Questions de société

éditos

T'es sérieuse ? (vraiment ?)

T'es sérieuse ? (vraiment ?)

On doit à Laélia Véron une thèse sur le trait d'esprit chez Balzac, récemment publiée sous le titre Le Mot fatal (Classiques Garnier), mais aussi des essais incisifs sur les liens entre langage et pouvoir :  Le français est à nous ! co-signé avec Maria Candea (La Découverte) et, avec Karine Abiven, Trahir et venger (La Découverte encore), dont Jérôme Meizoz avait rendu compte pour Acta fabula. Elle publie aujourd'hui avec Guillaume Fondu (à La Découverte toujours) sous le titre assez parlant de "T'es sérieuse ?"  un nouvel essai sur les Problèmes politiques de l'ironie. Réputée critique par essence, en ce qu'elle permet par exemple de reconsidérer de manière critique les discours dominants en jouant des effets de mention et d'écho, l'ironie est-elle bien le ressort d'une parole politique ? Permet-elle vraiment de souder une communauté politique ou plutôt d'entretenir certains préjugés dans le confort de l'entresoi ? Est-elle un instrument d'émancipation susceptible de renverser les hiérarchies ou bien l'expression d'un privilège (genré, lettré, etc.) ? Loin des distinctions faciles entre la "bonne" et la "mauvaise" ironie (ce qui revient, en réalité, à distinguer l'ironie qui nous plait et celle qui ne nous plait pas), le livre mène l'enquête sur les ambigüités politiques de l'ironie dans le monde contemporain. Fabula vous invite à découvrir un extrait de l'ouvrage…

Sur les traces du temps

Sur les traces du temps

Norbert Elias dans la solitude des mourants

Norbert Elias dans la solitude des mourants

Alors que les tabous liés à la sexualité s’effacent peu à peu, la mort, elle, tend à disparaître de l’imaginaire collectif. Autrefois vécue comme un événement social, l’agonie apparaît aujourd’hui comme une expérience solitaire. Entre progrès de médecine et recul du sentiment religieux, c’est cette contradiction entre une existence à la fois mieux maîtrisée dans son déroulement et de plus en plus insaisissable dans son issue que Norbert Elias explore ici. En croisant approches historiques, psychologiques et philosophiques, il nous confronte à ces angoisses fondamentales. Flammarion réédite dans la collection "Champs" et avec une postface signée par Didier Éribon ce titre Indisponible en français depuis 10 ans.

Vénus tout entière

Vénus tout entière

Passions publiques

Passions publiques

L’emprise des émotions, dit-on souvent aujourd’hui, emporte tout sur son passage, à commencer par les conditions même du débat public. Mais l’absence d’émotion est-elle la condition d’une raison publique qui ne saurait s’exercer que dans le silence des passions ? Dans un essai intitulé Passions publiques (Seuil), Myriam Revault d’Allonnes s’attache à défaire le grand partage du sensible et de l’intelligible, de la raison et des passions. En montrant comment s’entrelacent la rationalité politique, la sensibilité collective et les conditions de l’agir humain, elle revisite des traditions de pensée qui, non seulement ont prêté attention au caractère irréductible des passions, mais ont interrogé les conditions auxquelles elles pouvaient se situer au principe même de la production du lien social. Un chemin de pensée pour nous aider à mieux comprendre les nouvelles mobilisations où le vécu, le sentiment d’injustice, le souci de l’égale dignité jouent un rôle majeur. 

(Illustr. : Portement de Croix, ca. 1510, attrib. à Jérôme Bosch, Musée des beaux-arts de Gand)

La philosophie selon Jean-Baptiste Brenet

La philosophie selon Jean-Baptiste Brenet

Ne négligeons rien

Ne négligeons rien

On a tort de négliger la négligence, car elle est partout. Elle est devenue un phénomène économique majeur avec le développement des plateformes numériques par lesquelles nous accédons à toutes sortes de biens et de services. Ainsi laissons-nous courir notre abonnement à tel service de diffusion de séries que nous ne regardons plus  ; nous oublions de résilier l’assurance de cet appareil ménager qui a cessé de fonctionner  ; nous délaissons, après quelques semaines, la salle de sport à laquelle nous nous sommes abonnés pour l’année. Avec Négligences (Calmann-Lévy), Maya Bacache-Beauvallet et Françoise Benhamou décryptent le fonctionnement de cette économie de l’inattention. Elles montrent comment chaque individu, au lieu d’évaluer rationnellement les coûts et les avantages de ses décisions, privilégie ses intérêts à court terme au détriment de son bien-être futur. Les auteures pointent les menaces que fait peser la négligence sur notre environnement, voire sur notre vie démocratique. Mais la négligence n’est pas toujours un poison lent. Elle peut être aussi ce degré de liberté, de folie parfois, qui  permet, par un pas de côté, de découvrir des voies nouvelles, des  chemins de traverse. Fabula vous invite à feuilleter l'ouvrage…