

Atelier de théorie littéraire : Histoire
Dans les années 80, après une domination de la théorie, les études littéraires ont renoué avec l'histoire. Nouveau mouvement d'un balancier qu'avait déja actionné Lanson, et occasion de s'interroger sur les rapports que peuvent entretenir histoire et théorie: ce retour à l'histoire est aussi un "retour sur l'histoire" (H. Béhar).Comment passe le temps des lettres? Eres, siècles, paliers, ruptures, tuilage de temporalités chevauchées - celles des genres, des individus, des déplacements de frontières externes ou internes de l'espace littéraire - permanences, enlisements, cycles, révolutions, progrès, déclin, réversions, anticipations... Quel rapport ce temps des lettres entretient-il avec les autres plans d'une histoire - c'est l'idée de contexte, ou c'est le risque d'une dissolution? Quelles causalités les récits d'histoire littéraire mettent-ils en place (évolution, imitation, influence...)?
Autant que de savoir ce dont on fait l'histoire, de quels objets divers on fait la chronologie, on peut s'interroger sur ce que cette histoire doit avoir de temporel. Les travaux d'histoire littéraire sont en effet volontiers des géographies, décrivant un partage des eaux (système synchronique de genres ou de valeurs, état d'un champ), distribuant des catégories opératoires (l'apparition de certains lieux communs) autant que des récits engageant en soi un rapport au temps.
L'histoire littéraire devient alors un méta-récit des enjeux du littéraire, et, en dernière instance, une histoire de la littérature, c'est-à-dire celle des institutions. C'est en effet la sociologie du champ qui a récemment permis un renouveau des études d'histoire littéraire.