En avril 1981, Philippe Forget organisait à l’Institut Goethe de Paris une rencontre qui donnait à Hans-Georg Gadamer et Jacques Derrida l’occasion de faire connaissance. Ce livre est d’abord le récit détaillé, fondé sur les archives entièrement inédites conservées par l’auteur, de la préparation, du déroulement et des suites de ces échanges. Il compare ensuite la manière dont Gadamer et Derrida lisent respectivement Mörike et Baudelaire, et tous deux Celan, pour montrer que leur rencontre fut bel et bien « historique », puisqu’elle n’engage pas moins que notre « tradition philosophique dans son ensemble ».
L’ouvrage constitue donc une intervention profondément originale dans le champ de la philosophie contemporaine puisqu’il rouvre sur de toutes nouvelles bases le problème des rapports entre herméneutique et déconstruction, et tout indique qu’il est appelé à faire référence sur cette question. Il ne manquera pas de s’imposer comme un texte de premier plan dans les débats portant sur les rapports entre littérature et philosophie, sans parler de la contribution qu’il apporte à tout un pan de la philosophie contemporaine du langage.
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Markus Winkler
Préface. Philippe Forget (11 mai 1953-22 octobre 2021), initiateur, chroniqueur et interprète d’un débat qui a fait époqueIntroduction
Chapitre II. Le colloque – Premier jour
Jeudi 23 avril, 20 h
Chapitre III. Le colloque – Second jour (I)
Vendredi 24 avril, 17 h. Table ronde I : exposés, échanges, interventions
- Présentation du débat (Manfred Frank)
- L’exposé de Hans-Robert Jauss
- Trois questions : le premier échange entre Derrida et Gadamer
- La communication de Derrida sur le Nietzsche de Heidegger (transcription)
- L’intervention de Jean Greisch
- L’intervention de François Laruelle
- L’intervention de Philippe Nemo
Chapitre IV. Le colloque – Second jour (II)
Table ronde II : discussion (transcription)
- En marge du colloque 1 : la soirée d’après-colloque
- En marge du colloque 2 : une « impression que rien ne s’est passé »
- « Un grand philosophe »
- Derrida crée l’événement
- L’occasion manquée
Chapitre V. Fictions et vérités
- Dates et organisation : confusions répétées
- Comment trouver un objet introuvable : plutôt deux fois qu’une
- Portrait de Derrida en Grondin
- Un étrange rapport aux « documents d’époque »
- Un arrière-plan de la communication de Derrida sur le Nietzsche de Heidegger
- Vingt ans après : coup de théâtre
Chapitre VI. Préparation et publication de l’ouvrage collectif (1982-1984)
- L’échec du projet de publication française
- Premiers contacts avec l’éditeur allemand
- Contributeurs : le problème Jauss
- Les textes de François Laruelle : une question de références
- Agencement général de l’ouvrage
- Derrida : remise de la transcription, prétexte à parler littérature
- Derrida : remise du texte et ultimes mises au point
- Derrida : les aléas de la traduction
- Les hésitations de Gadamer
- Répondre ou ne pas répondre, telle est la question
- Une « sortie » imprévue
- Note sur une note
- Tout est bien qui finit bien
- Où l’on reparle de traduction
Chapitre VII. Deux approches de la littérature
- Quand Derrida revient sur la « bonne volonté » : une métonymie inattendue
- Comment ne pas comprendre (de Grondin à Meschonnic)
- Polysémie versus dissémination
- Gadamer sur Mörike : l’autorité du dernier vers
- Gadamer-Celan-Celan-Derrida
- Histoire, conscience, liberté
- Retour sur le préjugé, retours de préjugé
- Position et oppositions de Jean Bollack
Chapitre VIII. « D-construction » et littérature
- L’histoire en question
- Le travail du jeu et l’amour de la langue
- Le jeu des concepts
- Expérience, responsabilité, décision
- Texte, contexte, hors texte
- De la détermination
- À nouveau Celan : une ignorance historique
- Une trouvaille
- L’ignorance reconnue
- Le tour du propriétaire
- Comptable de l’incalculable (Baudelaire, La fausse monnaie)