Fabula, la recherche en littérature (atelier)

Vertus de la distance

61015.jpg

Sous le titre "L'estrangement: Retour sur un thème de Carlo Ginzburg", le premier volume hors série de la jeune revue Essais propose notamment de relire Montaigne, Montesquieu ou encore Machiavel à la lumière des notions d'estrangement ou de défamiliarisation, qui traduisent l'ostranienie de Šklovskij. On y trouve également la traduction, par M. Rueff, d'un article dans lequel Carlo Ginzburg s'inscrit en faux contre certaines formes de réhabilitation de l'anachronisme et souligne que le respect du langage des acteurs du passé implique un effort constant de défamiliarisation des catégories qui sont les nôtres. Cet article, intitulé "Nos mots et les leurs", est reproduit dans l'Atelier de Fabula, avec l'aimable autorisation de Carlo Ginzburg et Sandro Landi.


Une collection de collections

60829.jpeg

L'Atelier de théorie littéraire vient de mettre en ligne un texte de N. Geneix sur la collection "Petite planète", longtemps parue aux éditions du Seuil "sous la direction de" Chris Marker: l'entrée "Collections" de notre encyclopédie devient ainsi une collection de collections, où l'on trouve déjà des réflexions sur La "Bibliothèque de la Pléiade". Travail éditorial et valeur littéraire (avant-propos du volume collectif dirigé par J. Gleize et Ph. Roussin en 2009), mais aussi, sous le titre "Collection d'écrivains (1945-1980)", les actes d'une journée d'études tenue en 2006 sur «Tel Quel», «Fiction et Cie», «Le Chemin», «Ecrire», «Critique», «Documents», «Les Cahiers du Rhône», «Arguments», «Terre humaine»... On y trouvera notamment des articles de Ph. Forest sur "Tel quel, L'Infini: la double collection" et V. Debaene sur "La collection Terre humaine: dans et hors de la littérature". Avis aux collectionneurs: il reste quelques cases blanches à remplir.


Anachronies 2014

58907.jpg

L’équipe du séminaire « Anachronies - Textes anciens et théories modernes » poursuit ses activités pour une nouvelle année universitaire. Lors de la première séance, vendredi 11 octobre, F. Pennanech et S. Rabau nous ont invité à nous interroger sur ce qu'est la théorie littéraire. Les réflexions se poursuivent, notamment autour de deux invités, P. Bayard et W. Marx, et dans des séances-ateliers qui sont le lieu d'expérimentations ou de lectures suivies de textes théoriques. Les actes du séminaire pour les années 2011-2012 et 2012-2013 peuvent être en partie retrouvés dans l'Atelier.


L'excentricité de la théorie              

58899.jpeg

Parmi les nouveautés de l'Atelier, on pourra découvrir ou redécouvrir les actes d'un "chantier" initié par des enseignants de l'Université Paris 8 sous le titre Banlieues de la théorie, d'abord paru dans l'Agenda de la pensée contemporaine (Flammarion, 2008): la théorie est-elle par nature et fonction ex-centrique, vouée aux marges et à la marginalité? Par quelle fatalité le centre se montre-t-il aussi régulièrement inapte à la prise de risque intellectuelle? Au sommaire, des essais de M. Costantini, G. Dessons, T. Samoyault, F. Noudelmann et P. Bayard, dont l'Atelier publie également un article datant de 2005 mais resté jusqu'ici confidentiel: "Comment ennuyer le lecteur?", pensée paradoxale et par là même excentrique, qui fait une nouvelle fois la preuve des liens que la spéculation théorique entretient avec l'humour.


La cote du veau

57988.jpeg

Le manque aurait dû s'en faire sentir plus tôt: l'Atelier de théorie littéraire nous régale désormais d'une nouvelle entrée Calembour, qui vient secouer l'entrée Humour : elle accueille pour l'heure des réflexions sur le "déni de calembour" dans la critique littéraire, découpées dans le Veau de Flaubert que publie Alain Vaillant, lequel fait également paraître un ouvrage collectif sur Le Rire moderne. "L'humour la théorie", tel est l'objet d'un article de M. Escola nouvellement introduit au sommaire de la dizième livraison de Fabula-LHT: L'aventure poétique.


Le donné et le construit. Avec Carlo Ginzburg.

54884.png

À la faveur de réflexions sur la démarche du commentateur de textes anciens, le séminaire Anachronies a vu émerger différentes positions constructivistes, dans la lignée notamment des travaux de Michel Charles sur l'interaction entre le texte et le commentaire. Le commentaire ne se contente pas de décrire ou d'interpréter le texte, qui serait simplement donné (après avoir été établi et transmis), mais construit son objet. Au-delà du domaine des études littéraires, l'épistémologie constructiviste est couramment admise, mais les limites du constructivisme ou les dangers de l'hyperconstructivisme sont parfois soulignés. lnvité de la séance inaugurant la deuxième année du séminaire - Le donné et le construit (1) -, Carlo Ginzburg soutient ainsi que le conflit entre différentes interprétations d'un même objet peut être ancré dans la nature complexe et conflictuelle de la réalité elle-même et défend par ailleurs le rôle du hasard et de la sérendipité dans la recherche.


Prendre soin de la "littérature mondiale"

54519.gif

Dans Spectres de Goethe. Les métamorphoses de la «littérature mondiale»  - dont on peut lire un extrait dans l'Atelier (New York (et Paris), 1999) et un compte rendu (En attendant Charlotte) dans Acta fabula -, Jérôme David propose une approche qui, jusqu'alors, demeurait inédite. En entourant dès son sous-titre la littérature mondiale de guillemets, il la conçoit comme une notion et plus précisément comme une notion historique dont on peut retracer la (les) généalogie(s), de Weimar en 1827 à Francfort en 2011. Jérôme David revient pour l'Atelier sur cet essai dans un entretien avec Lionel Ruffel intitulé Prendre soin de la «littérature mondiale».


Catharsis

53784.jpg

Le deuxième paragraphe du sixième chapitre de La Poétique d'Aristote, où apparaît le terme catharsis, est sans doute l'un des passages de ce traité les plus cités. Il y est notamment question de la «pitié» («eleos») et de la «terreur» (ou «crainte», ou «frayeur», «phobos»), d'une part, et, d'autre part, de la «katharsis» de «telles» ou de «pareilles émotions» («tèn tôn toioutôn pathèmatôn katharsin»). D'Aristote à Freud, ces quelques lignes sont à l'origine de commentaires innombrables, de traductions variées et contradictoires et de réflexions sur le paradoxe d'une possible transmutation de sentiments pénibles en émotions agréables. Dans un article paru dans le numéro 166 de la revue Poétique, William Marx réhabilite la lecture physiologique du passage. Claudio William Veloso propose, lui, de supprimer de la définition de la tragédie dans la Poétique catharsis, pitié et crainte, y voyant une glose tardive. On pourra lire dans l'Atelier la réponse de W. Marx à C. W. Veloso.


Où allons-nous?

51358.jpg

En octobre 2012, le colloque «Littérature»: où allons-nous? posait d'abord la question du rapport entre la chose et le mot. Quelle est la pertinence du mot littérature pour désigner les différents textes sur lesquels travaillent les "littéraires"? Produit-il une illusion de continuité entre les périodes antérieures à la révolution française et les siècles suivants, où la littérature se serait institutionnalisée? Au-delà de la recherche d'éventuels traits propres à la littérature, c'est la question de l'identité de l'approche littéraire qui a finalement surgi. "Transmettre littérairement des textes, littéraires ou non, c'est (...) transmettre non seulement une disposition cognitive spécifique devant eux et devant le monde, (...) mais encore une attitude éthico-passionnelle" conclut Hélène Merlin-Kajman dans une synthèse (suivie de la transcription d'un débat) publiée conjointement dans l'Atelier et sur le site de l'équipe Transitions.


Les séminaires de l'Atelier

51294.jpg

L'humour: tentative de définition et La théorie des mondes possibles: un outil pour l'analyse littéraire? en 2005-2006 ; De la figure à la fiction en 2006-2007 ; Sortir du temps: la littérature au risque du hors-temps, la même année ; Proust dans la recherche comparatiste, bilan et nouvelles perspectives, trois journées organisées en 2007-2008 (Proust et l'incertitude, Visages étrangers de Proust, Proust et les mondes lointains) ; Modernités antiques. La littérature occidentale (1910-1950) et les mythes gréco-romains, en 2007-2009 ; Lire contre l'auteur en 2009... L'Atelier de Fabula est depuis plusieurs années le partenaire de différents séminaires soulevant des questions de théorie littéraire et/ou s'inscrivant dans le champ des études de littérature générale et comparée. Depuis 2011, les actes du séminaire Anachronies - Textes anciens et théories modernes paraissent progressivement dans l'Atelier.



Suite des éditoriaux...


Nouvelles entrées

Les Fictistes et les Factistes, par Sophie Rabau

Le dernier aristotélicien, par Paolo Tortonese

Poétique de la pseudo-traduction, par Louis Watier

Une figure pour la voix, par Bruno Clément

La collection «Petite Planète» - «Sous la direction de» Chris Marker, par Nicolas Geneix

Nos mots et les leurs, par Carlo Ginzburg

Chateaubriand et les choses, par Franc Schuerewegen

L’imaginaire des langues à l’épreuve du temps, par Clara Schlaifer

L'essai fictionnel, par Vincent Ferré

Le déni du calembour, par Alain Vaillant  

La critique littéraire rend-elle plus empathique? Par Antonio Rodriguez  

Critique et théorie, par Gérard Dessons

Comment rendre un texte incompréhensible, par Pierre Bayard

La banlieue du roman: l'espace du personnage secondaire, par Tiphaine Samoyault

Ailleurs la théorie, par François Noudelmann

Des centrements, par Michel Costantini

Rhétorique de la lecture et compétence formalisatrice, par Christine Noille.

Introduction à la logique des discours, entretien avec Guillaume Artous-Bouvet

Marivaux ou le roman possible, par Marc Escola

Recherche, hypothèses et sérendipité, par Carlo Ginzburg (enregistrement audio)

Comment ennuyer le lecteur? Par Pierre Bayard

«Nous n'avons pas lu le même livre», par Bérenger Boulay

Comment ne pas décourager le lecteur? À propos de P. Bayard, Senancour, Marivaux, par Jean-François Perrin.

Témoigner de Paul Celan: figures de la réticence dans un avant-texte d’André du Bouchet, par Victor Martinez

Les genres de L'Illusion comique: pièces possibles et genres fantômes, par Bénédicte Louvat et Marc Escola

Suite...

Fil d'informations RSS Fil d'information RSS   Fabula sur Facebook Fabula sur Facebook   Fabula sur Twitter Fabula sur Twitter