"Ce qui se conçoit bien se chante clairement ?", par Sarah Nancy (séminaire "L'écriture de la pensée", François Noudelmann et Bruno Clément)
La prochaine séance de "L'écriture de la pensée" se tiendra
le vendredi 20 février 2026 de 15h à 17h
Nous recevrons ce jour-là notre collègue Sarah Nancy (université de Paris 8).
On trouvera plus bas la présentation que Sarah Nancy fait de son intervention. Mais avant cela un petit rappel des règles de fonctionnement du séminaire. Cette séance du 20 février sera, comme toutes les autres, hybride:
- vous pourrez donc comme d'habitude si vous ne pouvez vous déplacer assister et participer à cette séance en visio en activant le lien suivant: https://nyu.zoom.us/j/98235493844
- mais vous pourrez également nous rejoindre dans la salle de la Sorbonne G 073 (accès par le 17 rue de la Sorbonne, escalier E, 3e étage) Si c'est l'option que vous retenez, une invitation sera nécessaire pour pénétrer dans l'enceinte de la Sorbonne (la demander à bpe.clement@gmail.com)
Bruno Clément & François Noudelmann.
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Sarah Nancy, "Ce qui se conçoit bien se chante clairement ?"
Central dans les conceptions de la langue au XVIIe siècle, et indissociable d’un certain rapport à la pensée, comme le montre la citation de Boileau à laquelle fait allusion notre titre, l’idéal de « clarté » a aussi concerné la musique vocale de cette époque : par exemple, l’intelligibilité est un critère du beau chant. Dans quelle mesure cette valorisation de la clarté en musique témoigne-t-elle effectivement d’une attente normée en matière d’expression de la pensée par le langage ? Et doit-on reprocher à cette conception – comme cela a souvent été fait ensuite – d’avoir manqué le « sens de la musique », c’est-à-dire, aussi, les ressources musicales de la pensée ?
C’est avec ces questions que nous considérerons la promotion de la clarté dans le chant au XVIIe siècle, sa mise en œuvre concrète, ses envers (charme, rhume, voix voilée…) et l’histoire de sa critique – jusqu’à nous demander quelle définition de la musique, dans son pouvoir d’opacification ou de clarification du langage, serait aujourd’hui utile pour penser la complexité du monde.
Sarah Nancy est professeure de littérature à l’Université Paris 8. Sa recherche, qui prend appui sur sa propre pratique musicale, porte sur les pratiques, et représentations de la voix, et sur les rapports entre langage, musique et genre. Parmi ses publications : La Voix féminine et le plaisir de l’écoute, Paris, Classiques Garnier, 2012 ; La Voix du public en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, PUR, 2019 (co-dirigé avec Julia Gros de Gasquet) ; Les cordes vibrantes de l'art. La relation esthétique comme résonance, PUR, 2021 (co-dirigé avec Nathalie Kremer) ; chapitre « XVIIIe siècle » dans L’Écoute, de l’Antiquité au XIXe siècle. Une anthologie (dir. M. Kaltenecker, Paris, MF/Philharmonie de Paris, 2024) ; Masculin, féminin, littérature. Usages métapoétiques du genre en France dans la première modernité (à paraître).