Journée d’étude
« La critique d’art dans l’espace européen, d’une langue à l’autre », 19 novembre 2026, Université Rennes 2
Dans le cadre de l’axe 4 du CELLAM (Confluences : littérature et arts), une journée d’étude sera consacrée à la critique d’art, abordée dans une perspective interlinguistique et interculturelle. Après une première journée consacrée à la critique musicale, nous organisons le 19 novembre prochain une deuxième journée consacrée aux arts plastiques avant une troisième journée sur la critique littéraire. Il s’agira d’étudier la manière dont la critique publiée dans un espace linguistique donné sélectionne des œuvres produites dans un espace linguistique et culturel différent et en rend compte. Pourront être abordés aussi bien des textes publiés dans la presse quotidienne ou dans des revues spécialisées que des critiques insérées dans le cadre plus vaste de récits de voyage ou de mémoires. Les contributions s’attacheront à analyser la façon dont la critique aborde l’altérité culturelle, les stratégies discursives qu’elle met en œuvre pour tenter soit d’atténuer cette altérité, soit de la mettre en exergue, et les objectifs qu’elle s’assigne (découverte de nouveaux univers, recherche de l’exotisme ou de l’étrangeté, assimilation et récupération, rejet au nom d’une supposée supériorité nationale…).
À travers des études de cas empruntés à divers espaces culturels européens et à des époques pouvant aller du XVIIIe au XXIe siècle, on cherchera à montrer de quelle manière se constitue un espace de discussion international et comment la critique rend compte, à partir de son propre système de valeurs et de ses a priori esthétiques, et en fonction d’un horizon d’attente spécifique, de produits artistiques et littéraires conçus dans un contexte plus ou moins éloigné. Les arrière-plans idéologiques et politiques, qui jouent souvent un rôle décisif dans les choix esthétiques défendus pas la critique (par exemple chez Roman Rolland) devront être également pris en compte. On s’attachera à montrer comment, par ses choix et ses appréciations, la critique internationale a pu favoriser ou, à l’inverse, entraver la circulation des œuvres dans l’espace européen (on pensera par exemple au rôle joué par Berta Zuckerkandl pour la promotion de l’œuvre de Rodin en Autriche).
On montrera comment elle peut également, par des mécanismes de transfert culturel, donner de nouvelles impulsions à la création autochtone. On pensera ainsi, pour les arts plastiques, à l’influence des discours sur la peinture italienne (Raphaël) dans les différents espaces européens ou bien, dans le domaine littéraire, aux récits d’E.T.A. Hoffmann, dont la réception par la critique hexagonale est à l’origine d’un discours critique typiquement français sur le genre fantastique (assorti d’une impressionnante vague de création littéraire), alors que la notion est presque absente des discours tenus outre-Rhin. On pourra également penser, concernant l’art des sons, au rôle joué par les critiques consacrées par Théophile Gautier aux opéras de Rossini et de Donizetti dans l’acclimatation des opéras italiens au sein de l’espace francophone, et à la façon dont elles ont informé les goûts musicaux français, influençant au final la production musicale autochtone. Il faudra bien évidemment prendre en compte la question de la traduction, qu’il s’agisse de la traduction de certaines notions esthétiques (pouvant éventuellement donner lieu à des contresens productifs) ou bien de la parution de critiques étrangères traduites dans des publications autochtones : on examinera alors les points de divergence et les points de convergence entre la critique locale et la critique « importée ». Les exemples ici donnés visent seulement à stimuler la réflexion et ne sauraient être entendus comme contraignants ou limitatifs.
Les propositions de communication (titre plus bref résumé) doivent être envoyées pour le 15 mai 2026 à l’une des deux adresses suivantes :