Née à Paris en juillet 1894, Hélène Delacour épouse, en 1917, Henri Hoppenot, diplomate. Elle suivra son mari dans ses différents postes (Rio de Janeiro, Téhéran, Santiago du Chili, Berne, Beyrouth, Berlin, Pékin, Paris, Montevideo, Washington, Berne, New-York, Saïgon). L’aventure commence en avril 1917 quand son mari est nommé secrétaire d'ambassade à Rio de Janeiro ; le couple rejoint le ministre plénipotentiaire Paul Claudel et son secrétaire personnel Darius Milhaud.
Dès Rio, Hélène Hoppenot tient son Journal intime où elle y raconte ses coups de cœur devant des superbes paysages, ses révoltes face à la misère et brosse les portraits des hommes politiques ou des artistes qu’elle rencontre.
Pendant les quatre années en Chine, elle remplacera sa plume par un Rolleiflex car « ce qui est parfait ne se raconte pas » et c’est par la photographie qu’elle captera la vie quotidienne, les paysages, les traditions et les monuments. De cette période, elle tirera un livre de photos (Extrême-Orient). Par la suite, trois autres livres seront publiés.
Au sommaire du n° 55
Après un portrait d’Hélène Hoppenot par Marc Mousli, nous vous proposons d’entrevoir son Journal. Tout d’abord, avec un portrait de Romain Gary élaboré avec les nombreuses entrées du Journal consacrées à cet écrivain qui fut nommé, en 1950, à l’ambassade de France à Berne alors qu’Henri Hoppenot était ambassadeur. Il s’en suivra une longue amitié entre l’écrivain et le couple.
Ensuite, vous découvrirez le talent d’Hélène Hoppenot pour croquer en quelques phrases les personnalités qu’elle côtoie (Louis Aragon, Joséphine Baker, Georges Bidault, Brancusi, Blaise Cendrars, Winston Churchill, Paul Claudel, Colette, Charles de Gaulle, Saint-John Perse, André Malraux, François Mauriac, Darius Milhaud, Henry de Monfreid, Pablo Picasso, Jean-Paul Sartre, Érik Satie…).
Le portfolio regroupe une dizaine de portraits d’Hélène Hoppenot réalisés par Henri Hoppenot, Paul Claudel et Marie Roberte Dolléans-Guignard.
Pour appréhender les différentes facettes de cette personnalité, nous avons demandé à Olivier Barrot de nous raconter sa première visite à Hélène Hoppenot, durant laquelle il fut d’emblée saisi par la collection de tableaux que le couple avait constituée : Picasso, Max Ernst, Masson, De Chirico, Juan Gris, Matisse, Braque...
Béatrice Mousli nous fait découvrir les états d’âme d’Hélène Hoppenot concernant la tenue de son Journal (« Une fois de plus, je m’interroge ; pourquoi ai-je noté cette visite ? tout cela est si insignifiant et inutile… Pour m’occuper un laps de temps, ce temps si long parfois ? Sachant que, bientôt, j’écrirai le mot “ fin” au bout d’une page de cet inintéressant Journal ! » puis sur sa conservation « pour qui ? et pour quoi ? » se demandait-elle.
Tania Cavassini, ambassadrice de Suisse à Paris, nous livre ses impressions à la lecture des notes d’Hélène Hoppenot sur la relation diplomatique entre la Suisse et la France vu d’un « angle rarement choisi : la vie intime d’un couple qui fait équipe pour accomplir la mission confiée à un seul des deux ; à une époque où il était tout naturel que Madame accompagnât Monsieur l’Ambassadeur, sans aucune autre forme de compensation ou de rétribution, hormis de recevoir le titre honorifique de Madame l’Ambassadrice. »
Claire Paulhan, dont la maison d’édition a publié le Journal en 4 volumes - le dernier a été couronné par le Prix Clarens du journal intime 2024 -, évoque le travail au long cours de cette publication.
La chronique d’Anne Coudreuse consacrée au 4e volume du Journal clôture ce numéro.