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Le couple à l’épreuve des récits contemporains : entre héritage, réinvention et rupture, 1980-2026 (Univ. Laval, Québec)

Le couple à l’épreuve des récits contemporains : entre héritage, réinvention et rupture, 1980-2026 (Univ. Laval, Québec)

Publié le par Marc Escola (Source : Lucile Mulat et Stéphanie Proulx)

Appel à communications

Le couple à l’épreuve des récits contemporains : entre héritage, réinvention et rupture (1980-2026)

Université Laval (Québec)

Du 17 au 21 août 2026

La persistance des violences conjugales et sexuelles, combinée à la répartition inégale du travail domestique et affectif, impose un constat : le couple demeure un site de violences, d’inégalités et d’injustices structurelles. Paradoxalement, le couple continue d’occuper une place hégémonique dans l’imaginaire social, politique et affectif. Marqueur de réussite, il est d’autant plus valorisé qu’il s’appuie sur un pragmatisme banal : du logement aux avantages fiscaux, des assurances aux rites sociaux, tout est largement calibré pour la vie à deux. Cette prédominance du couple dans les structures sociales trouve un écho saisissant dans sa représentation triomphante au sein des industries culturelles. Qu’on observe le palmarès des best-sellers ou les séries à succès des plateformes de streaming, le constat est le même : les romances (Bridgerton, The Summer I Turned Pretty ou encore Heated Rivalry) captivent un large public tandis que les téléréalités sentimentales se déclinent à l’infini (Love is Blind, The Golden Bachelor, Occupation Double, L’amour est dans le pré).

De toute évidence, le couple reste un horizon normatif puissant, alors même que le fait d’y entrer, d’y rester ou d’en sortir comporte un coût matériel, social et symbolique élevé (Chollet). Pensons aux inégalités économiques qui se creusent à l’intérieur même du couple ou, à l’inverse, à la précarisation qui accompagne fréquemment une séparation, ainsi qu’aux impasses relationnelles qu’alimentent les codes de la masculinité hégémonique (Connell). Malgré le regain d’intérêt, notamment dans les cercles queer et féministes, pour l’amitié (Raymond, Roseneil) et d’autres modèles relationnels (Enriquez), force est d’admettre que le couple demeure une institution incontournable, reflet d’une société qui reste largement organisée autour de celui-ci.

Ce colloque se propose d’appréhender le couple non comme une évidence, mais comme une construction politique, imaginaire et narrative qu’il convient de démystifier, voire de dénaturaliser. Il s’agira d’examiner comment les productions culturelles contemporaines (littérature, séries télé, films, téléréalités) participent à la perpétuation, à la critique ou à la reconfiguration des scripts amoureux et conjugaux qui structurent l’imaginaire social. Quelles structures narratives reconduisent le couple comme idéal indétrônable ? Dans quelle mesure d’autres récits intègrent-ils les perspectives féministes, queer et postcoloniales pour interroger la possibilité de « faire couple » autrement ? De quelle manière les récits contemporains investissent-ils des modèles alternatifs — polyamour, célibat choisi, amitiés structurantes — capables de décentrer la conjugalité ou de prioriser d’autres formes de liens affectifs et relationnels? Cette réflexion implique d’identifier les transformations nécessaires pour concilier amour, égalité et autonomie, et d’analyser les conditions qui permettraient au couple de devenir un espace non violent, particulièrement pour les femmes. 

En explorant ces représentations plurielles du couple, ce colloque propose de lire les récits de l’intime comme des espaces de lutte où critique et réinvention s’articulent. Ouvrant une réflexion plus large sur les mutations des imaginaires amoureux, ces récits participent à la fois à la mise en lumière des impasses du modèle conjugal dominant et au façonnage de nouvelles formes relationnelles, où le consentement, le partage et la reconnaissance priment, conformément aux principes féministes.

Les communications peuvent s’inscrire dans les axes ci-dessous, sans nécessairement s’y limiter :

  • La persistance du couple comme modèle relationnel idéal
  • Faire couple : un désir sous conditions
  • Le couple à l’épreuve de la critique féministe, queer et postcoloniale
  • Le couple au prisme des masculinités
  • Les alternatives au couple monogame
  • La décentralisation du couple et la déhiérarchisation des liens
  • La revalorisation d’autres modèles relationnels
  • Le célibat : entre épanouissement et revendication 

Modalités de soumission :

Les propositions de communication doivent être envoyées au plus tard le 16 mars 2026 à l’adresse colloqueCIRFF2026.lecouple@gmail.com.

Les propositions doivent contenir : 

  • un titre
  • un résumé de 250 mots
  • une courte notice biographique
  • votre affiliation (si applicable)
  • vos coordonnées

Tenue de l’événement :

Ce colloque est organisé dans le cadre du Congrès international des recherches féministes dans la francophonie (CIRFF), qui aura lieu du 17 au 21 août 2026 à l’Université Laval à Québec. 

À noter que…

les participant·es doivent être disponibles ces cinq jours. La date exacte du colloque n’est pas encore connue, puisque l’horaire définitif du congrès n’est pas encore disponible. les personnes dont les communications seront acceptées devront obligatoirement s’inscrire au Congrès et payer les frais d’inscription avant le 26 juin 2026 pour faire leur présentation.  

Pour rappel, les communications devront être rédigées en français et ne pas dépasser 20 minutes. 

Pour tout autre renseignement, veuillez communiquer avec le comité organisateur à l’adresse courriel colloqueCIRFF2026.lecouple@gmail.com.

Comité organisateur : 

Lucile Mulat (Candidate au doctorat, Université de Toronto)

Stéphanie Proulx (Stagiaire postdoctorale, Université de Sherbrooke)

Références bibliographiques :

CHOLLET, Mona, Réinventer l’amour : comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles, Paris, Zones, 2021.

CONNELL, Raewyn W., Masculinities, Berkeley, University of California Press, 2005 [1995].

DUPORTAIL, Judith, L’Amour sous algorithme, Paris, Éditions Goutte d’Or, 2019.

ENRIQUEZ, Chacha, Sexualités et dissidences queers, Montréal, Éditions du Remue-ménage, 2024.

EYMÉOUD, Juliette et Claire-Lise GAILLARD, Histoire de célibats : du Moyen Âge au XXe siècle, Paris, PUF, 2023. 

FADERMAN, Lillian, Surpassing the Love of Men. Romantic Friendship and Love Between Women from the Renaissance to the Present, New York, Morrow, 1985.

GARCIA, Marie-Carmen, Amours clandestines. Sociologie de l’extraconjugalité durable, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2016.

GUILPAIN, Geneviève, Les Célibataires, des femmes singulières. Le célibat féminin en France (XVIIe-XXIe siècles), Paris, L’Harmattan, 2012.

HOOKS, bell, All About Love, New York, Harper, New Visions, 2000.

ILLOUZ, Eva, La Fin de l’amour. Enquête sur un désarroi contemporain, Paris, Seuil, 2020.

LANGFORD, Wendy, Revolutions of the Heart. Gender, Power and the Delusions of Love, Londres, Routledge, 1999.

NEHRING, Cristina, A Vindication of Love. Reclaiming Romance for the Twenty-First Century, New York, Harper Collins, 2009.

RAYMOND, Janice, A Passion for Friends: Towards a Philosophy of Female Affection, Boston, Beacon Press, 1986.

RICH, Adrienne, « Compulsory Heterosexuality and Lesbian Existence », Signs: Journal of Women in Culture and Society, vol. 5, n°4, p. 631-660.

ROUGEMONT, Denis, L’amour et l’Occident, Paris, Union générale d'éditions, 1962.

ROSENEIL, Sasha, « Foregrounding Friendship. Feminist Pasts, Feminist Future », Nouvelles questions féministes, vol. 30, n°2, 2011.

SCHIPPERS, Mimi, Beyond Monogamy: Polyamory and the Future of Polyqueer Sexualities, New York, New York University Press, 2016.

WARD, Jane, The Tragedy of Heterosexuality, New York, New York University Press, « Sexual Cultures », 2020.