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Anachronies: textes anciens et théories modernes (séminaire 2012-2013)

Anachronies: textes anciens et théories modernes (séminaire 2012-2013)

Publié le par Frédérique Fleck

« Anachronies : textes anciens et théories modernes »

2012-2013

Séminaire mensuel, le vendredi, de 14h à 16h.

 

Séminaire transversal DSA - LILA (ENS), en partenariat avec l’Atelier de théorie littéraire de Fabula et avec le séminaire Théorie littéraire et littérature antique

 

 

Responsables : B. Boulay, F. Fleck, N. Koble.

Organisation des séances : N. Bertrand, B. Boulay, L. Charles, M. Diarra, M. Douguet, F. Fleck, N. Koble, M. de Marcillac, G. Mérot, A. Mussou, C. Paulian, S. Rabau, L. Zimmermann.

 

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Les actes du séminaire sont progressivement mis en ligne dans l’Atelier de théorie littéraire de Fabula : Anachronies.

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Anachronie n.f. 1. État de discordance temporelle entre le lecteur moderne et les textes anciens. 2. Œuvre participant de pratiques culturelles d'autres époques, révolues ou à venir. 3. Action de déplacer des notions, des catégories, des théories dans une époque différente de celle qui les a produites.

 

Lorsque nous lisons les textes anciens à la lumière de théories modernes (théories littéraires, linguistiques, philosophiques, psychanalytiques…) et des concepts qui en sont tirés, nous pouvons légitimement éprouver une sensation d’anachronisme. Pourtant, l’ambition historienne de retrouver la réception contemporaine de la production de l’œuvre découle elle-même d’habitudes de lecture héritées de la philologie du XIXe siècle. De fait, la condamnation sans appel de l'anachronisme constitue aussi un mode de lecture anachronique et elle ne permet pas de rendre compte de cette spécificité de la lecture littéraire qui est de laisser jouer le fonctionnement intempestif de la mémoire.

De leur côté, les théories se présentent souvent comme anhistoriques et comme autonomes par rapport aux textes qu’elles décrivent : ceux-ci n’auraient d’autre statut que celui d’exemples à visée illustrative dont, en droit, elles pourraient se passer. Toutefois, ce caractère achronique et purement déductif de la théorie est loin d’être évident, ne serait-ce que parce qu’une théorie en réactualise souvent une autre plus ancienne ou trouve son ancrage dans un certain climat intellectuel ou un certain type de textes historiquement datés. De ce point de vue, lire des textes anciens avec des théories modernes ne cesse de faire signe vers l'histoire ou vers un entremêlement d'histoires : histoire des textes et de leur transmission, histoire des lectures, histoire des théories.

L’objet du séminaire n’est pas, cependant, de s’en tenir à une historicisation généralisée des interprétations, des théories et des textes. Il est plutôt, à la faveur de cet inconfort que constitue l'anachronisme, d’interroger quelques grandes notions souvent considérées comme allant de soi : la catégorisation par périodes de l’histoire littéraire ou de l’histoire de l’art, la notion de texte, l’étiquette de « texte ancien », le poids de l’autorité créative de l’auteur par rapport à celle du lecteur. L’anachronisme, rebaptisé « anachronie », devient ainsi une notion positive et féconde. Plutôt qu’un geste d’ignorance, l’anachronie sera l’occasion de s’intéresser à la relation entre le théoricien et le texte, d'installer la réflexion dans la distance temporelle et d'en faire le paradigme en quelque sorte grossissant des questions qui se posent à tout théoricien dès lors qu'il rencontre un corpus spécifique, à tout spécialiste d'une ère ou d'un moment littéraire dès lors qu'il rencontre la théorie : autorité du texte, transformation ou conservation du corpus, exemplarité, partage entre le donné et le construit dans l'élaboration des théories et l'appréhension des textes.

 

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Programme 2012-2013:

Séance introductive, 12 octobre 2012: Le donné et le construit (1), avec Carlo Ginzburg (14h30, salle Dussane)

Séance 2, 16 novembre 2012: Identifier l'ironie (14h, salle Cavaillès)

Séance 3, 30 novembre 2012: Portrait du critique en bricoleur : outils anciens, outils modernes (14h, salle Cavaillès)

Séance 4, 11 janvier 2013: Comptes à rebours: la fin du monde e(s)t la fin du film (14h, amphithéâtre Rataud)

Séance 5, 22 février 2013: Les traductions et l’original (14h, salle Cavaillès)

Séance 6, 22 mars 2013:  Les âges du suspense (14h, salle Cavaillès)

Séance 7, 12 avril 2013: Du sujet lyrique: (de) qui parle(-t-on) en poésie? (14h, salle Cavaillès)

Séance 8, 24 mai 2013: Lectures anachroniques des textes de l’Antiquité : théorie littéraire et sciences humaines (14h, salle Cavaillès) [SÉANCE ANNULÉE, REPORTÉE À L'AUTOMNE 2013]

Séance 9, 07 juin 2013: Le donné et le construit (2), Journée d'études: Existence/résistance des textes? (10h-18h, salle 235 C, 29 rue d'Ulm).

 

 Programme du séminaire Théorie littéraire et littérature antique organisé parallèlement au séminaire Anachronies:

23 Octobre 2012: Lecture des Considérations intempestives

4 et 18 Décembre 2012: Lecture des Considérations intempestives (2)

15 janvier 2013: Lecture des Considérations intempestives (3)

26 février 2013: Lecture des Considérations intempestives (4)

16 mai 2013, table ronde: La théorie littéraire est-elle contemporaine?

 

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Bibliographie générale :

  • Charles, Michel, Introduction à l’étude des textes. Paris : Seuil, 1995 ; voir en particulier « Préambule » et « Principes : De la théorie à la méthode » p. 7-29 et p. 33-113.
  • Didi-Huberman, Georges, Devant le temps. Histoire de l’art et anachronisme des images. Paris : Minuit, 2000 ; voir en particulier « Ouverture : L’histoire de l’art comme discipline anachronique » p. 9-55.
  • Loraux, Nicole, « Éloge de l’anachronisme en histoire », Le Genre humain n°27, Éditions du Seuil, 1993, p. 23-39 ; repris dans Les Voies traversières de Nicole Loraux. Une helléniste à la croisée des sciences sociales, numéro commun EspacesTemps Les Cahiers n°87-88 et CLIO, Histoire Femmes et Sociétés, 2005, p. 127-139 ; repris aussi dans La Tragédie d’Athènes. Paris: Seuil, « La Librairie du XXIe siècle », 2005, p. 173-190.
  • Rabau, Sophie (dir.), Dossier « Théorie littéraire et littérature ancienne : interpolation et lacune », Lalies 17, Actes des sessions de linguistique et de littérature, 1997, p. 101-213 ; voir en particulier l’« Introduction » de Sophie Rabau, p. 101-112.
  • Schlanger, Judith, La Mémoire des œuvres. Lagrasse : Verdier, 2008 ; voir en particulier le chapitre 5 : « Le passé pertinent », p. 120-142.

 

Ressources en ligne (Atelier de théorie littéraire de Fabula) :

 

NB: La bibliographie est restreinte à dessein pour que les participants puissent prendre connaissance de l'ensemble de ces textes, qui serviront de base commune à la discussion.

 

illustration : Cy Twombly, Achilles Mourning the Death of Patroclus (1962)

  • Adresse :
    Paris, ENS