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Présentation du n° 61 de Genesis :

Présentation du n° 61 de Genesis : "(s’)interdire" (Séminaire général de l'ITEM, Paris)

Publié le par Marc Escola (Source : Elifsu Sabuncu)

L'Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM, CNRS-ENS) est heureux de vous inviter à la prochaine du Séminaire général de critique génétique 2025/2026 le mardi 20 janvier 2026

pour la présentation du n°61 de sa revue Genesis : « (s’) interdire »

à l'ENS, 29 rue d’Ulm, 75005 Paris – Salle U209 de 17h à 19h.

La séance du séminaire de critique génétique sera consacrée à la présentation du n°61 de la revue Genesis, dirigé par Élise Nottet-Chedeville, « S’interdire ».

Ce volume s’intéresse à la genèse du tabou en invitant à mesurer, dans les avant-textes ou la genèse post-éditoriale des œuvres littéraires, le rôle joué par les impératifs de la morale discursive. Le numéro analyse quels sont les domaines et les sphères langagières dans lesquels l’écrivain exerce un contrôle de lui-même, de quelle manière il le fait, à quelles fins, et quelles sont les poétiques d’écriture ainsi dessinées par ces interdits qui œuvrent. La diversité des contributions (portant sur différents genres et siècles) met en évidence combien les opérations d’autocensure déterminent un ensemble de stratégies discursives et littéraires agissant comme de réelles dynamiques d’écriture. Les articles présentés dessinent, par-delà leurs singularités respectives, une cartographie génétique du tabou en étudiant ses différentes inscriptions chronologiques et génétiques, l’implication de tiers portant la voix tabouisante, le dialogisme inhérent à l’interdit, les motifs d’autocensure, la plus ou moins grande conscientisation de la tabouisation, la diversité des stratégies discursives déployées pour ne pas dire, et enfin la réorientation générale de l’œuvre qu’entraînent les opérations de tabouisation.

Lucie Nizard, Clara de Courson, Leila Chevalley, Anne Garric, Gilles Philippe et Élise Nottet-Chedeville présenteront leur article lors de cette séance.

Leila Chevalley est agrégée de lettres modernes et doctorante à l’université Sorbonne Nouvelle, ÉA 174 « Formes et idées de la Renaissance aux Lumières ». Elle prépare une thèse sous la direction de Marc Hersant sur la place des femmes et les représentations de la féminité dans l’œuvre de Sade. Elle a notamment publié « Sade est-il Jeanne ? Palingénésie auctoriale au féminin » (Dix-Huitième Siècle, no 57, 2025, p. 339-356), « L’énigme Justine : voies et voix de l’errance » (Lumières, no 43, 2024, p. 133-146), « Quand Sade tue la mère » (Dix-Huitième Siècle, no 56, 2024, p. 377-394), et « Sade et les vénus anatomiques » (Lumières, no 41, 2023, p. 107-123).

Clara de Courson est maîtresse de conférences en stylistique à la Sorbonne nouvelle (Clesthia, EA 7345). Spécialiste des fictions narratives du XVIIIe siècle, elle est notamment l’autrice d’un ouvrage sur Diderot, « Des voix confuses et lointaines ». Représentations acoustiques du discours chez Diderot, Paris, Classiques Garnier, 2024. Elle s’intéresse également à la littérature de Suisse romande, et a coorganisé à la Sorbonne nouvelle, en mars 2025, un colloque intitulé « Panoramage. Rencontres poétiques contemporaines suisses de langue françaises ».

Anne Garric est agrégée de lettres modernes a soutenu en 2025 une thèse de doctorat en langue française, « Styles de la malséance dans l’oeuvre en prose narrative de Georges Bataille, Jean Genet et André Pieyre de Mandiargues », sous la direction de Christelle Reggiani (Sorbonne Université). Elle a publié « “L’Homme du parc Monceau” d’André Pieyre de Mandiargues. Dénaturation du référent humain, altération linguistique et dépravation discursive », Roman 20-50, vol. 66, no 3, 2018 ; « Itinéraires obscènes de Georges Bataille. Le scandale dans la langue », dans Patrick Mathieu (dir.), Voyage et Scandale, Classiques Garnier, coll. « Géographies du monde », 2022 ; « Par-delà le noble et l’ignoble : conflit doxique et “séduction hors-la-loi” dans les récits de Georges Bataille, Jean Genet et André Pieyre de Mandiargues », dans Actes du premier colloque international du réseau des départements de français de l’Université d’Ain Shams, Le Caire, Égypte, 2 et 3 mai 2023.

Lucie Nizard est professeure assistante en littérature du XIXe siècle à l’université de Genève. Elle a consacré une thèse à la poétique du désir sexuel féminin dans le roman de mœurs français du second XIXe siècle. Elle est l’autrice des Voiles du désir féminin (1857‑1914), paru en 2024 aux Presses Sorbonne Nouvelle (PSN).

Élise Nottet-Chedeville est maîtresse de conférences en langue française et stylistique à l’université Rennes 2 et membre du CELLAM. Après un travail de thèse en génétique et stylistique sur la poésie de Jean Genet, elle a co-dirigé avec Florence Mercier-Leca Jean qui rit et Jean qui leurre. Les rires de Genet. Approches stylistiques et rhétoriques, et publié dernièrement Charles Baudelaire. Écrits sur l ’art, en collaboration avec Aude Jeannerod. Ses recherches portent principalement sur Genet, la génétique textuelle et la stylistique de la littérature contemporaine.

Gilles Philippe est professeur à l’université de Lausanne. Ses travaux portent principalement sur l’histoire des pratiques rédactionnelles et des imaginaires stylistiques aux XIXe et XXe siècles. Son dernier livre : Une certaine gêne à l’égard du style (Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, 2024). Il collabore régulièrement à la Bibliothèque de la Pléiade des éditions Gallimard.

Programme complet du Séminaire général de critique génétique de l'ITEM / 2025-2026

Responsables : 

Nathalie Ferrand (nathalie.ferrand@ens.fr)

Franz Johansson (franzjohansson@hotmail.fr)

Nadia Podzemsakaia (nadejda.podzemskaia@cnrs.fr).