Littératures et environnement : pratiques, enjeux et perspectives pour l’éducation contemporaine (revue Éducation relative à l’environnement : Regards - Recherches – Réflexions)
Littératures et environnement : pratiques, enjeux et perspectives pour l’éducation contemporaine
Éducation relative à l’environnement : Regards - Recherches – Réflexions - Volume 22 (1)
Sous la direction de :
Morgane Leray, Aix-Marseille Université
Mélanie Champoux, Université du Québec à Montréal
Il y a certes lieu de nous réjouir de l’actuel foisonnement d’œuvres littéraires questionnant notre rapport au vivant, compris dans sa pluralité humaine et autre qu’humaine, et entendu comme sujet doté d’une force agentive, apte à être rencontré dans une dynamique d’apprentissage mutuel. De même, l’épanouissement des « études littéraires environnementales »1 (Leray, 2024) qui illustrent les liens fertiles entre lire, écrire et dire le vivant2 est de nature à inspirer le champ de la théorie et des pratiques en éducation relative à l’environnement.
Cependant, rares sont encore les références académiques qui traitent des liens entre littératures, environnement et éducation contemporaine, en contextes formel, non formel et informel. C’est l’ambition que se donne ce numéro thématique : associer éducation relative à l’environnement et littératures, entendues comme œuvres esthétiques à interpréter (lectures herméneutiques), processus créatifs à expérimenter (ateliers d’écriture), tissus multiperspectivistes (Van Meter et coll. 2023 ; Gosselin, 2025) de voix à faire dialoguer (interculturalité, plurilinguisme, études genrées) et viviers de savoirs pluriels (interdisciplinaires mais aussi savoirs théoriques et savoirs situés) à faire se rencontrer.
En tissant des liens et en construisant du sens entre les arts et les sciences, les littératures porteuses de questionnements environnementaux traversent et dépassent les frontières entre nature et culture, et contribuent à la construction d’une vision du monde écologique (Prince et coll., 2018 ; Biancofiore et Barniaudy, 2024).
Envisagées à l’aune d’une éducation esthétique pragmatiste, les littératures qui interrogent l’environnement engagent le lecteur et le scripteur dans une praxis qui contribue à l’harmonisation du réseau de relations personne-société-environnement et favorisent le développement de la plénitude de l’être-au-monde (tête-cœur-corps-esprit) (Kerlan, 2023). Elles semblent ainsi pouvoir occuper une « niche pédagogique » favorable au déploiement transversal de l’éducation relative à l’environnement et ce, dans une variété de contextes et de milieux de pratique.
Prenant acte de la prolifération de publications et d’évènements académiques qui se déploient autour des littératures et de l’environnement en francophonie3, nous proposons, dans ce numéro thématique, d’envisager ce que, associées, l’éducation relative à l’environnement et les littératures interrogeant la nature peuvent faire pour transformer nos relations au vivant dans leurs représentations, leurs discours et leurs pratiques.
Nous valorisons une diversité de types de contributions. Sans s’y restreindre, les propositions soumises pourront consister en des récits de pratique, des réflexions théoriques, des recensions systématiques, des analyses critiques, des synthèses de recherches empiriques, de recherche-développement ou de recherche-création.
—
Toutes les règles et procédures, disponibles sur le site de la revue, devront être impérativement respectées pour que l’article soit soumis à l’évaluation par les pairs - https://journals-openedition-org.lama.univ-amu.fr/ere/268.
Avant de soumettre votre article, il est important d’en acheminer une proposition (résumé) et d’attendre l’acceptation et/ou recommandations de la part de l’équipe éditoriale, avant d’en faire parvenir la version intégrale.
—
Calendrier :
Soumission des résumés avec titre prévu de l’article (proposition d’environ 300 mots accompagnée de trois références bibliographiques et d’une notice biographique) d’ici le 7 septembre 2026. Les propositions seront évaluées par l’équipe de coordination de ce numéro dès leur réception.
Soumission du texte dans sa version intégrale avant le 11 janvier 2027. L’article fera l’objet d’une démarche d’évaluation dès sa réception.
Publication du numéro : 15 juin 2027
Webinaire - séminaire sur le contenu du numéro qui aura été publié : automne 2027.
—
Contact : revue.ere@uqam.ca
—
Notices biographiques
Maître de Conférences à Aix-Marseille Université, Morgane Leray développe deux axes de recherche. Le premier s’intéresse à la littérature de la fin du XIXe siècle (décadence et anthropologie de l’imaginaire ; représentations esthétiques, scientifiques et éthiques du vivant). Un second champ porte sur les « études littéraires environnementales » (théories et pratiques) et leur didactique, notamment dans la formation des futurs enseignants.
Mélanie Champoux est professeure en éducation relative à l’environnement au Département de didactique de l’Université du Québec à Montréal. Ses intérêts de recherche portent sur les fondements d’une éducation écologique, l’approche culturelle de l’enseignement, les théories anthropologiques de la culture, la dimension esthétique du rapport au monde, les écoféminismes, la formation à l’enseignement et la pédagogie de l’enseignement supérieur.
Bibliographie
Biancofiore, A. et Barniaudy, C. (2024). L’éconarration. Des ateliers d’écriture pour transformer notre relation au vivant. Éditions Bord de l’eau.
Gosselin, L. (2025). La multiperspectivité pour enseigner l’histoire et la géographie selon une approche culturelle et écologique. Dans Mélanie Champoux (Dir.), Culture Éducation Écologie. Une approche contemporaine de l’enseignement (p. 47-70). Partenariat des bibliothèques universitaires du Québec. https://pressbooks.pbuq.ca/aculture/
Kerlan, A. (2023). L’éducation comme art contextuel. Dans Maïa Morel (Dir.), Éduquer aux enjeux sociétaux par les arts et la littérature (p. 9-15). Éditions Peisaj.
Leray, M. (2024). Les études littéraires environnementales et leur didactique : pour une École du vivant. RELIEF – Revue électronique de littérature française, 18(1), (1-26). https://doi.org/10.51777/relief19398
Prince, N., Larrère, C. et Thiltges, S. (2024). Éco-graphies. Écologie et littératures pour la jeunesse. Presses universitaires de Rennes.
Van Meter, P., List, A., Lombardi, D. et Kendeou, P. (Dir.) (2020). Handbook of Learning from Multiple Representations and Perspectives. Routledge.
Notes
1 Nous regroupons sous cette terminologie l’écocritique, l’écopoétique, la zoopoétique, les humanités bleues, etc., soit l’ensemble des approches étudiant les relations qu’entretiennent les humains et les autres qu’humains dans les littératures.
2 Voir notre carnet de recherches LitteraTerre (Master de formation des enseignants, Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation, Aix-Marseille Université) : Programme des journées d’étude et des conférences – LitteraTerre – Dire/écrire le vivant et L’Ecole du vivant, le monde de demain – capsules vidéo – LitteraTerre – Dire/écrire le vivant. https://litteraterre.hypotheses.org/
3 Citons, à titre d’exemple, les rencontres internationales de Cerisy (France) « Que peut la littérature pour les vivants ? » [2023], les colloques et séminaires de Sea more blue, porté par Bénédicte Meillon (France)), les travaux du GRIVE (Groupe de Recherche International sur le VEgétal), initié par Rachel Bouvet (Québec), un cycle de colloques consacré à la littérature de jeunesse et à l’écriture de la nature (France/République Tchèque), les travaux de Sara Buekens (Belgique) sur les « écologies littéraires africaines », ceux d’Anne Simon en zoopoétique (France), ou encore la création du premier master d’écriture créative en écopoétique en France, et l’émergence d’un axe de recherche sur les humanités environnementales développé pour la première fois dans un laboratoire de recherche en littérature, soutenu par le CNRS (France).