Réceptions empiriques et pratiques de réception : bilan, perspectives et enjeux éthiques de la recherche (Strasbourg)
Réceptions empiriques et pratiques de réception : bilan, perspectives et enjeux éthiques de la recherche
Colloque international et interdisciplinaire
Université de Strasbourg, les 18-19 mars 2027
Ce colloque est dédié à la mémoire de notre collègue Isabelle Charpentier récemment disparue, avec qui nous co-organisions cet événement, afin d’honorer son parcours scientifique, son engagement intellectuel et l’empreinte qu’elle laisse au sein de sa discipline, tout particulièrement son rôle essentiel dans le champ des études de réception. Nous lui témoignons toute notre reconnaissance. Un hommage lui sera consacré sous la forme de session(s) et/ou de table-ronde(s), en fonction des propositions. Nous accueillons toute suggestion et proposition concernant cet hommage.
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Comité d’organisation : Marion Brachet (RASM-CHCSC, Université Évry Paris-Saclay), Isabelle Charpentier (Curapp, Université de Picardie), Jacopo Costa (ACCRA, Université de Strasbourg), Céline Duverne (FNRS, Université Libre de Bruxelles), Marine Lambolez (Centre Max Weber, ENS Lyon), Aurélien Maignant (FNS, Université de Lausanne), Anne-Claire Marpeau (Configurations Littéraires, Université de Strasbourg), Aimée-Luce Ponza (Configurations Littéraires, Université de Strasbourg)
Comité scientifique Raphaël Baroni (Université de Lausanne), Jérôme David (Université de Genève), Anaïs Goudmand (Cellf, Sorbonne Université), Anne Grand d’Esnon (Triangle, ENS Lyon), Camille Islert (HISoMA, ENS Lyon), Joseph Jurt (Cessp, Université Albert Ludwig de Fribourg), Aline Lebel (Configurations Littéraires, Université de Strasbourg), Delphine Naudier (Cresspa, CNRS), Gisèle Sapiro (EHESS-Cessp, CNRS), Jedediah Sklower (IRMÉCCEN, Université Sorbonne Nouvelle), Laélia Véron (POLEN, Université d’Orléans), Marie-Jeanne Zenetti (Passages XX-XXI, Université Lyon 2).
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Méthodes de la réception empirique
S’atteler à l’étude de la réception empirique, c’est toujours collecter des données pour s’intéresser à l’expérience de réception. Cette expérience s’étudie nécessairement dans des sources, qu’il s’agisse d’un entretien de deux heures avec une seule personne ou d’un bref questionnaire distribué à des centaines de personnes. La réception empirique engage toujours aussi une pratique du « terrain », puisqu’il faut recueillir des traces de cette expérience, puis trouver une méthode pour les construire en objets épistémologiques.
L’histoire des études de réception est fondamentalement interdisciplinaire : elles ne se sont jamais constituées en une discipline autonome. Elles se sont déployées à partir d’études littéraires (École de Constance) et sémiologiques (Eco, 1979), de travaux d’histoire sociale et culturelle (de l’édition, du livre et du « lire » - Chartier, 1997) ou de l’art (histoire de la peinture - Baxandall, 1985), d’approches issues de différents courants sociologiques comme la sociologie de la culture, les cultural studies ou les sciences de l’information et de la communication, sur tout medium artistique (littérature, cinéma, théâtre, arts visuels, musique, etc.) ou plus généralement sur les media au sens courant (on parle alors parfois de media studies).
Cette histoire invite à penser la circulation des méthodes et des concepts entre les disciplines et entre les aires géographiques, ce qui peut rendre complexe la création de concepts unifiés. Comment opérationnaliser les concepts de l’École de Constance, notamment ceux d’« horizons d’attente » – du texte et du lecteur chez Jauss (1978), de « lecteur implicite » chez Iser (1985), en sociologie ? Quelle est la validité d’une même méthode d’enquête sur différents arts ? Comment jouent les propriétés sociales (classe sociale, niveau de diplôme, genre, origine ethnique, mais aussi âge et génération, orientation sexuelle, handicap) des récepteur·ices d’un bien symbolique, qu’il soit culturel, artistique, médiatique - voire politique ? L’expérience des récepteur·ices est un objet d’étude que sa complexité rend infinie. Une même question de réception, l’identification projective à un personnage (pour prendre un exemple simple), peut être abordée grâce à des concepts esthétiques, sociologiques, sémiologiques, psychologiques, et faire l’objet d’usages sociaux et politiques. Aussi, les études de réception ont la paradoxale, mais agréable, réputation d’être un champ de recherche où le terrain favorise la création conceptuelle.
La question des sources a toujours été essentielle dans les études de réception, car la « source » au sens large (trace écrite, orale, audiovisuelle, gestuelle, journal de lecture, transcription d’entretien, base de données numériques, etc.) constitue une matérialisation de l’expérience effectivement vécue face à l’œuvre, mais surtout une trace que sa forme rend accessible aux perspectives des sciences humaines et sociales, constituant une médiation productive de la mémoire, qui informe l’expérience de réception dans sa reprise ultérieure.
Le développement des sociologies de la réception a popularisé des méthodes d’enquête qui ont permis aux chercheur·euses de constituer elleux-mêmes leurs propres corpus, au moyen de questionnaires, mais surtout d’entretiens semi-directifs individuels, de focus groups – réalisés avec ou sans supports –, de récits de vies retraçant des trajectoires de lecteur·ices, d’études de documents (journaux de lecture, autobiographies, mémoires, courriers de lecteur·ices, articles critiques, billets de blogs, de forums ou postés sur les réseaux sociaux…) ou même de l’observation ethnographique ou participante (au sein de groupes de fans par exemple : Bourdaa, 2021 ; Le Guern, 2009) – soit des méthodes essentiellement qualitatives, dont certaines ont donné lieu à de nouvelles disciplines, comme les fan studies. Pour autant, nombre d’aspects essentiels de l’expérience de réception sont encore aujourd’hui très peu étudiés via ces protocoles empiriques, qui peinent parfois (notamment lorsqu’ils reposent sur une méthode unique) à explorer la complexité des réceptions et des appropriations individuelles, pour maintenir la focale sur des phénomènes structurels, abordés souvent dans ce cas sous l’angle quantitatif (en étudiant par exemple les préférences de lecture sur le ratio généricité/identité de genre, comme dans les enquêtes Pratiques culturelles des Français, etc.) ou pour produire de multiples monographies à partir desquelles il s’avère complexe de monter en généralité.
Ce colloque a pour visée de faire un bilan de ces méthodes telles qu’elles sont utilisées dans des recherches récentes, mais aussi à mettre en avant des procédés d’études innovants. Parmi ces perspectives récentes, on peut s’intéresser à la mobilisation de méthodes quantitatives issues des humanités numériques. La réception d’une œuvre et l’évolution, à travers l’histoire, de sa place dans les imaginaires collectifs peuvent ainsi être abordées à travers des logiciels de fouille lexicale, pour mener à bien des études d’opinion mining dans des corpus numérisés de presse et de critique littéraire (Riguet, 2019 ; Alexandre et Roe, 2022).
Histoires des réceptions empiriques
Ce colloque a également pour ambition d’approfondir la compréhension de l’étude des réceptions empiriques, notamment par une approche interdisciplinaire croisant la sociologie de la réception et les disciplines artistiques et littéraires. Pourquoi étudier la réception empirique ? Selon quelles finalités ? Et quelles analyses ?
Il s’agira ainsi de se demander dans un mouvement de va-et-vient, d’une part, ce que celles et ceux qui les reçoivent disent des œuvres et, d’autre part, ce que les œuvres disent à celles et ceux qui les reçoivent, de manière subjective et intersubjective.
Selon une approche historique de la réception empirique, et dans la lignée des travaux de Michael Baxandall sur la peinture du Quattrocento (1985) et de Jean-Pierre Esquenazi sur le cinéma hitchcockien (2007), les communications pourront se pencher sur les réceptions empiriques d’une même œuvre en diachronie, ou par des publics contemporains différemment caractérisés d’un point de vue sociologique (i.e. différemment situés dans les rapports de classe, de genre, de génération…), ou encore par des publics de différentes nationalités, et s’interroger sur ce que traduisent à la fois les variations et les invariants dans la réception empirique de cette œuvre. L’évolution de la valeur esthétique, mais également éthique des œuvres dans le temps et dans l’espace, issues d’un horizon culturel et axiologique différent, pourra ainsi être une question importante dans ces communications. Symétriquement, l’existence empirique des communautés interprétatives (Fish, 1980), de leur définition et de leurs contours ou encore des modalités de leur constitution et disparition en interaction avec les œuvres pourra également être approfondie.
Les communications pourront aussi étudier le lien entre l’esthétique et la poétique d’une œuvre et sa réception. À l’image des travaux fondateurs de Janice Radway aux Etats-Unis (1984) ou de Georges Molinié et Alain Viala en France (1992), on pourra ainsi mêler l’analyse externe d’une œuvre (production et réception) à son analyse interne, pour essayer de comprendre ce qui, dans l'œuvre, prévoit, programme, tente d’organiser et d'encadrer une réception – et avec quelles probabilités de succès. Face à un récit par exemple, les effets de la structure narrative, de la focalisation, de la voix narrative pourront ainsi être interrogés. Les représentations stéréotypées pourront également être interrogées dans leurs effets d’autorité et de modélisation (exemple ou contre-exemple) selon les récepteurs·rices et le contexte de réception.
On pourra ainsi s’interroger sur les relations entre réception suggérée par l’œuvre et réceptions empiriques, interroger la pertinence de la notion de réception « conforme ». Il appartient d’actualiser et d’observer dans des réceptions empiriques ce que serait le braconnage, défini par Michel de Certeau comme un acte de résistance du consommateur, chassant sur les terres des producteurs de biens culturels et déjouant leurs stratégies de contrôle.
Dans le même temps, il s’agira d’interroger la possibilité d’une « tripartition sémiotique » des œuvres (Molino, 1975 ; Nattiez, 1987), entre un niveau poïétique focalisé sur le point de vue de la création, un niveau esthésique s’attachant à aborder l’œuvre depuis sa réception, et un niveau neutre qui pourrait s’affranchir des deux précédents via une proximité analytique avec le texte. Que nous apprennent les histoires de la réception de ce prisme analytique, et quelle actualité conserve ou non cette tripartition traditionnelle, qui fait encore autorité dans de nombreux milieux musicologiques notamment (Ayrault, 2022) ?
Enfin, rappelant en suivant Howard Becker (1988) que la production d’un bien culturel relève d’un processus collectif, tant dans sa production que dans sa réception, on pourra s’interroger sur les effets de l’encadrement de la réception par celles et ceux qui diffusent, prescrivent et/ou médiatisent les œuvres (éditeurs, enseignant·es, médiathécaires et bibliothécaires, libraires, critiques, etc.), en tenant compte des divers procédés de médiations qui peuvent ici être déployés (Barth-Rabot, 2023).
Éthiques et politiques des réceptions empiriques
Dans le sillage du tournant éthique des sciences humaines, ce colloque invitera aussi à penser les récepteur·rices comme sujets politiques et comme ethos qui engagent des façons de vivre et des manières d’être lors du processus de la réception des œuvres. On pourra ainsi étudier les aspects éthiques qui se manifestent dans la co-construction du sens de l'œuvre : quelles idées et valeurs sont défendues à travers la réception de l'œuvre et le discours tenu sur cette réception ? Quels positionnements sont adoptés, de manière revendiquée ou non ?
À la croisée de problématiques épistémologiques et éthiques, on pourra ainsi interroger les réceptions socialement différenciées (Hall, 1980), l’appropriation différenciée des représentations culturelles au sein de la socialisation des individus (Pasquier, 1999) et les manifestations du positionnement (standpoint), théorisé au départ par les études féministes (Haraway, 2007 ; Zenetti, 2023), dans les lectures et réceptions des textes et œuvres culturelles. Comment lit-on et relit-on les œuvres en tant que personne située socialement et affectivement, faisant ou non partie de la culture hégémonique ou des marges (Bell Hooks, 1984) ? Quels sont les signes de ces appartenances sociales dans les réceptions (Chedaleux, 2022 ; Lambolez, 2023), et comment les analyse-t-on ? Quelles logiques de relégation ont pu présider à la réception d’œuvres longtemps jugées mineures, et comment cette réception évolue-t-elle dans une ère plus soucieuse de revaloriser les oublié·es de l’histoire ? Comment comprendre et que faire de la « neutralité axiologique » (Max Weber, 1963) dans l’approche et l’interprétation empiriques des œuvres ? Il s’agirait ici aussi d’explorer ce que l’on peut appeler les « politiques de la réception », dans la lignée des approches culturelles, post-coloniales, féministes et queer.
On pourra également s’interroger sur les effets de ce que le philosophe Kwame Anthony Appiah appelle des « révolutions morales » (2012), qui se présentent comme des « transformations radicales de la sensibilité […] conduisant à récuser […] en vertu d’une transformation des codes de l’honneur, des comportements longtemps jugés acceptables, ou même valorisés » (Chavoz, 2022). Ces « révolutions morales » se manifestent-elles dans les réceptions empiriques, et comment ? Si la sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles semble bien par exemple engager une évolution de la réception, on pourra éclairer le mouvement de va-et-vient et de complémentarité entre le contexte socio-politique et la réception empirique des œuvres, qui témoignerait d’un changement éthique de la sensibilité.
Un point important sera encore celui des questions éthiques suscitées par la recherche sur la réception empirique pour les acteur·rices de cette recherche : comment respecter la parole des enquêté·es ? Que faire du ventriloquisme du chercheur ou de la chercheuse et des potentiels effets de domination dans la relation d’enquête ? Faut-il - et si oui, comment - rendre compte des relations qui se nouent entre les sujets lors de ces enquêtes de réception, des rencontres, des chocs, des épiphanies et des liens qui se jouent sur le terrain ? La notion de « care » peut-elle être convoquée pour penser une éthique de la recherche sur les réceptions empiriques (Tronto, 1993) ?
Dans le prolongement de cette interrogation, les communications pourront soulever des questions pédagogiques et didactiques, ainsi que des questions de vulgarisation. Transmettre les résultats de ses recherches sur la réception empirique des œuvres ou enseigner des contenus sur des biens symboliques suscite en effet des questionnements éthiques non négligeables, notamment celui de savoir comment faire cas des différentes réceptions empiriques dans l’approche des œuvres.
Créations et réceptions
Le dernier axe de cet appel porte sur les liens entre réceptions empiriques et création.
Si on conçoit la traduction comme une opération mobilisant lecture et écriture, à la croisée de la réception et de la création (Bulh, 2022), la question du lien entre réception empirique et traduction pourra être spécifiquement posée. Quels sont les effets de la réception du traducteur ou de la traductrice sur les textes produits ? Comment la prise en compte de la réception subjective et inter-subjective du traducteur ou de la traductrice participe-t-elle au travail de la traduction ? Des chercheuses ont par ailleurs exploré le rôle que la traduction et l’appartenance du traducteur ou de la traductrice à une aire culturelle spécifique ont pu jouer dans l’histoire des violences socio-politiques comme la domination coloniale, les camps d’extermination, les sociétés d’apartheid, les régimes totalitaires, les abus sexuels, etc. (Apter, 2013 ; Samoyault, 2020). Les enjeux de traductologie interviennent alors dans le travail de réparation au cœur de cette opération d’écriture. La dimension éthique de ces questionnements peut donc également être soulignée.
Les communications pourront aussi porter sur les créations produites à partir d’une ou de plusieurs réceptions empiriques. Les réécritures, les parodies, les pastiches sont-ils des cas de réception créative ? On remarque ainsi la tendance contemporaine, au cinéma (Eugénie Grandet de Marc Dugain) comme au théâtre (Dom Juan mis en scène par David Bobée en 2023, Bérénice mis en scène par Romeo Castelluci en 2024) et à l’opéra (Carmen mis en scène par Léo Muscato en 2018) à réécrire les œuvres. Celle-ci semble témoigner de l’évolution de leur réception, notamment à partir d’une lecture éthique, par exemple quand Léo Muscato réécrit la fin de Carmen « parce qu’on ne peut pas applaudir le meurtre d’une femme », geste auctorial fort qui a fait polémique et mérite d’être interrogé : comment sont reçues, à leur tour, ces réceptions éthiques ? Comment étudier en outre les créations collaboratives qui sont apparues ces dernières décennies suite à la popularisation d’Internet, comme les fanfictions ou encore les best-sellers comme Cinquante nuances de Grey d’E.L. James ou Captive de Sarah Rivens, écrits avec Internet par des autrices qui prennent en compte la réception de leurs lectrices pour orienter leur narration ?
Par ailleurs, sera bienvenue la présentation de projets de recherches-créations construits à partir de réceptions empiriques, qu’ils soient étudiés ou performés, à l’image du spectacle Face à Chienne : portrait d’un public, performance de Mathilde Morel et Mathilde Zbaeren qui propose un débat sur la réception du spectacle Chienne, adapté par Fabrice Gorgerat pour la Compagnie Jours tranquilles, à partir du récit de Marie-Pier Lafontaine dans lequel l’autrice raconte l’inceste qu’elle a subi.
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Une plateforme commune
Ce colloque est en partie porté par l’équipe à l’origine du site Comment sont reçues les œuvres ?, dont on pourra lire ici une présentation : https://etudes-reception.org/
Il s’agit d’une plateforme collaborative destinée aux chercheur·es intéressé·es par les études de réception, destinée à partager à la fois ses méthodes, mais aussi ses résultats d’enquête. De nombreux corpus de sources y sont d’ores et déjà rendus disponibles en libre accès. Ce colloque se pense aussi comme un appel à la mutualisation : les contributeur·ices sont ainsi également invité·es à nous faire parvenir des exemples de méthodologies [voir des exemples], ou même des corpus de résultats d’enquête [voir des exemples] susceptibles de venir nourrir le site.
Ce colloque est également soutenu et porté par l’Institut Universitaire Lethica, de l’Université de Strasbourg, dont on pourra consulter ici le Lethictionnaire. Nous porterons donc une attention particulière aux chercheurs et chercheuses explorant les liens entre éthique et réceptions empiriques.
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Bibliographie indicative
Albenga Viviane, S’émanciper par la lecture : genre, classe et usages sociaux des livres, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022.
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Apter Emily, Against World Literature: on the Politics of Untranslability, Londres/New York, Verso, 2013.
Alexandre Ayrault. De l’opératique en musicologie francophone. Fonction de la tripartition sémiologique chez Jean-Jacques Nattiez d’un point de vue épistémologique. l’Harmattan, 2022.
Barth-Rabot Cécile, La Lecture. Valeurs et déterminants d’une pratique, Paris, Armand Colin, 2023.
Baudelot Christian, Cartier Marie, Détrez Christine, Et pourtant, ils lisent, Paris, Le Seuil, 1999.
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Becker Howard, Les Mondes de l’art, Paris, Flammarion, 2024 [1988].
Berjaud Clémentine, Cinq sur cinq, Mi Comandante ! Contribution à l’étude des réceptions des discours politiques télévisés, Paris, Dalloz, 2016.
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Bigey Magali, « 50 nuances de Grey : du phénomène à sa réception », Hermès, n° 69, 2014, pp. 88-90.
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Bourdaa Mélanie, Les Fans : Publics actifs et engagés. C&F éditions, 2021.
Bulh Virginie, « De la recherche-création en traductologie à l’écriture créative : compte rendu d’un cheminement doctoral », e-Rea, n°20.1, 2022.
URL : http://journals.openedition.org/erea/15472
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Calendrier
• Envoi des propositions comprenant votre nom, affiliation, titre et synthèse de la
communication (3000 signes) : 13 avril 2026
• Les propositions sont à envoyer conjointement à : aimee-luce.ponza@etu.unistra.fr et celine.duverne@ulb.be .
• Réponse aux participant.e.s : juin 2026
• Colloque : 18-19 mars 2027 à l’Université de Strasbourg