von Freytag-Loringhoven à la table des grands

Publié le par Marc Escola

Longtemps oubliée, l’artiste et écrivaine Else von Freytag-Loringhoven (1874-1927) a été redécouverte à partir des années 1980. Celle que l’avant-garde new-yorkaise surnommait "la Baronne" s’est alors vu attribuer Fontaine, le célèbre urinoir de 1917 signé R. Mutt, même s’il est désormais établi qu’elle n’en est pas l’auteure. À New York dans les années 1910, on admire cette baronne allemande sans le sou pour sa manière d’incarner Dada, dans son travail de modèle comme dans les performances qu’elle improvise hors de l’atelier. Elle écrit aussi : des poèmes, publiés par la revue d’avant-garde The Little Review avant d’être censurés pour obscénité (à côté de l’Ulysse de Joyce dont elle prit la défense), ou un récit autobiographique, qu’elle centre sur sa quête de l’orgasme en réclamant ses sex rights… Ce qui caractérise EvFL (sa signature), c’est que L’art, c’est la vie. Tel est aussi le titre de l'essai qu'Éric Fassin et Joana Masó consacre à Else von Freytag-Loringhoven critique de Marcel Duchamp (Macula). Ils font la démonstration qu'il ne suffit pas d’ajouter des artistes femmes à un panthéon de grands hommes : "L’enjeu de cette première monographie française consacrée à Else von Freytag-Loringhoven n’est pas de faire admettre une artiste méconnue à la table des grands hommes, mais de redessiner cette table". Fabula vous invite à feuilleter le livre sur le site de l'éditeur…

(Illustr. : George Grantham Bain, Baroness von Freytag-Loringhoven, circa 1922)

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