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La mémoire matérielle de la littérature

La mémoire matérielle de la littérature

Publié le par Marc Escola

Que reste-t-il des années 60-70 dans la littérature d'aujourd'hui ? se demandait Dominique Viart dans le texte conclusif du volume Amnésies françaises à l'époque gaullienne (1958-1981) publié en 2021 sous la direction de Nelly Wolf (Classiques Garnier). Il donne aujourd'hui à l'Atelier de théorie littéraire une nouvelle version de cet essai sous le titre "Les objets et la mémoire matérielle : regards contemporains sur les années Soixante". Il y fait la démonstration que, pour les textes littéraires comme pour les œuvres cinématographiques, ce sont les objets qui permettent d'identifier une période : les voitures, la signalisation, les objets quotidiens, les publicités (que l'on appelait alors les "réclames")… Nombre de textes contemporaons s'attachent ainsi à la présence et à la qualité des objets, en leur conférant un statut nouveau dans l'espace romanesque : Annie Ernaux dans Les Années, Jean Rouaud dans les premiers volumes de sa fresque familiale, François Bon dans Mécanique et Temps machine, Pierre Bergounioux, Jean Echenoz ou encore Pascal Quignard.

L'essai de Dominique Viart trouve logiquement sa place à l'entrée Chose de l'Atelier de théorie littéraire. Rappelons le récent dossier critique sur la culture matérielle, au sommaire de mars d'Acta fabula sous le titre : "Les objets mode d'emploi", à l'initiative de Joséphine Vodoz.

Photo.: La 2 CV sous la pluie, Paris, 1957 ©Sabine Weiss, coll. Photo Élysée, Lausanne.