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Octave Mirbeau et les États-Unis. Regards croisés sur la réception critique de l'œuvre mirbellienne dans le Nouveau Monde (Chicago Univ., Paris)

Octave Mirbeau et les États-Unis. Regards croisés sur la réception critique de l'œuvre mirbellienne dans le Nouveau Monde (Chicago Univ., Paris)

Publié le par Marc Escola (Source : Arnaud Coulombel)

Octave Mirbeau et les Etats-Unis

Regards croisés sur la réception critique de l’œuvre mirbellienne dans le Nouveau Monde

13-15 décembre 2017

Colloque international co-organisé par l’Université de Chicago,

la Bibliothèque Nationale de France et la Société Octave Mirbeau

 

Aux États-Unis, l’œuvre de Mirbeau a reçu très tôt un accueil favorable. Nombreuses furent en effet outre-Atlantique les publications en français de ses romans et de ses pièces les plus célèbres à destination d’un public francophone local, mais aussi les traductions qui parurent du vivant de l’auteur et tout au long du XXeme siècle. Le XXIe siècle n’a fait que confirmer cet intérêt pour les écrits mirbelliens. Ainsi, en 2015, sont parues les premières traductions américaines de Dans le ciel  (traduit par Ann Sterzinger) et des 21 jours d’un neurasténique (traduit par Justin Vicari).

Cet intérêt jamais démenti d’un lectorat américain pour l’auteur du Journal d’une femme de chambre se double encore d’une réception critique à bien des égards remarquable. Dans aucun autre pays étranger sans doute, l’œuvre de Mirbeau n’a suscité une telle production d’études et d’articles scientifiques. Dès 1966, à une époque où Mirbeau était encore largement ignoré par l’université française,  Martin Schwarz, professeur à l’Université de Virginie, publiait sa thèse  Octave Mirbeau. Vie et œuvre. A partir de cette date, les travaux consacrés à Octave Mirbeau se sont multipliés outre-Atlantique notamment sous l’impulsion de Robert Ziegler, professeur à l’Université du Montana,  dont les études récentes (The Nothing Machine: the Fiction of Octave Mirbeau (2007); Octave Mirbeau’s Fictions of the Transcendental (2015)) ont contribué, par leur approche psychanalytique, au renouvellement des études mirbelliennes.

Le colloque « Octave Mirbeau et les Etats-Unis. Regards croisés sur la réception critique de l’œuvre mirbellienne dans le Nouveau Monde », co-organizé par l’Université de Chicago (Françoise Meltzer), la Société Octave Mirbeau (Pierre Michel) et la Bibliothèque Nationale de France aura pour but de faire dialoguer ensemble spécialistes américains et européens d’Octave Mirbeau autour de trois thèmes centraux dans l’œuvre mirbellienne qui ont particulièrement retenu la critique américaine : nature et animalité ; la représentation de la femme à la Belle Epoque et enfin littérature et peinture.

Nature et animalité chez Mirbeau :

Pourfendeur de la société bourgeoise et technicienne, critique virulent de l’idée de progrès, Octave Mirbeau fut un ardent défenseur de la nature dans la lignée de Rousseau et de Montaigne. Cependant, cette défense de l’environnement, menacé de mort par la folie du système capitaliste, et des instincts naturels, par opposition aux « besoins artificiels » et à l’hypocrisie morale créés par la société moderne, n’est pas sans paradoxe. Pour Mirbeau, en effet, la nature obéit à « la loi du meurtre ». Il sait que l’homme si civilisé qu’il se prétende, est encore bien souvent dominé par des impulsions homicides qui lui viennent de ses ancêtres, les grands singes « cruels et lubriques ». Le monde naturel et animal est donc aussi celui de la cruauté décrite avec force et précision dans le Jardin des Supplices. Quelle part l’animalité occupe-t-elle dans la réflexion d’Octave Mirbeau sur l’homme et son devenir ? Qu’est-ce que l’animal peut nous apprendre sur la place et le rôle de l’homme dans le monde ? Comment Octave Mirbeau décrit-il les rapports entre le monde des hommes et celui des animaux, notamment dans son dernier roman Dingo dont le personnage principal n’est autre qu’un chien ?  C’est à ces questions entre autres que la première demi-journée du colloque souhaiterait apporter des réponses en s’appuyant, si cela est jugé pertinent, sur les travaux théoriques récents dans le domaine des Animal Studies et de l’ecocritiscism qui ont vu le jour en Amérique du Nord.  

La représentation de la femme à la Belle Époque :

À l’instar de Léon Daudet qui dans un article de 1936 qualifia Octave Mirbeau de « gynophobe », on a souvent considéré l’auteur du Jardin des Supplices comme un des représentants les plus emblématiques de la misogynie Fin de siècle. Emily Apter dans les travaux qu’elle a consacrés à Mirbeau a contribué à renforcer cette image de misogyne associée à l’écrivain. La deuxième demi-journée du colloque consacrée à la représentation dans la femme à la Belle Epoque souhaiterait questionner cette interprétation univoque des écrits de Mirbeau en mettant notamment  l’accent sur la critique de la condition sociale réservée aux femmes présente dans les écrits romanesques (Le Journal d’une femme de Chambre) et les œuvres théâtrales (Les affaires sont les affaires). La question de la représentation de la femme chez Mirbeau sera encore abordée à travers l’analyse des trois adaptions cinématographiques du Journal d’une femme de chambre (Renoir, Bunuel et Jacquot) et de la réception de ces films outre-Atlantique. 

Littérature et peinture :

Octave Mirbeau fut une des plus ardents défenseurs de l’avant garde artistique de la fin du XIXeme siècle et du début du XXieme siècle. Ami de Rodin et de Monnet, grand admirateur de Pissaro et de Camille Claudel, Mirbeau n’aura de cesse pendant toute sa vie de faire reconnaître l’art des Impressionnistes. La deuxième journée du colloque privilégiera deux axes d’analyse : la contribution d’Octave Mirbeau à la critique esthétique de son temps et les relations qu’entretiennent critique esthétique et création romanesque chez Mirbeau.

*

Co-organisé en partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France et la Société Octave Mirbeau, ce colloque viendra clore les festivités organisées en 2017 pour la célébration du centenaire de la mort d’Octave Mirbeau. Avec le colloque  « Zola, Mirbeau et le naturalisme » qui s’est tenu les 8-10 juin 2017 à l’Université de Debrecen en Hongrie,  et la journée d’étude du 9 novembre « Octave Mirbeau en toutes langues » organisée à Grenade, le colloque « Octave Mirbeau et les Etats-Unis » voudrait en particulier contribuer à une meilleure connaissance du rayonnement international de l’œuvre d’Octave Mirbeau.

 

Programme provisoire

Mercredi 13 décembre

18h00 Bibliothèque Nationale de France, site François Mitterrand, avenue de France, salle S70 : conférence inaugurale « Octave Mirbeau et les Etats-Unis » par Pierre Michel, président de la Société Octave Mirbeau.

 

Jeudi 14 décembre

Université de Chicago, Centre à Paris, 6 rue Thomas Mann 75013

Matin

Nature, corps et animalité dans l’œuvre mirbellienne

Présidente de séance : Françoise Meltzer (Université de Chicago)

 

9h00 - 9h30 : accueil et mot de bienvenue

 

9h30 Samuel Lair (Vice-Président de la Société Octave Mirbeau)

« Le mythe de la nature chez Mirbeau » (titre provisoire)

10h00 Chloe VandenBerghe (Université Libre de Bruxelles)

« Dans les yeux de Dingo : l’humain en question »

10h30 Alain (Georges) Leduc (Ecole supérieure d'Art de Lorraine/ESAL)

« Dingo. Croc Blanc. Deux chiens politiques »

 

11h00 – 11h15  Discussion

 

11h15 -11h30 pause

 

11h30 Anita Staron (Université de Lodz)

« Les jardins de Mirbeau et de Rachilde – un rêve empoisonné »

12h00 Bertrand Marquer (Université de Strasbourg)

« Les langages du corps dans L’Abbé Jules »

12h30-12h45 Discussion

Déjeuner

 

Jeudi 14 décembre

Après-midi

Octave Mirbeau et la représentation de la femme à la Belle Epoque

Président de séance : Pierre Michel (Société Octave Mirbeau)

14h00 Ludivine Fustin (Université Paris-Sorbonne, Cellf)

« Le cynisme au féminin dans l’œuvre d’Octave Mirbeau »

14h30 Lisa Rodrigues Suarez (Université Paris-Sorbonne, Cellf)

 « De l’insuffisance à l’excès : ambiguïté du consumérisme chez la femme mirbellienne » 

15h00 – 15h15 Discussion

15h15 – 15h30 Pause

15h30 Lucia Campanella (Universidad de la Republica, Uruguay):

« Réception de l'oeuvre de Mirbeau au Rio de la Plata : la figure de la femme travailleuse »

16h00 Elizabeth Muelsch (Angelo State University)

« Le journal d’une femme de chambre et le journal d’une concierge. Sur la réception de Célestine et de Renée Michel aux Etats-Unis » 

16h30 - 17h00 Discussion

 

Vendredi 15 décembre

Université de Chicago, Centre à Paris, 6 rue Thomas Mann 75013

Matin

Octave Mirbeau, critique d’art

9h30 Marie-Bernard Bat (Université Paris-Sorbonne, Cellf),

« Mirbeau amateur d’art et collectionneur éclairé »

10h00 Christian Limousin (poète et critique d’art)

 « Octave Mirbeau et l’érotisme dans l’art »

10h30 - 10h45 : discussion

10h45 -11h00 : Pause

11h00 Andrei Pop (Université de Chicago)

« Mirbeau, ennemi de l’absolu ? »

11h30 – 12h00 Annamaria Laserra (Université de Salerne)

« La tentation de la science dans l’experience artistique de Lucien (Dans le Ciel) »

Discussion

 

Vendredi 15 décembre

Après-midi

 Dans le Ciel

Littérature et peinture chez Octave Mirbeau

14h00 Ann Sterzinger (romancière et traductrice)

« Dans le Ciel, une expérience de traduction »

Table ronde autour de Dans le Ciel: Annamaria Laserra, Ann Sterzinger, Christian Limousin, Marie-Bernard Bat, Pierre Michel