États anormaux, états illégaux : les problématiques bioéthiques dans les œuvres de Justine Arnal, Marie Darrieussecq et Emmanuelle Bayamack-Tam. Soutenance de Katie Travers (Sorbonne nouvelle)
Le 30 Mars 2026 à 14h (amphithéâtre Durkheim)
Soutenance de thèse de doctorat en littérature française de Katie Travers
Université Sorbonne Nouvelle, ED 120 Littérature Française et Comparée, UMR (Unité Mixte de Recherche) Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité 7172
États anormaux, états illégaux : les problématiques bioéthiques dans les œuvres de Justine Arnal, Marie Darrieussecq et Emmanuelle Bayamack-Tam
Thèse dirigée par
Alain ROMESTAING, HDR et professeur des universités à l’Université Clermont Auvergne.
Composition du Jury :
Monsieur Alain SCHAFFNER, Professeur à la Sorbonne Nouvelle
Madame Anne CASTAING, Chargée de recherche, HDR
Madame Catherine MILKOVITCH-RIOUX, Professeure à l’Université Clermont Auvergne
Madame Alice BRAUN, Maitresse de conférences à l’Université Paris-Nanterre
Madame Maria de JESUS CABRAL, Professeure à l’Université d'Aveiro
Résumé de la thèse :
Cette thèse examine la manière dont un corpus de littérature féministe contemporaine met en jeu des problématiques bioéthiques autour de la réproduction humaine. Ces textes se regroupent en raison de leurs représentations des vies des femmes, du genre et de problématiques bioéthiques. Ces problématiques incluent la fécondation in vitro, la modification génétique de l’embryon, et le clônage, la procréation médicalement assisté, le viol, le mariage, le droit familial, les droits des homosexuelles et des femmes célibataires, l’infanticide, l’infibulation, l’intersexualité et le corps et sa représentation, plus généralement.
Ces œuvres permettent un aperçu des bienfaits, des risques et des potentialités de ces nouvelles interventions dans le contexte de la reproduction ; la littérature nous offre un aperçu particulier, car la fiction raconte une histoire sans égard pour la loi. Dans leur ensemble, ces textes décrivent des populations marginalisées en raison de leur identité sexuelle, de leur expression du genre ou de leur genre en lui-même, de leur race, ou de leur statut socioéconomique. Ils éclairent les désirs de ces populations face aux lois qui les encadrent — qu’elles soient respectées ou non. Ils permettent une analyse de la reproduction et du désir d’enfant dans différents contextes : communautés homosexuelles, intersexuelles, et dans des familles monoparentales ou hétérosexuelles. Mais ils abordent également d’autres problèmes en rapport avec le genre, la sexualité, la reproduction et la marginalisation, tels que le harcèlement, l’infanticide, le viol, l’insemination illégale, entre autres actes illégaux. La focalisation sur la reproduction dans cette thèse nécessite une analyse de la famille, du couple, de la maternité et de la paternité, nous permettant de découvrir les tabous liés à ces institutions, ainsi que leurs potentialités et leurs limites.