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Littérature et relations : l’hypothèse d’une « littérature relationnelle »

Crédit Clara Moreira. Tous droits réservés.

La littérature fait relation du monde. Elle en relate les histoires, les événements, en décrit les espaces, les fonctionnements, les modes d’être. Elle met en œuvre les relations humaines et les relations que les humains développent avec leur environnement, leurs territoires. Elle fait mémoire de ce qui fut, dessine ce qui pourrait être, arpente les contrées de l’imaginaire. C’est là sa vocation originelle. Elle a pu, cependant, s’en détourner partiellement pour s’interroger elle-même, ausculter ses formes, éprouver ses limites. Ce temps est désormais dépassé et, forte des expérimentations que la période formaliste lui a offertes, elle est revenue au monde, dont elle dit les tensions et les fractures.

Ce faisant elle engage de nouveaux dialogues avec les disciplines qui se sont donné ces questions pour objet : l’histoire, la sociologie, l’anthropologie… S’inventent alors des échanges inédits, des emprunts réciproques, des partages singuliers. C’est à cette dimension relationnelle de la littérature contemporaine que, reprenant à Édouard Glissant sa formule, le présent volume consacre ses études. Prenant acte de nouvelles approches critiques, il met en évidence la sortie de l’autonomie littéraire et montre que les écrivain·e·s s’avancent sur les terrains des sciences sociales.

Il fait apparaître aussi comment s’élaborent, dans l’espace littéraire, de nouveaux liens, un souci des lieux et des relations sociales, une attention à tous et à chacun, aux communautés de lecteurs et de lectrices. L’étude des émotions, de l’empathie, du care met l’accent sur cette capacité à penser le lien commun.

Ces diverses dimensions relationnelles actualisées par la production littéraire permettent-elles d’identifier une nouvelle période dans l’histoire de la littérature, que l’on pourrait désigner sous le nom de « modernité relationnelle » ? Les interventions ici réunies mettent à l’épreuve une telle proposition, étudient les œuvres littéraires emblématiques et les pratiques qui permettent de la soutenir, identifient les obstacles et les réserves qu’une telle suggestion peut rencontrer.

(Photographie : Clara Moreira. Tous droits réservés.)

Textes réunis par Tiphaine Samoyault (CRAL, EHESS/CNRS), Ana Kiffer (PUC Rio), Alexandre Gefen (CNRS) et Dominique Viart (IUF - Paris Nanterre)

Mis en ligne avec le soutien du CNRS-SHS

DOI : https://doi.org/10.58282/colloques.14087