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Récits et Pratiques infongibles - Minorit’Art n°7

Récits et Pratiques infongibles - Minorit’Art n°7

Publié le par Alexandre Gefen (Source : Minoritart)

Toujours en libre accès et en marronnage, à l’automne 2026, Minorit’Art revient pour son numéro 7. En partenariat avec l’Université NSCAD et l’Université Mount Allison, ce numéro de la revue sera dédié aux Pratiques et Récits infongibles articulant une possible part de l’expérience noire liée au commerce transatlantique.

Récits et Pratiques infongibles

« Le concept de Récit infongible désigne un indissoluble que les différentes colonisations échouent invariablement à détruire, absorber, désagréger, annihiler. Il qualifie un récit, c’est-à-dire une manière de se dire et de faire qui résiste tant à l’effacement qu’à l’appropriation culturelle programmés par l’ordre colonial. »

Le récent symposium Rise de 2025 suggère que les récits infongibles participent d’une utopie de la résistance des diasporasNoires. Paradoxalement, la porté trans-ethnique et trans-nationale (panafricaine) de cette utopie ne saurait exister sans les radicalités situées ces résistances, c’est-à-dire leurs manières de s’enraciner, se réenraciner voir de polliniser la géographie, la mémoire et l’identité.

Si la question des récits infongibles pour les communautés Noires des Amériques est centrale, c’est parce que leurs enracinements dans le territoire participent d’une expérience constamment abimée par la colonisation. En effet, lacolonisation opère par la dépossession ainsi que par des processus d’appropriation et de « re-cosmogonisation». Ainsi, enrenommant, resacralisant et réhistorisant la géographie avec ses religions, ses lois et ses récits d’origine, la colonisation a simultanément empêché puis perturbé la cosmogonisation nécessaire du territoire pour les populations noires. Pour citer Frantz Fanon (1952) « la société blanche a brisé son ancien monde sans lui en donner un nouveau. Elle a détruit les bases tribales traditionnelles de son existence et barré la route de l’avenir après avoir fermé la route du passé ».

Dans ce contexte, des récits infongibles émergent comme des contre-cosmogonies : des formes de résistance intangibles mais durables qui soutiennent des modes d’épanouissement personnel et communautaire, au-delà des valeurs matérialistes, capitalistes et productives imposées par la société coloniale (valeurs déjà déformées par quatre siècles d’esclavage racial dans les Amériques). Comme Paul Gilroy (2017) le rappelle, historiquement les communautés Noires ont trouvé dans les pratiques artistiques des moyens d’accomplissement collectif et individuel. Longtemps appréhendés comme des habiletés ou des compétences utiles au bien-être commun et individuel et non comme « arts », ces pratiques englobent l’expression cultuelle (comme les pratiques gospel), la socialisation et la transmission (par exemple la pratique du Bélè ou de Bomba), les soins (notamment les pratiques de courte pointe ou de tressage des cheveux) et d’autres formes de connaissances incarnées.

Ces pratiques constituent ce que nous pourrions appeler des « pratiques infongibles » : des modes d’agir et d’être qui correspondent à des récits infongibles et que la colonisation n’a pas non plus réussi à éradiquer.

Le symposium Rise 2026 invite les participants à se pencher sur les questions suivantes :

Qu’est-ce qu’est un récit ou une pratique non fongible ? Comment ces récits et pratiques résistent-ils à l’effacement, à l’appropriation culturelle ou à la marchandisation ?

Comment « pollinisent-ils » l’identité, la géographie et la mémoire à travers les espaces diasporiques ?

À-propos du Symposium Rise 202

Ce deuxième volet de la recherche sur les récits non fongibles est coorganisé par la Chaire de recherche du Canada dirigée par Claudine Bonner sur la justice raciale et la migration de la diaspora africaine dans le Canada atlantique (Université Mount Allison) et la Chaire de recherche du Canada en art et engagement communautaire de la diaspora noire transatlantique dirigée par Eddy Firmin (Université NSCAD).

Avec cet appel à communications, l’Université NSCAD et l’Université Mount Allison cherchent à collaborer, sur un pied d’égalité, avec des artistes, des historiens, des sociologues, des écrivains, des critiques et des acteurs culturels à la co-création du concept de récit infongible et de pratique infongible.

Enfin, si l’objectif immédiat est de préparer le second symposium Rise qui se tiendra du 9 au 13 Novembre à Halifax, l’objectif à moyen terme est de de constituer la communauté d’artistes et chercheurs qui prépareront le terrain conceptuel pour lesrésidences de recherche-création (Curation et Création) à venir a NSCAD dès 2027.

Vos textes, vidéos ou audios

Vos textes comportant entre 3 000 et 5 000 mots au format docx, vos vidéo ou audio de vos propositions entre 10 et 25 minutes au format mp3et mp4 ou mov, devront nous parvenir au plus tard le 12 juillet 2026 minuit. Il vous est fortement conseillé d’accom-pagner les textes, vidéos et audios d’images et/ou d’hyperliens libre de droit.

Publiés dans la revue en format PDF, cette dernière sera dispo-nible au téléchargement à l’adresse : https://www.minoritart.on-line/acces-aux-revues ainsi que sur le portail des partenaires tel que NSCAD University

Merci d’adresser avec vos textes, vidéos ou audios, d’une brève note biographique (150 mots) à : minoritart.info@gmail.com et à efirmin@nscad.ca