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"Un carnet pour les faits : écrire la nature sensible", par Pauline Nadrigny (Séminaire "L'écriture de la pensée", F. Noudelmann, B. Clément, Sorbonne & en ligne)

Publié le par Marc Escola (Source : Bruno Clément)

La prochaine séance du séminaire "L'écriture de la pensée" se tiendra

vendredi 13 mars, de 15h à 17h

 Nous recevrons ce jour-là Madame Pauline NADRIGNY, de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Cette séance sera comme les autres hybride:

  • en ligne, vous devrez pour être avec nous activer le lien zoom suivant: https://univ-paris8.zoom.us/j/99454990544?pwd=ARcPOfkNFfV6wdgMd3vwibN0soThta.1 (code secret 631484)
  •  en Sorbonne, nous nous retrouvons si tout va bien dans notre salle habituelle (CELLF, escalier I, 2e étage). Si vous choisissez cette option vous devrez  impérativement présenter à l'entrée de l'université (17 rue de la Sorbonne ou 14 rue Cujas) l'invitation à nous rejoindre (la demander à bpe.clement@gmail.com)

Pauline Nadrigny,

« Un carnet pour les faits » : écrire la nature sensible

Thoreau note dans son Journal qu'il tient deux carnets – l'un pour les faits, l'autre pour la poésie – déclarant le premier souvent plus poétique que le second, tout en reconnaissant qu'il lui est difficile de maintenir cette distinction. Cette conférence prend au sérieux ce constat et cette difficulté pour poser une question plus large : que fait le fait dans l'écriture et, plus particulièrement, dans l’écriture de la nature (nature writing) ? Non ce qu'il garantit sur le réel (question épistémologique classique), mais ce qu'il produit comme forme pour la pensée. À partir des listes et relevés de Thoreau, des notations de marche de Nan Shepherd et Robert Macfarlane, il s'agira de montrer que noter un fait engage une pratique particulière de l'écriture : non la description d'un objet stable, mais la saisie d'un événement contingent qui reconfigure celui qui l'écrit. Cette réflexion sur le geste de notation — entendu comme geste cartographique, mais aussi comme relevé ou mise en liste — se resserrera ensuite sur le son comme cas exemplaire. Le son ne se laisse pas anticiper ni décrire après coup : il impose sa contingence dans l'instant même de son arrivée. Les cartographies acoustiques de Hildegard Westerkamp et les enregistrements de terrain de Knud Viktor seront examinés à cette lumière.

Pauline Nadrigny est maîtresse de conférences HDR en philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre de l’UMR 8106. Ses recherches portent sur les musiques contemporaines et expérimentales. Elles s’étendent également à l’esthétique environnementale et au nature writing. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont Musique et philosophie au XXe siècle. Entendre et faire entendre (2015), The Most Beautiful Ugly Sound in the World. À l’écoute de la noise (avec Catherine Guesde, 2018), Le voile de Pythagore (2021), L’écho du réel (codirigé avec Cyril Crignon et Wilfried Laforge, 2021), Du documental au documédial, un réalisme pour le XXIe siècle ? (codirigé avec Jocelyn Benoist et Henri Peiffer, 2024) et Sonder le monde. Arts sonores, réalisme, environnement (2025). Elle a reçu en 2024 la médaille de bronze du CNRS. Elle dirige la maison d’édition Enceladus Press, dédiée à la pensée des arts contemporains.