[Conférence Carte blanche]
« Les frontispices en question », Delphine Gleizes et Axel Hohnsbein. Jeudi 12 février 2026
La seconde « carte blanche » du séminaire CEEI-Thalim pour l’année universitaire 2025-2026 accueillera Delphine Gleizes (Université Grenoble-Alpes) et Axel Hohnsbein (Université de Bordeaux) pour une intervention intitulée :
« Les frontispices en question. Retour sur la conception de l’ouvrage Visages de l’objet imprimé »
En discussion avec Hélène Védrine (Sorbonne Université)
le jeudi 12 février 2026, de 11h à 13h, INHA (salle Pereisc, rez-de-chaussée)
Photographies, dessins, gravures, lithographies : au XIXe siècle, le progrès technique permet aux images d’investir le livre. Attirant l’œil des badauds aux vitrines des librairies, il enrichit les bibliothèques des collectionneurs raffinés ou se démultiplie en productions industrielles et populaires. Le frontispice, image inaugurale qui orne le seuil du livre, occupe alors une place centrale dans les pratiques des éditeurs.
Héritier d’une longue tradition tant architecturale qu’éditoriale, le frontispice se pare des mille et un visages du XIXe siècle, depuis la fantaisie créative de la librairie romantique jusqu’aux recherches novatrices fin-de-siècle. Plus que jamais, la pierre et le papier partagent des aspirations communes, souvent mises au service de l’institutionnalisation des grands auteurs. Servant d’argument commercial dans un contexte de concurrence accrue en librairie, il joue un rôle central pour les éditeurs, qui cherchent aussi bien à créer des collections à succès que des ouvrages uniques.
Le frontispice est aussi le reflet de l’évolution des arts et techniques et le témoin essentiel d’une histoire du livre dans laquelle se côtoient les grands artistes du XIXe siècle et les artisans oubliés de l’illustration. Il permet pareillement d’interroger les pratiques de lecture, l’ambition de transmission des savoirs et de la littérature dans un siècle qui transforme en profondeur le rapport à l’objet imprimé. Enfin, tirant parti des progrès permanent de l’imprimerie, le frontispice s’émancipe progressivement au fil du siècle : la poussée de l’imagerie romantique et le développement de la presse illustrée invitent éditeurs et bibliophiles à jouer sur le positionnement, la taille et les thématiques de ces images-seuils qui s’inspirent souvent des pratiques des affichistes.
La conférence propose de réfléchir aux fonctions et définitions de cette image-seuil dans le contexte mouvant du XIXe siècle, en revenant sur l’ouvrage collectif qui lui a été consacré.
Bio-bibliographies des intervenant.e.s :
Delphine Gleizes est professeure de littérature française du XIXe siècle à l’université Grenoble-Alpes et membre du laboratoire Litt&Arts (UMR 5316). Elle travaille sur l’œuvre littéraire et graphique de Victor Hugo mais s’intéresse plus largement aux rapports entre littérature et culture visuelle ainsi qu’à la question des transferts entre arts et savoirs. Elle a notamment publié, avec Denis Reynaud Machines à voir. Pour une histoire du regard instrumenté (XVIIe– XIXe siècles) (PUL, 2017), avec Aurélie Barre et Olivier Leplatre Récits en images de soi – Dispositifs (Revue Textimage, 2020) et avec Axel Hohnsbein, Visages de l’objet imprimé. Les frontispices au XIXe siècle (Sorbonne Université Presses, 2024).
Axel Hohnsbein est maître de conférences à l’université de Bordeaux et membre de l’équipe Sciences, Philosophie, Humanités (UMRU 4574). Ses recherches portent sur la vulgarisation scientifique au xixe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. Il est l’auteur d’une thèse intitulée La Science en mouvement. La presse de vulgarisation scientifique au prisme des dispositifs optiques (1851-1903), Épistémocritique, 2021, en ligne sur le site epistemocritique.org.
Pour en savoir plus sur l’ouvrage : consulter le site de l’éditeur.
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