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Orsay, 40 ans après

Orsay, 40 ans après

Publié le par Perrine Coudurier (Source : Victor Claass)

Orsay, 40 ans après
Colloque international à l'occasion du 40e anniversaire du musée d'Orsay

Paris, 2-3 décembre 2026 

L’année 2026 marque le quarantième anniversaire du musée d’Orsay, ouvert au public le 9 décembre 1986. Dans le cadre des célébrations associées à cette date événement, l’Établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing organise les 2 et 3 décembre 2026 un colloque scientifique international qui rassemblera à Paris des spécialistes de disciplines et de provenances géographiques variées. Il ambitionne de remettre perspective l’histoire du musée d’Orsay et son rôle clé dans la perception et la mise en récit des développements artistiques de la seconde moitié du XIXe et du début du XXe siècle. Cet événement remettra en lumière les connaissances et les réflexions sur le contexte intellectuel et culturel ayant vu la naissance de cette institution, tout en explorant ses développements plus récents. À travers le musée d’Orsay, c’est aussi la contemporanéité du XIXe siècle qui est en question : que représente ce siècle pour nous aujourd’hui ? Quel est son avenir ?

Ce regard à la fois réflexif, actuel et prospectif devrait livrer la trame d’un ouvrage collectif à paraître en 2027 aux éditions du Centre de ressources et de recherche Daniel Marchesseau. Le sujet fera parallèlement l’objet d’un numéro spécial de la première livraison de la revue 48-14. La nouvelle revue scientifique des musées d’Orsay et de l’Orangerie (à paraître à l’automne 2026) et d’un dossier spécial au sein de la Revue du Louvre.

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Dès sa phase de préfiguration, puis au moment de sa révélation au public français et international, le musée d’Orsay s’est trouvé au cœur de nombreux débats, parfois vifs, impliquant actrices et acteurs des milieux de l’histoire de l’art, de la muséologie, de l’architecture, du patrimoine ; et plus vastement du monde de l’art et de la politique culturelle. Qu’il s’agisse du devenir de la gare d’Orsay, du découpage chronologique proposé et de la répartition nouvelle des collections nationales qui s’ensuivit, de l’enrichissement de ces collections (notamment dans de nouveaux domaines comme la photographie ou les arts décoratifs), de la place accordée aux courants dits académiques, aux « écoles étrangères » ou au contexte historique et culturel au sein du parcours, des choix architecturaux et muséographiques réalisés, voire encore des enjeux politiques et symboliques associés au geste culturel qu’il devait incarner entre la création du Centre Pompidou et le projet du Grand Louvre, la naissance du musée d’Orsay peut être abordé à travers une grande variété d’angles d’approche. Un numéro de la revue Le Débat (« Orsay : vers un autre XIXe siècle ») publié au printemps 1987 cristallisa certaines des discussions d’époque en confrontant les opinions sur le rôle et la nature d’un musée consacré à la seconde moitié du XIXe siècle – au risque de figer quelque peu notre lecture des événements et du « moment » Orsay – ; tandis que les actes d’un colloque qui fit date, Histoire de l’art du XIXe siècle (1848-1914) : bilans et perspectives, organisé à l’École du Louvre en marge des célébrations des 20 ans du musée, contribuèrent à élargir davantage encore le périmètre critique des discussions. D’importantes contributions scientifiques se sont depuis ressaisies de l’histoire de l’institution et de ses héritages variés, signe de la place déterminante du musée d’Orsay dans l’historiographie et la présentation, aux yeux de ses publics, des arts et de la culture visuelle du second XIXe siècle à la Première Guerre mondiale.

C’est l’impact du musée d’Orsay depuis sa création, ses effets et contre-effets sur l’historiographie des arts de la période 1848-1914 et sur la vie muséale en France comme au plan international qui sera au cœur de ce colloque, qui envisagera à parts égales les dynamiques intellectuelles l’ayant à l’inverse façonné et perpétuellement remodelé. Par une série de conférences et de tables rondes déployées autour de grands thèmes, il cherchera à offrir des analyses inédites de l’histoire du musée, depuis sa période de préfiguration jusqu’à son actualité la plus récente. Tout en prenant acte des débats ayant entouré la création de l’institution en 1986, ce colloque encouragera toute approche permettant d’éclairer sous un jour nouveau la naissance du musée d’Orsay et les enjeux multiples associés cet événement.

Parmi les axes envisagés figurent les suivants, que les réponses au présent appel permettront d’affiner et de compléter :

STRUCTURES / Inventer une évidence

Inventer/fabriquer une institution : le musée d’Orsay comme construction politique, culturelle et idéologique plus que comme évidence patrimoniale. Celles et ceux qui ont fait Orsay : personnes, trajectoires, carrières.

Le fantôme d’une gare : Orsay comme palimpseste architectural. Le « sauvetage » de la gare d’Orsay, mythes et réalités. Orsay comme fiction patrimoniale et espace continuellement réinvesti.

Monument ou machine ? Le musée d’Orsay comme lieu de mémoire, de projection poétique et de mise en scène du XIXe siècle.

Support/surface : un musée dans une gare, l’architecture d’ACT (R. Bardon, P. Colboc, J.-P. Philippon) et la muséographie de Gae Aulenti dans le contexte architectural et du design de son temps.

Les publics d’Orsay : quarante ans, 140 millions de visites. Quelle articulation entre visiteurs internationaux (venant pour les plus nombreux d’entre eux des États-Unis, mais aussi d’Europe, du Japon et de Corée par exemple) et public de proximité ? Quels usages du musée pour quel(s) public(s) ? Le musée d’Orsay comme forum. Circulation des collections et événements « hors les murs ».

OBJETS / Classer, hiérarchiser, répartir, rassembler

L’invention des collections : rassembler des collections, partir de zéro (photographie) ou presque (arts décoratifs).

Le parcours comme discours : permanence, mobilité et réécritures successives du XIXe siècle.

L’ambition pluridisciplinaire : promesse fondatrice ou compromis instable ? Croisements et confrontations transdisciplinaire (parcours, expositions, programmation). 

Restaurer ou interpréter : matérialité des œuvres, choix techniques et production de sens.

RÉCITS / Le XIXe siècle est-il de notre temps ?

Le musée d’Orsay, lieu de débat : polémiques, résistances et batailles intellectuelles autour d’un « musée du XIXe siècle ».

L’« effet Orsay »  : quelles visions du XIXe siècle le musée a-t-il promues, neutralisées ou rendues possibles ? Quels ont été les échanges et influences institutionnelles réciproques à l’échelle nationale et internationale depuis sa création ? Orsay et son rôle dans la découverte, redécouverte et l’« invention » d’artistes ou d’œuvres, au prisme de l’histoire du goût et de ses critères.

Résonances : un musée dans le monde. Collaborations, délimitations, convergences.

Le XIXe siècle est-il fini ? Distance critique, actualité politique et usages contemporains d’un siècle problématique.

Orsay a-t-il 40 ans ou 150 ans ? Temporalités disjointes et régimes d’historicité.

Téléscopages/dialogues : artistes et art contemporain au musée d’Orsay.

EXPLORATIONS / « Or, c’est » : un ouvroir potentiel

Exposer avant d’exposer : les expositions de préfiguration du musée d’Orsay comme lieux de rupture et d’expérimentation. La préhistoire du musée d’Orsay.

Défricher le XIXe siècle : expositions-dossiers, objets marginaux, récits minorés.

Enrichissements : libéralités, marché de l’art et politique d’acquisition.

Publier, c’est gouverner : catalogues, guides et revues comme instruments de renforcement et/ou d’extension du canon.

Le temple et l’agora : médiation, service culturel, et fabrique du débat public. Le musée d’Orsay en société.

La recherche au musée : bibliothèque, documentation, ressources.

International/global : les mondes d’Orsay, et après ?

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Cet appel s’adresse aux conservatrices, conservateurs, actrices et acteurs des musées, ainsi qu’à l’ensemble des chercheurs et chercheuses sans restriction disciplinaire. Seront encouragées les approches originales et transversales se rattachant aux questionnements exposés plus haut ou propices à l’exploration d’autres terrains de réflexions, ainsi que toute contribution qui proposera, en résonance avec l’histoire, le présent et l’avenir du musée d’Orsay, de mieux cerner aujourd’hui notre perception des développements artistiques du XIXe siècle et des lieux qui en valorisent l’héritage.

Les propositions de contribution pour une conférence d’une durée de 20 minutes, sous la forme d’un résumé de 4 000 signes maximum accompagnés d’une brève bio-bibliographie sont à adresser jusqu’au 1er avril 2026 à l’adresse suivante : colloque40ans@musee-orsay.fr.

Ce colloque donnera lieu à une publication par le Centre de ressources et de recherche Daniel Marchesseau en 2027.

COMITÉ D’ORGANISATION

  • Anaïs Alchus (conservatrice arts décoratifs, EPMO)
  • Victor Claass (coordinateur scientifique, Centre de ressources et de recherche Daniel Marchesseau, EPMO)
  • Antonine Fulla (directrice de la programmation culturelle et des auditoriums, EPMO)
  • France Nerlich (préfiguratrice du Centre de ressources et de recherche Daniel Marchesseau, EPMO)
  • Sylvie Patry (conservatrice générale, déléguée aux célébrations des anniversaires des musées d'Orsay et de l'Orangerie, EPMO)
  • Paul Perrin (directeur de la conservation et des collections, EPMO)
  • Scarlett Reliquet (chargée de programmation culturelle et scientifique, EPMO)

 
COMITÉ SCIENTIFIQUE

  • Nienke Bakker (responsable de collections et conservatrice, musée Van Gogh, Amsterdam)
  • Barry Bergdoll (professeur, université de Columbia, New York)
  • Laure Chabanne (conservatrice en chef peinture, EPMO)
  • Élise Dubreuil (conservatrice en chef arts décoratifs, EPMO)
  • Charlotte Foucher Zarmanian (directrice de recherche, EHESS/CNRS)
  • Thomas Galifot (conservateur en chef photographie, EPMO)
  • Kimberly A. Jones (conservatrice, National Gallery of Art, Washington D.C.)
  • Édouard Papet (conservateur général sculpture, EPMO)
  • Pierre Singaravélou (professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • Agnès Thurnauer (artiste)
  • Bertrand Tillier (professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)