"Illustrer Tolkien : la Terre du Milieu du texte à l'image", soutenance de thèse de M. Bretagnolle (dir. Vincent Ferré & Isabelle Gadoin, Paris 12)
Marie Bretagnolle, doctorante à l'Université Paris-Est Créteil en littérature générale et comparée, soutiendra le 10 février 2026 sa thèse intitulée "Illustrer Tolkien : la Terre du Milieu du texte à l’image", préparée sous la direction de Vincent Ferré (UPEC puis Paris 3 Sorbonne-Nouvelle) et Isabelle Gadoin (Paris 3 Sorbonne-Nouvelle).
La soutenance aura lieu à 14h à l'UPEC, campus centre, salle des thèses, bâtiment P2.
Le jury sera composé de :
- Leo Carruthers (Université Paris Sorbonne), rapporteur ;
- Vincent Ferré (Université Sorbonne Nouvelle), co-directeur ;
- Isabelle Gadoin (Université Sorbonne Nouvelle), co-directrice ;
- Yolaine Parisot (Université Paris-Est Créteil) ;
- Maxime Leroy (Université de Haute Alsace), rapporteur.
Pour assister à la soutenance en personne ou à distance via visioconférence, veuillez contacter la doctorante.
Résumé de la thèse :
Comment les artistes illustrant le Légendaire tolkienien s’emparent-ils et elles des mots pour en faire des images ? Cette question, à la frontière entre la littérature et l’histoire de l’Art, n’avait jusqu’aux années 2000 pas été traitée dans les études tolkieniennes. Elle demeure en marge des études consacrées à J.R.R. et Christopher Tolkien mais permet pourtant d’apporter un nouvel éclairage à leur œuvre. Si le travail graphique de J.R.R. (illustrations au crayon et à l’aquarelle, cartes) et Christopher (principalement des cartes) Tolkien a fait l’objet de plusieurs études dues à Wayne G. Hammond et Christina Scull, celui des artistes leur faisant suite a bien longtemps dû parler de lui-même.
Bien que des artistes connus du grand public comme Alan Lee et John Howe (célèbres moins pour leur illustrations que pour leur travail auprès du cinéaste néo-zélandais Peter Jackson) aient publié des livres de croquis retraçant leur parcours en Terre du Milieu et au-delà, aucun travail universitaire d’ampleur ne leur avait encore été consacré en 2017, date de début de ce travail. Les autres artistes anglophones de ce corpus (Pauline Baynes, Jemima Catlin, Ferguson Dewar, Eric Fraser, Ingahild Grathmer, Michael Hague, Francis Mosley, Ted Nasmith et David Wyatt) n’ont pas plus fait l’objet d’un travail de recherche en profondeur.
Afin de limiter l’étendue de ce travail, le corpus est constitué des éditions des textes du Légendaire en anglais, comportant des illustrations à l’intérieur des livres et pas seulement sur la couverture. Cela réduit le corpus à une vingtaine d’ouvrages, certains étant réédités et bénéficiant de nouvelles illustrations.
Cette thèse vise à explorer leur travail d’illustration du Légendaire à travers le prisme des relations texte-image. Pour cela, des entretiens sont menés avec les artistes disponibles afin d’assurer la fidélité des études iconographiques à la vision des artistes. Leur témoignage occupe une place centrale dans cette étude.
Une des particularités du travail de J.R.R. Tolkien étant l’interdépendance entre le texte et l’image dans les manuscrits de l’écrivain, les œuvres graphiques de ce dernier constituent nécessairement un point de comparaison essentiel avec les artistes qui lui ont succédé.
Ce travail est divisé en quatre grandes parties comportant chacune trois chapitres. La première concerne certaines questions qui se présentent lorsqu’on envisage une édition illustrée d’un texte du Légendaire : quel est l’avis de J.R.R. et Christopher Tolkien sur les illustrations, de quel texte parle-t-on, et comment l’image est-elle intégrée dans l’objet-livre ?
La deuxième grande partie de cette étude est consacrée à l’influence des illustrations de J.R.R. Tolkien sur les autres artistes, notamment à travers le cas spécifique du Hobbit et la notion de beauté chez J.R.R. Tolkien et dans les illustrations.
La troisième partie s’ouvre sur un développement autour de l’expression « du texte à l’image » en considérant par exemple la transposition visuelle des descriptions d’une part et de la narration d’autre part, deux modes du texte qui impliquent des stratégies différentes de mise en image.
Enfin, la quatrième partie aborde les notions d’imaginaire et de fantasy dans les illustrations et les liens avec l’Histoire de l’Art de notre monde, avant de conclure sur la question de l’invisibilité qui est au cœur des intrigues du Seigneur des Anneaux et du Hobbit.
Ainsi, cette thèse met en lumière le travail d’artistes jusqu’ici peu considérés par les études universitaires du fait de leurs marginalisations multiples : à la marge des Beaux-Arts du fait de la reproductibilité de leurs œuvres, mais également à la marge de la littérature, la « fantasy » étant encore parfois considérée comme un genre inférieur. Pourtant, leurs œuvres continuent de donner à voir la Terre du Milieu à travers les nouvelles éditions illustrées publiées par des maisons d’édition historiques comme HarperCollins.
Mots-clés
J.R.R. Tolkien, illustration, relations texte-image, Terre du Milieu, Alan Lee, Ted Nasmith.