Appel à contributions
« Écrire et imager la guerre (Moyen Âge – XVIe siècle) »
Revue Utpictura18
Comme d’autres sujets, la guerre fait désormais l’objet de studies, lesquelles se caractérisent par leur approche interdisciplinaire d’un thème. Alors que les strategic studies, développées aux États-Unis après 1945, considéraient la guerre comme « un outil militaire au service du politique », les war studies la voient comme « un fait social qui touche à l’ensemble des domaines de l’action humaine »1. Les recherches se tournent alors peu à peu vers l’expérience des soldats, s’intéressent à tous les acteurs et actrices, se diversifient en prenant en compte les impacts psychologiques de la guerre et sa mémoire2. C’est parmi ces nouvelles perspectives que la question des représentations de la guerre trouve sa place.
Comme souvent dans l’histoire des représentations, celle de la guerre a fait l’objet de subdivisions séculaires et disciplinaires. Bien qu’on leur connaisse des influences et des héros communs, les guerres médiévales, en particulier, sont rarement mises en relation avec les conflits armés du XVIe siècle, lesquels sont davantage reliés à ceux de la période moderne et contemporaine3. De même, les textes de guerre des littéraires et historiens ne sont que ponctuellement envisagés avec les images des historiens de l’art. Ces deux corpus, écrits et visuels, partagent pourtant des supports, et s’inscrivent dans un même imaginaire qui pousse à les appréhender ensemble, dans une histoire culturelle commune4. L’objectif de ce numéro d’UtPictura18 est alors double : il s’agit de penser l’interaction entre les textes et images de guerre, en s’inscrivant sur un temps long en amont de la Renaissance, du Moyen Âge au XVIe siècle.
- Écrire la guerre, du Moyen Âge au XVIe siècle
Pour la période médiévale, la guerre est une réalité qui peut prendre différentes formes, de la lutte seigneuriale à la croisade. Avec pour socle la pensée augustinienne sur la « guerre juste5 », elle fait l’objet de réflexions théologiques, philosophiques et éthiques sur sa légitimité ; on s’interroge aussi sur ses aspects tactiques en se reposant surtout sur les Stratagemata de Frontin et le De Re militari de Végèce6. Dans l’ordre social, la guerre apparaît comme la raison d’être de la chevalerie, lui permettant de prouver son mérite7. Racontée dans les chroniques qui témoignent des événements du temps, elle est aussi un sujet central dans bon nombre de textes fictionnels médiévaux. Dans les dix dernières années, plusieurs ouvrages se sont emparés du sujet. Parmi eux, en 2016, la thèse de Marion Bonansea a fait date en étudiant les chansons de geste et romans arthuriens en prose des XIIe et XIIIe siècles8. Trois ans plus tard, en 2019, le numéro spécial L’écriture de la guerre au Moyen Âge de la revue Moyen Âge avait pour but de définir une poétique du récit de guerre, en s’appuyant sur un corpus plus vaste encore : des discours fictionnels (chansons de geste et romans), historiques (chroniques de croisade et chroniques universelles) et didactiques (œuvres allégoriques, traités) ; le volume affichait aussi une vision transhistorique du war narrative puisqu’il proposait en annexe des parallèles entre des textes médiévaux et modernes9. En 2022, les actes du colloque Émergences d’une littérature militaire en français (XIIe-XVe siècles) ont permis de réunir des historiens, littéraires et philologues autour d’œuvres à la dimension didactique plus affirmée10. Ces dernières années, enfin, les travaux des historiens médiévistes L. Vissière11, Ch. Masson12 ou encore P. Courroux13 ont porté sur l’écriture et l’expérience de la guerre, témoignant de l’inscription de la discipline dans les war studies.
Associer les périodes « médiévales » et « renaissantes » s’impose d’autant plus que, pour le XVIe siècle, les études récentes ont relativisé l’idée d’une « révolution militaire » et fait apparaître les continuités des pratiques et plus encore des représentations de la guerre, le XVIe siècle ne pouvant plus être décrit, ainsi qu’il l’a longtemps été, comme le temps du crépuscule de la chevalerie, dont les valeurs restent vivaces, comme l’ont montré les travaux de Benjamin Deruelle14. C’est d’ailleurs sur une plus longue période qu’un « siècle » arbitrairement isolé que l’on considère désormais l’importance des mutations techniques comme l’artillerie ou l’évolution de la poliorcétique et des fortifications. Il n’en reste pas moins qu’aux XVe et XVIe siècles les représentations de la guerre subissent des influences croisées. Sur le plan de l’image, l’imprimé permet l’ample diffusion des romans de chevalerie, largement réimprimés jusqu’au mitan du XVIe siècle et qui ne disparaissent pas dans les bibliothèques dans les décennies suivantes. L’imaginaire de la monarchie et de la noblesse continue d’exalter la culture chevaleresque, tant dans l’art peint et sculpté que dans les manuscrits offerts aux princes, les tournois, les entrées royales et les publications qui en découlent.
À cette culture cependant, l’humanisme vient apporter ses ressources, ses images, ses fantasmes. L’humanisme militaire a récemment fait l’objet d’études qui mettent l’accent sur des visées réformatrices inspirées des Anciens15, dont témoigne le succès européen de l’Art de la guerre de Machiavel et de sa paraphrase française, les Instructions sur le faict de la guerre (1548). Ces visées touchent à l’image la noblesse, appelée à se réformer par la connaissance de l’histoire, de l’art militaire et de ses ruses16, comme en témoignent notamment les œuvres de Rabelais17. Enfin, les études sur l’imaginaire se sont largement développées en insistant à la fois sur la violence et les émotions suscitées par la guerre, ses images et ses récits18. Mais plus rares sont les études qui font le lien entre texte et image, comme l’article de Daniel Ménager consacré au récit de guerre à la Renaissance, qui rapproche les tableaux de Léonard avec les récits de Guichardin ou des frères Du Bellay19. Les études consacrées aux Mémoires militaires ont cependant montré l’importance des représentations allégoriques associées à la guerre, comme celle de la Fortune20, tout en insistant par ailleurs sur la culture rhétorique qui donne à voir les batailles par les procédés classiques de l’ekphrasis et de l’hypotypose, par lesquels le texte produit une image mentale21.
- Imager la guerre, du Moyen Âge au XVIe siècle
Comme pour les textes, l’étude des images de guerre a fait l’objet de publications majeures dans les dernières années de la critique française. L’approche des représentations modernes et contemporaines, à partir du XVIe siècle, a d’abord été historique et formelle dans le volume Peindre la guerre (2009) ; il s’agissait d’identifier les solutions plastiques utilisées pour donner à voir la réalité complexe de bataille, laquelle est toujours un événement construit, dont la représentation est « nourrie d’une mythologie, qu’elle soit romantique, conquérante ou totalitaire22 ». La même approche transéculaire et formelle a été adoptée dans le volume Vivre la bataille ? Expérience et participation dans les arts, XVe-XXIe siècle (2023), avec un accent supplémentaire mis sur la réception du spectateur. Ce dernier, face à une image de bataille, était d’abord sollicité par le regard et l’imagination, jusqu’à un moment de bascule acté au XIXe siècle : le panorama constitue alors un changement d’échelle si important que la bataille n’est plus une simple représentation mais une « véritable illusion, à travers une immersion sensorielle23 ». Il faut ajouter à ces deux volumes la publication de la thèse de Pauline Lafille, Peindre pour la mémoire. La bataille dans la peinture italienne du XVIe siècle (2024), dans laquelle l’historienne de l’art s’inspire de l’histoire culturelle pour étudier la scène de bataille, « en s’intéressant à ses usages politiques et sociaux, à son iconographie et à l’évolution de ses formes artistiques24 ».
Mais toutes ces études, transdisplinaires et transéculaires, prennent pour point de départ la peinture du XVIe siècle. En amont de la Renaissance, les siècles du Moyen Âge n’ont fait l’objet d’aucune somme similaire. Si les récits de guerre ont été commentés dans plusieurs travaux récents, les miniatures des manuscrits, les tentures, les vitraux ou les plafonds peints qui rendent compte de faits militaires n’ont pas été envisagés de manière systématique25. L’étude des images de guerre antérieures se limite généralement à les considérer comme une source d’information pour l’historien26, et il faut consulter des articles sur des œuvres précises27 ou sur un thème plus général, comme la violence, pour voir apparaître quelques analyses28.
- Axes de réflexion
Pour envisager ensemble textes et images de guerre, du Moyen Âge au XVIe siècle, plusieurs axes sont à privilégier.
L’approche peut d’abord être historique : en enjambant les bornes chronologiques traditionnelles, il s’agit de compléter l’histoire des représentations de la guerre. On pourra ainsi identifier des textes et images clés qui construisent un imaginaire culturel, mais aussi des lieux, des personnes et des supports qui assurent leur transmission. Le passage du livre manuscrit à l’imprimé apparaît par exemple comme un laboratoire, où les textes des copistes et les miniatures des peintres inspirent les premiers éditeurs parisiens et lyonnais29.
Car imager les conflits armés n’est pas (seulement) une affaire personnelle : pour représenter la réalité complexe qu’est la bataille et la guerre en général, chaque auteur, artiste ou artisan dispose de modèles (bibliques, antiques, historiographiques, romanesques...) qu’il actualise. Un enjeu est alors d’identifier ces nombreux patrons, dans le but de construire une poétique des représentations de la guerre. Sans pour autant penser qu’il existe une grammaire stable du Moyen Âge au XVIe siècle, la récurrence de certaines scènes et détails invite à penser un index de motifs, tant visuels que textuels. En effet, au-delà de la bataille terrestre, qui est le paroxysme des événements militaires30, d’autres topoi abondent : le siège, la bataille navale, la chevauchée, l’embuscade, le conseil avant la bataille rangée et la poursuite des vaincus après31…
On pourra aussi réfléchir à l’importance de l’image comme outil de réflexion et support de vulgarisation d’une pensée de la guerre. À l’âge de l’imprimé, l’utilisation des diagrammes par Machiavel dans son Art de la guerre, les gravures qui accompagnent le traité des fortifications de Dürer, l’édition par Guillaume Budé de Végèce et Frontin, ou encore les cartes qui illustrent certains occasionnels racontant une bataille, font des écrits militaires des écrits mixtes qui appellent une réflexion intermédiale.
Enfin, l’histoire des représentations de la guerre doit s’accompagner d’une étude de leurs réceptions et pratiques. Comment ces textes et images, sur différents supports, sont-ils utilisés ? Les vitraux et les miniatures d’ouvrages de piété permettent-ils par exemple de soutenir un discours moral et religieux sur la guerre ? Dans les cours et les foyers, comment la violence esthétisée des batailles participe-t-elle à la culture de guerre ? Plus loin dans le temps, comment les textes et images de guerre passées forgent-elles le discours épique d’œuvres modernes32 ?
Lionel Piettre, MCF en Littérature de la Renaissance, Université d’Aix – Marseille
Clara de Raigniac, MCF en Langue et Littérature françaises médiévales, Université de Lille
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Calendrier
Les propositions d’articles peuvent être soumises jusqu’au 1er avril 2026 à lionel.piettre@univ-amu.fr et clara.de-raigniac@univ-lille.fr.
Les articles seront à rendre pour le 1er octobre 2026 et ne devront pas dépasser 40 000 signes. Les consignes sont précisées sur le site de la revue : https://utpictura18.univ-amu.fr/consignes-mise-en-page-articles
Comité scientifique
Benjamin Deruelle, Professeur d’histoire moderne, Université du Québec à Montréal.
Claude La Charité, Professeur de littérature, Université du Québec à Rimouski.
Pauline Lafille, MCF en histoire de l’art moderne et contemporain, Université de Limoges.
Michelle Szkilnik Professeur émérite de littérature du Moyen Âge, Université Sorbonne Nouvelle.
Laurent Vissière, Professeur des Universités en histoire médiévale, Université d’Angers.
La revue UtPictura18
UtPictura18 est une revue associée au programme de recherche du même nom, développé depuis 2009 au sein du Centre Interdisciplinaire d’Étude des Littératures d’Aix-Marseille (CIELAM). Le projet explore les liens entre pictura et poesis, notamment à partir d’un corpus d’images réunies sur une base de données. Encore jeune, la revue a publié cinq numéros depuis 2024, parmi lesquels Figures et images. De la figura antique aux théories contemporaines ?, Illustrer le roman national ou encore L’inter-oeuvre.
Notes
1 Holeindre, Jean-Vincent et Taillat, Stéphane, « Des Strategic Studies aux War Studies : la structuration d’un champ d’études », dans Guerre et stratégie, Paris, Presses Universitaires de France, 2015, p. 511.
2 Les travaux correspondants sont répertoriés dans Evans, Martin, « Opening up the Battlefield: War Studies and the Cultural Turn », Journal of War & Culture Studies, vol. 1, n° 1, 2007, p. 47-51.
3 On pense par exemple à la figure du chevalier Bayard mise en avant dans les actes de colloque L’énigme Bayard : une figure européenne de l’humanisme guerrier, éd. B. Deruelle, L. Vissière, Tours, Presses Universitaires François Rabelais, 2021, ou encore à l’ouvrage de Joana Barreto sur Gaston de Foix, Voir Gaston de Foix 1512-2012. Métamorphoses européennes d’un héros paradoxal, Paris, PUPS, 2015.
4 S’ils sont désormais légion, les travaux traitant des rapports entre textes et images ne portent pas spécifiquement sur la guerre. On peut malgré tout noter l’existence du groupe de recherche Guerres Espaces Représentations lié à l’Université Bordeaux Montaigne, dont les membres traitent de représentations textuelles et visuelles de la guerre à différentes époques. Sur l’histoire culturelle, voir Burke, Peter, Qu’est-ce que l’histoire culturelle ?, trad. Ch. Jacquet, Paris, Les Belles Lettres, 2022.
5 Augustin, Paix et guerre selon saint Augustin, trad. Pierre-Yves Fux, Paris, J.-P. Migne, 2010.
6 Contamine, Philippe, La guerre au Moyen Âge, Paris, Presses Universitaires de France, 1999, p. 354-355.
7Kaeuper, Richard W., Medieval Chivalry, Cambridge, Cambridge University Press, 2016.
8 Bonansea, Marion, Le discours de la guerre dans la chanson de geste et le roman arthurien en prose, Paris, Honoré Champion, 2016.
9 Croizy-Naquet, Catherine et Szkilnik, Michelle (éd.), L’écriture de la guerre au Moyen Âge. Le Moyen Âge, CXXV, Paris, De Boeck Supérieur, 2019.
10 Ducos, Joëlle et Biu, Hélène (éd.), Émergences d’une littérature militaire en français (XIIe-XVe siècle), Paris, Honoré Champion, 2022.
11 Vaivre, Jean-Bernard de et Vissière, Laurent, Tous les deables d’enfer : relations du siège de Rhodes par les Ottomans en 1480, Genève, Droz, 2014 ; Vissière, Laurent, « La Vierge et la bombarde. Réflexions sur les sièges d’artillerie d’Orléans (1428) à Dijon (1513) », dans La bataille : du fait d’armes au combat idéologique ; XIe-XIXe siècle, éd. Ariane Boltanski, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2015, p. 51‑64 ; Vissière, Laurent et Trévisi, Marion (éd.), Le feu et la folie : l’irrationnel et la guerre, fin du Moyen Âge-1920, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016 ; Vissière, Laurent, « Les soldats et leurs chansons dans la France des XVe et XVIe siècles », dans La guerre et les arts, éd. Jean Baechler, Paris, Hermann, 2018, p. 135‑151 ; Vissière, Laurent, « Qu’est-ce qu’un siège ? Réflexions autour du fait obsidional (1411-1444) », dans La bataille, éd. Olivier Chaline et Jean Baechler, Paris, Hermann, 2018, p. 129‑154 ; Vissière, Laurent, « Sièges empoisonnés. Guerre de siège et maladies à la fin du Moyen Âge », dans Guerre et Santé, éd. Jean Baechler, Paris, Hermann, 2018, p. 71‑83.
12 Masson, Christophe, « Des chevaliers irréfléchis ? Panique et témérité dans les traités d’art militaire (c. 1330-c. 1550) », dans Le feu et la folie : l’irrationnel et la guerre, fin du Moyen Âge-1920, éd. Laurent Vissière et Marion Trévisi, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016, p. 101‑112 ; Masson, Christophe, « Dire l’homme d’armes du xve siècle. L’exemple des mémoires et biographies chevaleresques franco-bourguignons », dans La construction du militaire. Les mots du militaire : dire et se dire militaire en Occident (XVe-XIXe siècle) de la guerre de Cent ans à l’entre-deux-guerres, éd. Benjamin Deruelle, Hervé Drévillon et Bernard Gainot, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2020, t. 3, p. 19‑34 ; Dubourg, Ninon et Masson, Christophe (éd.), Disability and War in the Late Middle Ages. Becoming, Surviving, Managing, Leeds, ARC Humanities Press, 2025.
13 Courroux, Pierre, « Interprétation, réception et recréation des désastres militaires romains au Moyen Âge », Pallas. Revue d’études antiques, vol. 110, 2019, p. 383‑400 ; Courroux, Pierre, « Remarks on the Use of Numbers by Medieval Chroniclers in Battle Narratives », Medieval Chronicles, vol. 13, 2020, p. 59‑80 ; Courroux, Pierre, « What Types of Sources Did Medieval Chroniclers Use to Narrate Battles? (England and France, Twelfth to Fifteenth centuries) », Journal of Medieval Military History, vol. 18, 2020, p. 117‑142 ; Courroux, Pierre, « La topique des batailles chez les chroniqueurs normands du XIIe siècle », dans Maîtriser le temps et façonner l’histoire : les historiens normands au Moyen Âge, éd. Fabien Paquet et Stéphane Lecouteux, Caen, Presses Universitaires de Caen, 2022, p. 269‑281 ; Courroux, Pierre, « Le roi combattant dans les chroniques de l’espace Plantagenêt », dans Gouverner l’empire Plantagenêt (1152-1224) : Autorité, symboles, idéologie, éd. Martin Aurell, Nantes, Éditions 303, 2021, p. 119‑133 ; Courroux, Pierre, « The Wise Knight Who did not Want to Fight. Origins », dans 10ème conférence de la Medieval Chronicle Society, Nancy, à paraître.
14 Deruelle, Benjamin, De papier, de fer et de sang: chevaliers et chevalerie à l’épreuve de la modernité (ca 1460-ca 1620), Paris, Publications de la Sorbonne, 2015.
15 Verrier, Frédérique, Les armes de Minerve : l’humanisme militaire dans l’Italie du XVIe siècle, Paris, PUPS, 1997.
16 Piettre, Lionel, « “Le singe chez les ânes” : l’instrumentalisation des dédicaces dans L’Histoire de Thucydide Athenien (1527) », Études Épistémè. Revue de littérature et de civilisation (XVIe-XVIIIe siècles), no 39, 2021, [https//doi.org/10.4000/episteme.12248] ; id., « Guillaume du Bellay polumètis », L’Année rabelaisienne, no 6, 2022, p. 373‑392.
17 La Charité, Claude, « Rabelais et l’humanisme militaire dans Gargantua : Légions contre caterve et décurion contre franctopins », Op. Cit. Revue des littératures et des arts, « Agrégation Lettres 2018 », no 17, 2017 ; Cornilliat, François, « “Cautelles et ruzes” chez Bouchet et Rabelais – Panegyric, Pantagruel, Gargantua », dans Isabelle Garnier et al. (dir.), Narrations fabuleuses. Mélanges en l’honneur de Mireille Huchon, Paris, Classiques Garnier, 2022, p. 233‑246.
18 Vissière, Laurent et Trévisi, Marion (dir.), Le feu et la folie, op. cit. ; Bastien, Pascal , Deruelle, Benjamin, et Roy, Lyse (dir.), Émotions en bataille, XVIe-XVIIIe siècle : sentiments, sensibilités et communautés d’émotions de la première modernité, Hermann, Paris, 2021.
19 Ménager, Daniel, « Le récit de bataille », dans Écritures de l’histoire (XIVe-XVIe siècle), dir. Danielle Régnier-Bohler et Catherine Magnien-Simonin Genève, Droz, p. 339‑350.
20 Viaud, Alicia, À hauteur humaine: la fortune dans l’écriture de l’histoire, 1560-1600, Genève, Droz, 2021.
21 Piettre, Lionel, L’Ombre de Guillaume Du Bellay sur la pensée historique de la Renaissance, Genève, Droz, 2022.
22 Delaplanche, Jérôme et Sanson, Axel, Peindre la guerre, Paris, N. Chaudun, 2009, p. 5.
23 Barreto, Joana, Delon, Gaspard et Lafille, Pauline (éd.), Vivre la bataille ?: expérience et participation dans les arts, XVe-XXIe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2023, p. 10.
24 Lafille, Pauline, Peindre pour la mémoire. La bataille dans la peinture italienne du XVIe siècle, Tours, Presses universitaires François Rabelais, 2024, p. 17.
25 La thèse de Clara de Raigniac, Un récit de guerre médiéval : les Chroniques de Froissart en leurs manuscrits (2023), portait uniquement sur le corpus des Chroniques de Froissart.
26 Par exemple, pour mieux comprendre les tactiques militaires, dans Porter, Pamela, « The Ways of War in Medieval Manuscript Illumination: Tracing and Assessing the Evidence », dans Armies, Chivalry and Warefare in Medieval Britain and France, éd. Matthew Strickland, Harlaxton Medieval Studies, 7, Stamford, Paul Watkins, 1998, p. 100-114 ; Viallon, Marina, « Fiers destriers : images du cheval de guerre au Moyen Âge », In Situ/ Revue des patrimoines, vol. 27, 2015, URL : https://doi.org/10.4000/insitu.12066
27 Brown-grant, Rosalind, « Perspectives sur la guerre : l’apport textuel et visuel des romans en prose bourguignons », dans L’écriture de la guerre au Moyen Âge, op. cit., p. 111-128.
28 Raynaud, Christiane, « La violence dans le Romuléon ou Faits des Romains de Roberto della Porta », dans La violence dans le monde médiéval, éd. Centre universitaire d’études et de recherches médiévales, 1994, p. 272-294.
29 Bonicoli, Louis-Gabriel, « Illustrer la littérature militaire dans les premières éditions imprimées : l’exemple des ouvrages publiés par Antoine Vérard », dans Émergences d’une littérature militaire en français (XIIe-XVe siècles), op. cit.
30 Sur cette construction de la bataille comme événement, voir Duby, Georges, Le Dimanche de Bouvines, Paris, Gallimard, 1973 ; Keegan, John, Anatomie de la bataille, trad. J. Colonna, Paris, Robert Laffont, 1993 [1976], et plus récemment Chaline, Olivier, « La bataille comme objet d’histoire », Francia. Forschungen zur westeuropäischen Geschichte, vol. 32, 2005, p. 1‑14 ; Boltanski, Ariane, Lagadec, Yann et Mercier, Franck (éd.), La bataille : du fait d’armes au combat idéologique XIe-XIXe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2015.
31 À partir de 1620-1630, on distingue trois types de scènes de bataille : la peinture d’histoire, la peinture topographique, et la bataille générique ; voir Delaplanche, Jérôme, « Pour une approche typologique de la peinture de bataille du XVIIe siècle », Les Cahiers de la Méditerranée, n°83, décembre 2011, p. 111-118. Entre le XVe siècle et le début du XVIIe siècle en revanche, Pauline Lafille remarque que la critique parle précautionneusement de « représentation » de bataille, d’« image », de « depiction » en anglais, et de « Bild » en allemand, pour évoquer ce « corpus kaléidoscopique » des « battaglie » et de « stori[e] della battaglia » (Op. cit., p. 15-16).
32 Une telle approche est adoptée par Besson, Anne, Poulain-Gautret, Emmanuelle (éd.), Combattre (comme) au Moyen Âge : Relectures du Moyen Âge, Bien dire et bien apprendre, 33, 2018.