Disparu le 25 juillet dernier, François-David Sebbah était notamment spécialiste de la pensée d’Emmanuel Levinas, auquel il avait consacré plusieurs livres dont Lévinas et le contemporain (Les Solitaires intempestifs) et L’éthique du survivant. Levinas, une philosophie de la débâcle (P.U. Paris Nanterre), mais aussi de Jacques Derrida et de Jean-François Lyotard. Il s'est également intéressé aux prolongements de la phénoménologie dans les domaines de la technique et des sciences cognitives, et aux Imaginaires technologiques, co-signé avec Alberto Romele. Sa réflexion s’est encore portée, dans ses derniers textes, sur l’éthique, l’expérience et l’écriture de la survie : L’éthique du survivant (P.U. de Paris Nanterre, 2018) ; Survies. Quelques tentatives (Éditions d’écarts, 2021).
Il avait eu le temps de mettre la dernière main à un ouvrage plus personnel : dans Ses vies d’Afrique, F.-D. Sebbah s’essaie à faire parler l’enfant en lui. Ces petits récits d’enfance, ces éclats de mémoire, essentiellement des petits portraits hybridant souvenirs et imagination, sont l’occasion d’attester quelque chose d’une filiation juive d’Afrique du Nord. Une manière peut-être de restituer cette Algérie dont il semblait à l’auteur dans son enfance qu’elle était à son père comme un membre fantôme. Le livre ne dissimule rien du rapport entre l’écriture de ces « vies d’Afrique » et le travail philosophique comme tel, entre le fil autobiographique et celui de la pensée.