Actualité
Appels à contributions
Poétique de l’enfance ou l’éclosion de l’imaginaire

Poétique de l’enfance ou l’éclosion de l’imaginaire

Publié le par Marc Escola (Source : Myriem Brahimi)

Appel à contribution

Ecole Normale Supérieure des Lettres et Sciences Humaines-Bouzaréah

Revue Socles - Laboratoire de français LISODIP

Numéro 16

« Poétique de l’enfance ou l’éclosion de l’imaginaire »

Coordonné par : Khodja Nadira Goucem ; Brahimi Myriem ; Oucherif Lamia.


Présentation

L’enfance est une période charnière dans la vie de l’homme, elle est le début de tous les possibles. En chacun de nous demeure une parcelle, secrète, silencieuse, solitaire de l’enfant que l’on fût, de l’enfant qui sommeille en nous.

Cette première étape dans la vie humaine est marquante, déterminante dans la construction identitaire. D’une part, elle établit la première relation au monde et met en place le socle sur lequel l’être s’appuie pour essayer ses premiers pas. Dans ce contact primitif avec le monde, dans cette « solitude première », tout, dans le regard de l’enfant paraît neuf, vierge, merveilleux et mystérieux à la fois. D’autre part, la période de l’enfance met en place les fondations de l’identité en devenir et fertilise l’imaginaire par l’aptitude de l’être enfant au rêve et à la rêverie. Bachelard souligne l’importance capitale des expériences solitaires de l’enfance qui ressurgissent avec éclat dans l’acte créatif et dans toute âme poétique :

Ces solitudes premières, ces solitudes d’enfant, laissent, dans certaines âmes, des marques ineffaçables. (…) L’enfant se sent le fils du cosmos quand le monde humain lui laisse la paix. Et c’est ainsi que dans ses solitudes (…) l’enfant connaît le bonheur de rêver qui sera plus tard le bonheur des poètes. (1960, p. 84)

De nombreux écrivains ont mis en récit l’enfance et ont revisité le « seuil de l’être », selon l’expression de Bachelard (1960, p. 8), Certains auteurs mythifient cette période de la vie, d’autres prospectent les abysses de leur antériorité pour panser des blessures, pour apaiser les tensions de leur être heurté ou pour libérer une parole trop longtemps emmurée dans un silence torturé. « Même si vous étiez dans une prison, dont les murs étoufferaient tous les bruits du monde, ne vous resterait-il pas toujours votre enfance, cette précieuse, cette royale richesse, ce trésor des souvenirs ? », avait dit Rilke (p.10). Quelle que soit l’image que l’on garde de son passé, quels que soient les premiers liens tissés (familiaux, amicaux, amoureux) ou les expériences vécues (la mort, la maladie, l’amour, la guerre, etc.), on ne sort pas indemne de son enfance. Les œuvres littéraires de grands écrivains peuvent en témoigner et en faire résonner l’écho.

Par ailleurs, le monde de l’enfance est un livre ouvert sur le merveilleux dans la mesure où les lieux habités, même ordinaires, sont transformés en lieux extraordinaires ; les personnes côtoyées et aimées prennent une dimension démesurée et laissent en nous une trace indélébile.

Comment la littérature aborde-t-elle l’enfance ? Quels sont les enjeux littéraires et esthétiques qui découlent de la recherche de l’enfance perdue ? Comment le discours de l’auteur adulte est-il hanté par la voix de l’enfance ? Le merveilleux dans la littérature est-il l’écho des images de l’enfance ? Outre ces questionnements, nous proposons aux chercheurs les axes de réflexion suivants :

- La poétique de l’enfance ;

- Les jeux de l’enfance ;

- Les conflits de l’enfance, les silences de l’adulte ;

- La relation père/fils/fille ;

- La relation mère/fils/fille ;

- L’enfance en temps de guerre ;

- L’éducation et l’enfance ;

-Les représentations de l’enfant dans le discours littéraire.

Bibliographie 

Bachelard Gaston, (1960) Poétique de la rêverie, Paris, P.U.F.

Kodjo Attikpoé, (2017) Poétique de l’enfance. Perspectives contemporaines, Paris, l’Harmattan.

Rilke Rainer Maria (1929), Lettres à un jeune poète, Leipzig, éditions Insel. Edition  consultée : La bibliothèque électronique du Québec (édition de référence Le Seuil, Œuvres I : prose.)

Vareille Jean Claude (1989), Fragments d’un imaginaire contemporain, José Corti.

Sartre Jean-Paul (1940), L’imaginaire, Paris, Gallimard.

Modalités de soumission

Les contributions à ce numéro se feront sous forme d’article ne dépassant pas les 30.000 signes, espaces comprises. Ils seront soumis via la plateforme ASJP (Algerian Scientific Journal Platform), le nouveau portail des revues scientifiques algériennes, https://www.asjp.cerist.dz/). Avant la soumission, il est nécessaire de créer un compte, de sélectionner la revue Socles, puis la rubrique « soumission d’article ». Les articles doivent être rédigés selon les instructions données aux auteurs, document à télécharger sur la page de soumission de l’article. Il est important de préciser que l'article est destiné au n°16 de la revue.

Une rubrique Varia sera consacrée à des articles relevant des trois domaines : littérature, sciences du langage, didactique.

Adresses mails des coordinatrices du numéro 

khodja.goucemnadira@ensb.dz

brahimi.myriem@ensb.dz

oucherif.lamia@ensb.dz

Date limite de dépôt des contributions : le 15 juin 2022.

Publication des articles retenus : décembre 2022.