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Un théâtre où la vie est un jeu

Un théâtre où la vie est un jeu

La revue Corneille présent avait publié en 2021 le premier volet d’un triptyque consacré à "Corneille : un théâtre où la vie est un jeu", qui s'intéressait à la prégnance, dans l’œuvre dramatique cornélienne, de la  pensée des jeux réglés, recourant à des supports matériels divers, et reposant sur le hasard, la stratégie, ou l’habileté physique. Après avoir ainsi envisagé, sur la scène cornélienne, l’action indirecte de la pensée des jeux de cartes, de table, de plein air, une seconde livraison supervisée toujours par Liliane Picciola vient mesurer l’importance du jeu dans le théâtre de Corneille en envisageant celui-ci comme amusement fantaisiste, plaisanterie, bon tour. Ce jeu peut être verbal, mais il peut aussi concerner l’action elle-même ; parfois il se révèle pur, gratuit, mais il lui arrive aussi de correspondre au désir de s’assurer un certain ascendant, fût-ce pour un court instant. Les comédies semblent devoir être concernées au premier chef par ces jeux de l’esprit et ces tours, qui les égaient ; en réalité, les tragédies se trouvent bien loin d’en être exemptes car les héros créés par Corneille pratiquent volontiers les pointes de malice, l’ironie, la double entente, déchiffrable immédiatement ou ultérieurement par le spectateur mais que l'interlocuteur saisit ou ne saisit pas.

Rappelons la précente livraison de la revue consacrée à La Place Royale, Le MenteurLa Suite du Menteur, à l'initiative de Yohann Deguin & Bénédicte Louvat.

Montage littéraire

Montage littéraire

L'année Critique

L'année Critique

L'intimité des publics

L'intimité des publics

Toujours Médée

Toujours Médée

Le mythe de Médée est de tous les usages. Il a pu servir de caution à des discours essentialistes sur les ruses d’une figure de magicienne maléfique définie comme l’étrangère venue d’Orient. Dans le volume supervisé par Maxime Pierre et Marie Saint Martin sous le titre Corinthe et ses ailleurs. Voyages de Médée au théâtre, d'Euripide au contemporain (P.U. de Franche-Comté) directement accessible en ligne via OpenEdition, le mythe  fait l’objet de relectures multiples où l’imaginaire de l’altérité se trouve déployé sous de nouvelles catégories : c’est la permanence politique de cette figure, perméable aux reconfigurations successives, qui se trouve mise en question depuis l’âge classique jusqu’à nos jours où elle est interrogée à nouveau à la lumière du féminisme et des approches postcoloniales (Dea Loher, Christa Wolf, Werewere-Linking, Miyagi Satoshi, Ninagawa Yukio, etc.).

Signalons la parution aux Belles Lettres d'une nouvelle traduction de la Médée d'Euripide par Christine Mauduit, puissamment illustrée par Scott Pennor’s. Fabula vous invite à feuilleter cet album… Mais aussi, plus inattendue : l'édition par Tristan Alonge de la Médée d'Etienne Azéma (1849)La première tragédie réunionnaise (P.U. Indianocéaniques), longtemps restée dans les tiroirs d’un petit-fils de gouverneur passionné d’Antiquité. Loin de constituer une simple synthèse des sources d’Euripide à Corneille, la pièce renouvelle de fond en comble les éléments traditionnels de la légende en accordant une place prépondérante à la figure de Créuse, et en révélant un étonnant jeu intertextuel avec l’œuvre racinienne.

Et rappelons, parmi les Colloques en ligne de Fabula, le sommaire "Droit et littérature : la fiction en pouvoir ?", supervisé par Charlotte Dufour au sein du Laboratoire Droit et Littérature (Université de Lausanne), de l'essai signé par Peggy Larrieu : "Le mythe de Médée et la criminalité des femmes".

(Illustr. : Médée par Gustav Klimt, Leopold Museum, Vienne.)

Usages contemporains de Roland Barthes

Usages contemporains de Roland Barthes

Après un sommaire consacré à "Barthes et la question homosexuelle", la huitième livraison de la revue Roland Barthes s'intéresse aux "Usages contemporains de Roland Barthes", à l'initiative d'Alexandru Matei qui a réuni les interventions prononcées au colloque de Tours en 2021. Les deux numéros sont au menu de la séance de l’équipe Barthes qui se tient à l’École normale supérieure (45 rue d’Ulm) ce samedi 17 janvier.

Rappelons au sein des Colloques en ligne de Fabula le volume "Roland Barthes, contemporanéités intempestives", qui donne à lire les actes de la journée d'étude tenu en novembre 2016 à l'Université de Lausanne, réunis par Antonin Wiser. Mais aussi, au sommaire de la quinzième livraison de Fabula-LhT consacré aux "Vertus passives. Une anthropologie à contretemps", l'essai d'Adrien Chassain : "Roland Barthes, les pratiques et les valeurs de l’amateur".

(Photo : Roland Barthes en 1943, au sanatorium de Leysin en Suisse, ©Bnf)