Mettre en question le (non-)soin: Imaginaires de réparation et de guérison contemporains
Les réalités contemporaines qui traversent les espaces francophones sont marquées par des formes de négligence, de dégradation et de mise en danger systémiques qui touchent des populations, voix, et territoires longtemps minorisés ou/et invisibilisés. Ces violences, façonnées par l'imaginaire colonial et capitaliste dominant, génèrent des ruptures dans les dynamiques de soin, fragilisant les corps humains et non-humains, ainsi que les écosystèmes, et posant des défis majeurs sur les plans sanitaire et environnemental. On peut par exemple penser à la pollution au chlordécone en Martinique et en Guadeloupe; l'épidémie de cancers liée aux retombées radioactives des essais nucléaires en Polynésie française; ou encore le pillage et la dépossession des ressources dans de nombreux contextes géographiques.
Cette session s'ancre dans la volonté de politiser, d'historiciser et surtout d'interroger les pratiques systémiques et structurelles de non-soin contemporaines. À partir de cette impulsion initiale, cette session se propose d'explorer les récits et pratiques littéraires et artistiques contemporains qui permettent de porter un éclairage sur ces différents types de violence, ainsi que de questionner les possibles formes de réparation et de guérison. Il s'agira donc d'analyser comment les interprétations et (ré)écritures du non-soin permettent de voir, dire, ou encore vivre autrement.
Ainsi, que nous disent les textes littéraires et les productions artistiques sur le non-soin ? Comment ceux-ci se positionnent-ils vis-à-vis de ces violences systémiques et de leurs conséquences ? Comment penser les liens entre littérature, arts et non-soin, mais aussi les liens entre littérature, arts et guérison/réparation ? Cette session encourage une interprétation expansive du (non-)soin et invite des perspectives interdisciplinaires, à l'intersection des études littéraires et culturelles, des humanités médicales, des trauma studies, des care studies, et des études décoloniales.
Proposition de communication (250-300 mots en français) à envoyer d’ici le 23 mars 2026 à Jennifer Boum Make (Georgetown University) à l’adresse jb2899@georgetown.edu.
Veuillez y inclure votre nom, votre affiliation universitaire et votre adresse électronique.