Transmettre et explorer : pratiques pédagogiques et recherche sur la première modernité. XIIe journée d’étude de la SOCAR, Société Ontarienne des Chercheurs sur l'Ancien Régime (Toronto)
Transmettre et explorer : pratiques pédagogiques et recherche sur la première modernité.
XIIe journée d’étude de la SOCAR (Société Ontarienne des Chercheurs sur l'Ancien Régime)
au Département de français de l’Université de Toronto (campus St. George) le 8 mai 2026
La première modernité demeure aujourd’hui un champ de recherche particulièrement dynamique, tout en constituant un objet d’enseignement souvent perçu comme exigeant, voire difficile d’accès : diversité des corpus, langues en transition, matérialité des sources, cadres historiques et culturels complexes. Pourtant, cette période offre un terrain privilégié pour interroger nos pratiques pédagogiques et repenser la relation entre recherche et enseignement.
Cette réflexion s’inscrit dans un contexte d’enseignement majoritairement anglophone, où les étudiant·es ne maîtrisent pas toujours pleinement le français moderne. Cette situation influe directement sur la manière d’aborder les textes et les corpus de la première modernité et invite à repenser les médiations pédagogiques mises en place en classe. Loin de constituer un frein, ce contexte spécifique fait de l’enseignement de la première modernité un espace d’expérimentation privilégié, où apprentissage linguistique, travail sur la langue en transition et réflexion historique et culturelle se construisent conjointement.
Cette journée d’études propose de déplacer le regard : non plus seulement réfléchir sur la première modernité, mais réfléchir à partir de son enseignement. Elle entend ainsi mettre en avant la classe comme lieu de recherche appliquée, l’enseignant·e comme médiateur·rice entre érudition et transmission du savoir, et la première modernité comme laboratoire pédagogique, propice à l’expérimentation et à la découverte qu’il s’agisse de textes, de langues, de manuscrits, d’imprimés, d’archives ou des humanités numériques.
Afin de valoriser pleinement cette approche, la journée adopte une formule de table ronde, plutôt que des communications académiques traditionnelles. Ce choix vise à mettre en lumière des pratiques concrètes réellement mises en œuvre en classe, à favoriser la circulation d’outils, de dispositifs pédagogiques, de réussites mais aussi de difficultés, et à créer un espace horizontal d’échange entre collègues, dans une logique d’atelier intellectuel et pédagogique plutôt que de performance académique.
Il ne s’agira donc pas de communications magistrales, mais de retours d’expérience, d’études de cas pédagogiques et de discussions collectives autour de situations d’enseignement effectives.
Un axe central : articuler recherche et enseignement
La journée s’articulera autour d’un questionnement fédérateur :
Comment faire de l’enseignement de la première modernité un prolongement naturel de la recherche, et de la recherche un moteur pédagogique en classe ?
Plusieurs interrogations pourront nourrir les échanges :
Comment intégrer ses objets de recherche dans ses cours, à différents niveaux ?
· Comment faire travailler les étudiant·es sur :
· des textes non édités,
· des corpus numériques,
· des manuscrits ou des imprimés anciens,
· des bases de données,
· des corpus tombés dans l’oubli,
· des controverses historiographiques ou critiques ?
· des corpus canoniques de manière innovante, en renouvelant les approches et les dispositifs pédagogiques ?
· Comment articuler la découverte de corpus marginalisés ou oubliés avec l’enseignement des œuvres dites classiques, afin de faire apparaître continuités, ruptures et hiérarchies de savoirs ?
· Comment transformer un cours, qu’il s’agisse d’un séminaire, d’un cours de langue, de littérature ou d’histoire culturelle, en espace de production de savoir ?
La journée interrogera ainsi les modalités concrètes par lesquelles la recherche nourrit l’enseignement et, réciproquement, la manière dont la classe devient un lieu d’expérimentation intellectuelle.
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Appel à contribution :
Cette journée d’études sollicite des propositions fondées sur des expériences pédagogiques concrètes liées à l’enseignement de la première modernité. Les propositions pourront porter sur des dispositifs réellement mis en œuvre en classe, qu’il s’agisse de cours, de séminaires ou de projets pédagogiques, et inclure une réflexion sur les enjeux, les méthodes, les ajustements et les effets observés.
Les interventions seront organisées sous la forme de trois ou quatre tables rondes thématiques, selon les propositions reçues. Chaque table ronde visera à alimenter les discussions et les échanges dans un format favorisant le dialogue, la circulation des pratiques et la réflexion collective, plutôt que la présentation de résultats académiques achevés. Une attention particulière sera portée à la manière dont ces pratiques contribuent au développement de compétences transversales chez les étudiant·es, qu’elles soient méthodologiques, critiques, linguistiques ou analytiques, au-delà des contenus disciplinaires à proprement parler.
Les contributions pourront s’appuyer sur des exemples variés : actualiser des sujets historiques, décolonosier le curriculum, enseignement par projets, intégration de la recherche dans les cours, travail sur des corpus diversifiés, qu’ils soient peu explorés ou largement étudiés, usages du numérique, collaborations avec des institutions culturelles, ou encore retours sur les difficultés rencontrées et les solutions mises en place.
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Types d’interventions encouragées
Les participant·es seront invité·es à présenter, de manière souple et réflexive :
- des dispositifs pédagogiques innovants,
- des projets de recherche intégrés aux cours,
- des usages du numérique et des humanités numériques,
- des expériences de travail sur manuscrits ou imprimés anciens,
- des démarches d’enseignement par projets,
- des collaborations avec bibliothèques, musées ou archives,
- ainsi que les difficultés rencontrées (langue, niveau des étudiant·es, motivation, évaluation, contraintes institutionnelles, etc.
La journée accordera également une place à des interventions d’étudiant·es des trois cycles, dont le parcours a croisé des enseignements portant sur la première modernité. Ces témoignages pourront émaner aussi bien d’étudiant·es ayant choisi de se spécialiser dans ce champ que d’étudiant·es engagé·es dans d’autres domaines, afin de réfléchir à la manière dont l’étude de la première modernité a contribué à leur formation intellectuelle, méthodologique ou critique.
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Modalités de soumission
Les propositions de contribution (250 à 300 mots), accompagnées d’une brève notice biobibliographique, sont à envoyer avant le 21 mars à Loula Abd-elrazak loula.abdelrazak@utoronto.ca