Contre l'auteur, tout contre ?

Lire contre l'auteur, ne serait-ce pas lire aussi lire tout contre, s'appuyer en s'opposant, et par cet appui polémique se donner les moyens d'écrire la suite? La lecture contrauctoriale ne serait-elle pas une manière de renvoyer le discours proauctorial à son statut de discours non pas descriptif, mais persuasif, dire que l'autorité n'est pas une question de validation, mais de persuasion? Telles sont deux hypothèses, parmi d'autres, auxquelles a conduit le séminaire en résidence "
Lire contre l'auteur", organisé par l'équipe Fabula en septembre 2009, en partenariat avec le projet HERMÈS (Histoires et théories de l'interprétation). On pourra découvrir l'ensemble des propositions et des conclusions nées durant cette semaine de réflexion collective, en lisant dans l'atelier l'
introduction générale qui a servi de base de travail, les
résumés des différentes communications proposées dans ce cadre, un
compte rendu des ateliers, et une première
synthèse des travaux, dont un volume collectif viendra rendre compte dans quelques mois.
Fabula, aujourd'hui

Fabula, c'est aujourd'hui : un groupe de recherche, un site de 30 000 pages, un atelier et deux revues, une
vingtaine de colloques en ligne en libre accès et des centaines de comptes rendus, 700 000 visites par mois, un fil twitter (
@fabula), des
flux rss, un
widget dashboard (mac), une
liste de diffusion, une
version optimisée pour Iphone, un
groupe Facebook, une équipe de
douze bénévoles aidés par une quinzaine de correspondants sur deux continents, un partenariat avec une
grande école et plusieurs équipes de recherche - et toujours sans aucune aide des pouvoirs publics en plus de dix ans d'existence...
Du côté de chez Hermann

De plus en plus rares sont les maisons d'édition à prendre le risque de publier des essais sur la poésie. L'éditeur Hermann est de ceux-là, qui a fait paraître une dizaine de titres au cours des derniers mois, parmi lesquels le récent livre de
M. Deguy, La fin dans le monde, livre de philosophie signé par un poète auquel M. Rueff a consacré un essai sous le titre
Différence et identité. Michel Deguy, situation d'un poète lyrique à l'apogée du capitalisme culturel. Ou encore:
L'Absolu comparé. Littérature et traduction. Une séquence moderne: Coleridge, De Quincey, Baudelaire, Rimbaud d'Eric Dayre, les
Pensées sur la scène primitive. Yves Bonnefoy, lecteur de Jarry et de Lély, par P. Née,
Paul Valéry. Le poème et la danse par V. Fabbri. Signalons aussi
L'Offrande lyrique, un volume collectif sous la direction de
J.-N. Illouz, qui traite de la place de l'autre dans le poème, de l'Antiquité à l'extrême-contemporain, et, de L. Zimmermann,
La littérature et l'ivresse. Rabelais, Baudelaire, Apollinaire, un ouvrage
dont A.-L. Rigeade rend compte dans la dernière livraison d'
Acta Fabula.
Penser le Temps

Au programme des actualités du Temps, ses figures... au croisement foisonnant de la littérature, des arts et des sciences. Du 26 au 28 nov., se tiendra à Bordeaux 3 un colloque sur les
« Représentations et figures du temps dans la littérature et le cinéma fantastique et de science-fiction ». Du 2 au 5 décembre, à Besançon (Musée du Temps et Observatoire pour l'histoire et la mesure), une manifestation sur
Temps, rythmes, mesures… Figures du temps dans les sciences et les arts, qui rassemblera des chercheurs de nombreuses disciplines : temps de la philosophie, psychologique, musical ou humain, temporalités modernes ou présent seront évoqués dans le cadran de ses journées... On prendra encore le temps de se rendre, du 27 au 28 novembre, à la Maison Henrich Heine pour une journée
Sur les traces de la trace avec Benjamin (dont l'actualité est manifeste), Celan, Klee, Barthes ou Derrida. Ou, les 11 et 12 janvier prochains, à l'Université de Haïfa, pour la
Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines autour d'oeuvres poétiques contemporaines (françaises et autres) des dernières décennies du XX
e siècle jusqu'à nos jours. De quoi mettre la littérature à l'épreuve du temps et des arts!
Pinget contemporain

Au lendemain d'un colloque international
Robert Pinget contemporain, saluons, en même temps que la création d'un
site web consacré à l'oeuvre de Pinget, la parution de plusieurs titres inédits :
une pièce en un acte Malicotte-la-Frontière et un roman La Fissure (éd. Métis Presse) ainsi que
Mahu reparle (éd. des Cendres), un texte de 1968 retrouvé par M. Mégevand & N. Piégay-Gros dans le fonds de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. La
revue Fusées offre aussi ce mois-ci un dossier sur l'auteur de
L'Inquisitoire. Parmi les ressources propres de Fabula, on pourra trouver un article de D. Ruffel dans l'un de nos colloques en ligne sur
L'effet de fiction :
"L'écriture-fiction de R. Pinget", et, dans les pages d'
Acta fabula, la recension d'une
livraison de la revue Europe consacrée en 2004 à Pinget :
"Le texte et le néant", par S. Labeille.
L'archéologie de Giorgio Agamben

Viennent de paraître coup sur coup deux titres de G. Agamben jusqu'alors inédits en français:
Le Sacrement du langage. Archéologie du serment, traduit par J. Gayraud (Vrin), et
Nudités (Rivages) dans une traduction de M. Rueff qui
s'entretiendra avec le philosophe le 12 nov. prochain au théâtre de l'Odéon dans le cadre des "Traversées philosophiques". S. Daireaux vient de rendre compte de ce même recueil d'essais sur le site nonfiction.fr:
"Que nous dévoile la nudité?". On trouvera encore un bref essai de G. Agamben dans le volume récemment paru
Démocratie, dans quel état? (La Fabrique). Rappelons à cette occasion l'un des rares ouvrages collectifs consacrés à la pensée de G. Agamben:
La littérature en puissance (VLB éd., Montréal).
Poétique de l'Histoire

Souvent cités et critiqués mais finalement peu lus, faute notamment d'avoir été traduits, les travaux de Hayden White sur l'écriture de l'Histoire (voir l'entrée
"Historiographie" de l'Atelier de théorie littéraire) sont surtout connus en France par l'intermédiaire de P. Ricoeur et par les réactions, parfois nuancées (R. Chartier), parfois plus tranchées (C. Ginzburg), qu'ils ont suscitées chez les historiens. Dans un dossier intitulé
"Patates chaudes" : poétique, savoirs, politique, la 33e livraison de la revue
Labyrinthe propose la première traduction française de l'introduction de
Metahistory (1973), le plus célèbre des ouvrages de White. Rappelons aussi la parution des troisième & quatrième livraisons de la revue
Écrire l'histoire, consacrées à la question du "détail".