Fabula, la recherche en littérature (agenda)

La théorie littéraire est-elle contemporaine ?

Evénement

Information publiée le mercredi 17 avril 2013 par Sophie Rabau (source : Sophie Rabau)

Jeudi 16 mai 2013, Université de Paris 3-Sorbonne Nouvelle

 

La théorie littéraire est-elle contemporaine ?

Table ronde organisée dans le cadre du séminaire « Théorie littéraire et littérature antique »

en partenariat avec

 

Jeudi 16 mai 2013 18h-20h

Centre Censier

Salle 414

13 rue Santeuil

75005 Paris

 

Avec la participation de Charles Delattre, Philippe Daros, Nathalie Koble, Christine Noille, Tiphaine Samoyault, Laurent Zimmermann.

Débat modéré par Sophie Rabau.

 

L'affaire semble entendue : la théorie littéraire est contemporaine ou moderne, non-antique en tout cas, du moins pour les spécialistes de corpus définis par leur appartenance à un temps révolu. Dès 1968, Charles Segal oppose les textes anciens et la critique littéraire moderne ("Ancient texts and Modern Literary Criticism", Arethusa I(1968), p. 1-25), tandis qu'en 1977 La revue Arethusa met en perspective la littérature classique et la théorie littéraire contemporaine (Arethusa, 10, 1977, Classical Literature and Contemporary Literary Theory. ). Trente ans plus tard, la chose semble toujours aller de soi : en 2004, paraît sous la direction de Françoise Lavocat un volume intitulé La théorie contemporaine à l’épreuve des textes anciens (P.U.R, 2004), tandis qu'en 2007 Thomas Schmitz oppose à nouveau la théorie littéraire moderne et les textes anciens (Schmitz Thomas, Modern literary theory and ancient texts : an introduction, Malden (Mass.),Blackwell, 2007). Le sous-titre du séminaire « Anachronie » dit encore l'écart entre « des textes anciens et les théories modernes ».

Dans ces titres et ces propos, l'ancienneté de l'objet fait surgir comme par contraste une contemporanéité de la théorie littéraire. Sans qu'une distinction nette soit établie entre « moderne » et « contemporain », la théorie se trouve soudainement datée, limitée à un présent dont les limites sont vagues mais qui désigne un temps aussi proche de nous que les textes en sont éloignés. Cette appartenance de la théorie à « notre temps » n'est généralement pas signalée ou mise en avant par des études portant sur des corpus plus récents. La théorie littéraire est-elle donc contemporaine uniquement par contraste avec des textes surgis du passé ou l'est-elle toujours mais de manière voilée, implicite, voire dissimulée ? Est-elle au contraire une réflexion qui vise à une généralité universelle et anhistorique et sa caractérisation comme contemporaine est-elle un accident, voire un effet de style propre à frapper les esprits ? A moins bien sûr que ce soit cette prétention à l'anhistoricité que ne remettent en cause les spécialistes de corpus anciens : se prétendant transtemporelle la théorie littéraire ne parlerait que de son temps et des textes écrits en son temps. La confrontation au corpus « passé » révèle-t-elle alors le caractère doublement historique de la théorie littéraire, fille de son temps – le nôtre- d'une part, réflexion centrée et fondée sur un corpus lui-même récent, d'autre part ? La littérature ancienne, en d'autres termes, montrerait-elle que la théorie littéraire a une histoire et surtout qu'elle fait fonction d'histoire, décrivant des objets de son temps sous couvert de généralité ou d'universalité ? Dans ce cas, une théorie littéraire ne peut-elle être que contemporaine au sens où elle ne porte en fait que sur des objet qui vont avec son temps et ne peut se vérifier que sur des objets allant avec son temps ? La prétention à la généralité de bien des poétiques ou approches générales des textes est-elle un trompe-l'oeil ?

A cette première série d'interrogations se superpose un deuxième ensemble de questions, qui portent sur la double définition et de ce que nous appelons un corpus ancien (qu'il soit antique, médiéval ou classique) et de ce que nous pouvons nommer le contemporain. Dire que la théorie littéraire est contemporaine, c'est aussi dire que le corpus ancien ne l'est pas, échappe forcément au temps où il est lu et où la théorie le rencontre. Inversement c'est donner du contemporain, une définition purement chronique, sans vouloir penser que le présent se définit peut-être aussi selon un paradigme mémoriel qui recompose synchroniquement les temps passés, ou encore selon une intempestivité qui le fait échapper à l'ici et maintenant de la circonstance. L'affirmation que la théorie littéraire est contemporaine est-elle une manière et de nier la contemporanéité de tout texte, fut-il dit ancien, et l'intempestivité de toute lecture, fut-elle faite en mon temps ? Ce que dévoilerait alors le contraste entre le texte ancien et la théorie contemporaine ne serait pas un éloignement du corpus et une « actualité » de la théorie, mais bien plutôt que n'importe quel texte échappe à son temps – voire au temps ?  – dès lors qu'il entre en théorie, tandis qu'une théorie n'est jamais seulement de mon temps, fut-elle née voici quelques heures, n'est jamais totalement avec son temps, ni même avec l'objet écrit en son temps.

Ces questions et ces hypothèses seront soumises à des théoriciens spécialistes de corpus définis par leur distance temporelle ou reconnus comme étant temporellement distants (Antiquité, Moyen Age, siècles classiques), mais aussi à des théoriciens par ailleurs spécialistes de littérature contemporaine : considèrent-ils, et pourquoi, pratiquer, inventer, utiliser etc. une théorie littéraire contemporaine ?

 


Responsable : Sophie Rabau



Dernières annonces d'événements :

Vivre par(mi) les écrans aujourdhui. Evolutions e proliférations d'un système complexe

Conférence de Lucie BOURASSA 

Mobilité et traces dans l'espace public

Destins croisés : la muse de Méréville et la châtelaine du Marais (conférence Chateaubriand)

Être avec l'animal

Les spectacles populaires (1870-1945) [colloque de Cerisy]

W.G. Sebald: littérature et éthique documentaire (colloque de Cerisy)

L’écrit aux mains du pouvoir. Fabrication, diffusion et conservation de l’écrit politique, XVe-XXIe siècles

L'imaginaire du sacré

Fabrique européenne des traducteurs : lecture publique française // italienne le 2 juin à la Maison de la Poésie (Paris)

Littérature et totalitarisme. Vers une conceptualisation du phénomène

Entre liberté et contrainte: la traduction et la question du choix

Traduire, transposer, transmettre 2. Les études classiques à l’ère numérique

Lire & publier en temps de guerre

Séminaire "Science et littérature", séance 22 avril 2014, Biosémiotique : vivre, signifier, lire

"Chercheurs en chantier" : Doctoral Day on Vladimir Nabokov

Jean de Meun et la culture médiévale : littérature, art, science & société aux derniers siècles du Moyen Âge

Le latin chez les philosophes du XVIIème siècle (Conférence de J.-R. Armogathe)

Séminaire Philoséries “Lost in Philosophy” (printemps 2014)

« La fabrique du grand homme ». La carrière posthume d'Agrippa d'Aubigné

Space, Time and Language in Plutarch's Visions of Greek Culture

Les processus de création au théâtre

Le style de la science

La Première Guerre mondiale et la langue. Approches croisées  

"Vita nova - la vie comme texte"

Fil d'informations RSS Fil d'information RSS   Fabula sur Facebook Fabula sur Facebook   Fabula sur Twitter Fabula sur Twitter