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Voyages incertains

Voyages incertains

Publié le par Marc Escola

A beau mentir qui vient de loin. Si le proverbe n’est attesté pour la première fois qu’à la fin du xviie siècle – on le trouve dans les dictionnaires de Furetière (1690) et de l’Académie (1694) –, il a toutes les chances de remonter au moins à l’époque des premières explorations océaniques, des récits merveilleux qu’en rapportaient, entre autres singularités, les marins au long cours. Sans doute a-t-il perdu aujourd’hui une grande partie de sa pertinence : la circulation instantanée de l’information à l’échelle du globe a considérablement réduit l’avantage du menteur nomade sur le menteur sédentaire, et le paramètre géographique paraît bien secondaire dans la dynamique sans fin des fake news et du fact checking. En conséquence, ce sont surtout les spécialistes de la littérature viatique qui perpétuent l’existence de l’adage, le convoquant volontiers dès lors que se pose la traditionnelle question du déficit de crédibilité dont souffre le voyageur. À l'initiative de Frédéric Tinguly, la revue Viatica consacre un sommaire aux  "Voyages incertains. La littérature viatique à la croisée du fictionnel et du référentiel".

(Illustr. : Ivan Konstantinovich Aivazovsky (1817-1900, Corvette in the Mist, 1886).