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Regards sur la question du féminin dans le Monde arabe (en ligne)

Regards sur la question du féminin dans le Monde arabe (en ligne)

Publié le par Université de Lausanne (Source : Nessrine Naccach)

Séminaire annuel des Jaseuses 2019-2020 : « Représentations des féminités par les femmes* »

Regards historiques, littéraires et cinématographiques sur la question du féminin dans le Monde arabe

Organisatrices : Sandra Kirollos, Pamela Krause, Nessrine Naccach

 

Le collectif de recherche Les Jaseuses organise tout au long de l’année une série de séminaires sur les représentations des féminités par les femmes*. Du fait de la crise sanitaire actuelle, et en l’absence d’une visibilité sur les mois à venir, certaines de nos séances ont été reportées à l’année prochaine ou ont fait l’objet d’une section spéciale (ouverte au public) sur le carnet. D’autres ont pris la forme d’un « webinaire », c'est le cas de cette rencontre consacrée à la question du féminin dans le Monde arabe. Nos intervenantes (que nous remercions chaleureusement !) ont souhaité, malgré les défis de cette période, participer à cette version numérique.

 Au programme, il y aura des conférences (accessibles et consultables sur le carnet Hypothèses comme sur la chaîne YouTube du collectif), des présentations Powerpoint, des enregistrements-témoignages en lien avec leurs propres expériences, et des échanges virtuels dans l’espace consacré aux commentaires.

 

  • Lynda-Nawel TEBBANI : professeure certifiée à l’École du Breuil (Paris), docteure et chercheure en Lettres et Musique. Ses travaux se consacrent à l'algérianité littéraire. À son actif de nombreux articles scientifiques et des dizaines de conférences et de communications animées en France, en Algérie en Autriche, au Portugal et en Italie, autour de la littérature francophone, sur le nouveau roman algérien, l’hermétisme littéraire, les théories sémiotiques ; et, la musique andalouse et la mystique. Son premier roman, L’Éloge de la perte a été publié aux éditions Média Plus, à Constantine, en Algérie.

Représentation du féminin dans la littérature algérienne contemporaine : écriture de ou sur?

Cette intervention proposera une réflexion sur la représentation du féminin dans la littérature algérienne contemporaine en cherchant à interroger les formations discursives et autres énoncés sur les / des femmes. Tout en se voulant absolument présentation d’histoire littéraire, tout à la fois thématique et poétique, notre séminaire ne manquera pas d’ouvrir son propos aux arts algériens (cinéma, beaux-arts). En somme, nous nous demanderons comment le féminin sexe-pose et sexe-prime dans et à travers l’art romanesque algérien.

 

  • Mathilde ROUXEL : doctorante en 6e année à l'Université Paris-3 Sorbonne Nouvelle. Elle travaille sur les figures du peuple en lutte dans les cinémas des femmes en Égypte, en Tunisie et au Liban (1967-2017) et s'intéresse particulièrement au renouveau des écritures documentaires dans les oeuvres de femmes dans cette région. Spécialiste du travail de Jocelyne Saab, qu'elle a accompagné comme collaboratrice à partir de 2013, elle lui consacre un ouvrage (Jocelyne Saab, la mémoire indomptée, 2015, Beyrouth, Dar an-Nahar) et dirige aujourd'hui le projet de restauration et de valorisation de l'ensemble de son œuvre cinématographique et plastique, en collaboration avec le fils de l'artiste Nessim Ricardou-Saab, à travers l'Association des Amis de Jocelyne Saab qu'ils ont créé en 2019.

Les femmes, moteurs des peuples en lutte. De la représentation des femmes dans les cinémas des femmes en Tunisie, en Égypte et au Liban (1967-2017)

Les femmes s'imposent dans le monde arabe comme cinéastes de fortune au tournant des années 1970 simultanément en Egypte, en Tunisie et au Liban. Ces cinéastes inattendues proposent des images inattendues des luttes pour lesquelles elles s'engagent - celles-là même qui, souvent, les ont incitées à prendre la caméra : la lutte anti-impérialiste, la critique des politiques étatiques, le combat féministe. À travers leurs images, ces femmes donnent à voir une autre image du peuple - "l'autre moitié du peuple": les femmes, et les enfants qu'elles ont souvent à charge. Ces images de femmes fortes, motrices, souvent, du changement, organe essentiel des révolutions et de la poursuite des combats, s'héritent ; et dans les années 1990, 2000 ou 2010, les logiques de représentation des femmes comme clés de voûtes des luttes des peuples se poursuivent dans les images des jeunes générations de femmes cinéastes. Ce sont ces mécanismes et leur impact que nous discuterons dans notre intervention.

 

  • Tamara SAADE : Née au Liban en 1993, elle est actrice et metteuse en scène. Après des études de Lettres à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, elle arrive en France en 2015 et intègre l’ensemble 25 de l’école supérieure de théâtre de Cannes et Marseille, ERAC-M. Sa première mise en scène, 1001 ventres en écriture de plateau, remporte le Grand Prix du Jury de la 9e édition du festival Nanterresur-scène, suite à quoi elle co-fonde la compagnie Nawma avec Nino Djerbir. Au théâtre, elle collabore avec Mohamad Al Rashi et le dramaturge syrien Wael Kadour dans Chroniques d’une ville qu’on croit connaître (2018, Tandem scène nationale), le chorégraphe Eric Minh Cuong Castaing sur Phoenix (2018, Ballet de Marseille), ou avec Eva Doumbia dans Victoria K, Delphine Seyrig et moi (prix RFI 2019, Valérie Cachard, CDN de Rouen). Au cinéma, elle obtient le premier rôle dans le film La Grande Nuit (Kidam, ARTE, 2020) réalisé par Sharon Hakim. Elle collabore régulièrement avec le réalisateur Selim Mourad (triptyque Linceul, Visions du réel 2017), ou encore Myriam Hage. Elle est basée entre Marseille et sa ville Beyrouth, où elle écrit en ce moment sa première pièce/roman, Thurayya

Actrice sans répondre aux attentes. Les nouvelles politiques de représentation au théâtre, l’illusion d’émancipation et l’importance d’écrire pour soi.

Proposition de partage d’expérience et d'interrogation sur le fait d’être actrice et arabe (enjeux et défis) ainsi que sur les impératifs de représentation des femmes au théâtre, du possible retour de flamme des politiques inclusives, à travers – entre autres – la figure de Scheherazade comme moyen d’auto-réflexion sur l’émancipation féminine.