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Sciences en culture. L’approche épistémocritique de la littérature (Saint-Aignan)

Sciences en culture. L’approche épistémocritique de la littérature (Saint-Aignan)

Publié le par Alexandra Follonier (Source : Laurence Dahan-Gaida)

Sciences en culture

L’approche épistémocritique de la littérature

Colloque doctoral 24-25 septembre 2022

Organisé par le CRIT (Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles – EA 3224)

Le Clos des Bernardines – Saint Aignan

Sciences et littérature, deux mondes que l'on voudrait opposer et qui pourtant s'observent, dialoguent, s'inspirent mutuellement. Dans les œuvres comme dans les réflexions explicites des écrivains, on trouve la trace d’une imbrication toujours présente et active entre elles. De Flaubert à Lautréamont, d'Edgar Poe à Umberto Eco, de Robert Musil à Paul Valéry, romanciers et poètes disent leur fascination pour les sciences, en émaillent leurs œuvres, les chantent en vers. Avec Goethe, Lewis Carroll, Douglas Hofstadter ou Jacques Roubaud, on découvre que l'on peut être à la fois savant et belle plume. Pourtant, notre culture a fait des entreprises littéraire et scientifique des champs à l’identité close, se rendant ainsi partiellement aveugle à la réalité d’un fondement cognitif commun. Plutôt que d’envisager les rapports entre elles sur le mode de l’opposition, ne devrait-on pas y voir des ressources distinctes, mais néanmoins partageables, de la connaissance ?

C’est pour rendre compte de la vitalité des échanges entre ces deux champs que l’épistémocritique est née à la fin des années quatre-vingts. Son objectif est d’étudier les usages qu’un texte littéraire fait de ce qui relève des savoirs en général, y compris des savoirs scientifiques. Devant un texte donné, elle soulève les questions suivantes : quels sont les savoirs, implicites ou explicites, qui conditionnent les modes de représentation de ce texte ? À quel travail de réagencement ces savoirs sont-ils soumis ? Comment contribuent-ils aux effets esthétiques du texte ? Et qu’est-ce que la littérature révèle sur l’état de la connaissance à une époque donnée, sur ses conditionnements sociaux, culturels, idéologiques ? Quel miroir tend-elle à son époque ? Quels impensés lui révèle-t-elle ou quels espaces aveugles dans lesquels elle découvre ce qu’elle refuse de savoir, ce qu’elle a déjà oublié ou ignore encore ? L’épistémocritique s’interroge également sur le rôle de la littérature dans la diffusion, la vulgarisation et l’adaptation culturelle des savoirs. Comment intervient-elle dans la circulation et la transformation du savoir, dans la production du nouveau ? Est-elle seulement un « conservatoire » pour des savoirs du passé ou met-elle aussi en œuvre des savoirs contemporains, voire des savoirs émergents qui sont en voie d’élaboration et qu’elle préfigure ? 

L’objectif de ces journées d’études est  d’explorer, en toute liberté, les milles façons dont disposent les sciences pour informer et transformer la littérature : qu’elles lui fournissent des concepts ou des théories, des incitations formelles ou une méthode, elles lui offrent des ressources créatives grâce auxquelles « les entreprises de la connaissance et les opérations de l’art » deviennent « également possibles » (Paul Valéry, 1919). Tous les savoirs seront pris en compte, qu’ils relèvent des sciences de l’homme ou des sciences de la nature. De même, seront intégrés des savoirs qui ne correspondent plus nécessairement aux canons actuels de la science mais qui ont pu être considérés comme « scientifiques » à leur époque : alchimie, magnétisme animal, etc. Enfin, ces journées seront ouvertes à tous les genres littéraires et à tous les médias, à commencer par le théâtre, le cinéma et les arts plastiques.

 

Programme

24 septembre

Accueil à partir de 9 h

9h30 Michel Pierssens

Mot de bienvenue

 

10 h 00 Laurence Dahan-Gaida (Université de Franche-Comté)

Accueil et introduction : « Problèmes et perspectives de l’épistémocritique »

 

10h 45 Cindy Gervolino (Université de Franche-Comté)

« L’insertion de symboles mathématiques dans le texte littéraire dans Signe d’appartenance de Jacques Roubaud et Le couteau-toast d’Évariste Galois d’Armand Gatti »

 

11 h 15  Léa Cassagnau (Université de Franche-Comté)

« La place du symptôme dans l’écriture de soi : comparaison de l’insomnie chez Violette Leduc et Sylvia Plath et chez Marie Darrieussecq et Siri Hustvedt »

 

14 h 30 Katia Hayek (Université de Brno)

« Dialogue des savoirs dans la fiction populaire à l’époque du positivisme »

 

15 h 15 Agnes Toth (Université Catholique Pázmány Péter Budapest, Hongrie)

         « Art et science dans l'oeuvre de Marguerite Yourcenar »

 

16 h 00 Gaétan  Cognard (Université de Franche-Comté)

« Travellers, sciences et pseudo-sciences chez Ben Jonson, Walter Scott et Marina Carr ».

 

25 septembre

Accueil à partir de 9h30 h

 

09 h 00 Catherine Grall (Université d’Amiens)

« Un exemple de recherche épistémocritique : les enjeux des représentations littéraires de la préhistoire »

 

09 h 45  Dalibor Zila (Université de Brno, République tchèque)

« Factographier la fin du monde dans La fin du monde n'aurait pas eu lieu de Patrik Ourednik »

 

10h30  Aniko Radvandzky (Université Catholique Pázmány Péter, Budapest)

« Mondes de la fiction et de la simulation – ou bien que nous dit la littérature du XXIe siècle ? »

 

11h15 Timea GYIMESI (Université de Szeged, Hongrie)

 « Un autre monde est possible : formes et enjeux du savoir scientifique dans la construction de l’univers fictionnel d’Olivia Rosenthal »  

 

14h00 Petr Dytrt (Université de Brno, République tchèque)

« La littérature face au savoir historique : une relation de litige ou une complémentarité nécessaire ? Le cas de Binet, Echenoz et Haenel ».

 

14h45 Bence MATÚZ (doctorant) (Université Catholique Pázmány Péter, Budapest, Hongrie) 

« Savoir, réflexion et activité dans la poésie de Paul Nougé »

 

15h15 Aniko Adams (Université Catholique Pázmány Péter, Budapest, Hongrie)

« Réflexions sur la nature à l’aube du romantisme »