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État(s), action(s), existence(s) (Univ. de Szeged, Hongrie)

État(s), action(s), existence(s) (Univ. de Szeged, Hongrie)

Publié le par Marc Escola (Source : Timea Gyimesi)

29e École Doctorale des Pays de Visegrád

Colloque international « État(s), Action(s), Existence(s) »

Université de Szeged, les 3-5 septembre 2026

Les notions d’État(s), Action(s) et Existence(s) constituent un triptyque conceptuel central pour penser le monde contemporain, marqué par des crises écologiques, sociales, politiques et technologiques. Loin de se limiter à de simples catégories descriptives, elles sont envisagées ici comme des opérateurs conceptuels dynamiques permettant d’interroger les formes de l’expérience humaine, les manières d’agir dans le monde et les processus par lesquels le sens se construit et se partage.

La notion d’état renvoie aux conditions, situations ou dispositions dans lesquelles les individus et les groupes sociaux sont inscrits. Elle englobe à la fois les régimes d’être et les contextes sociaux, politiques, institutionnels ou environnementaux qui structurent l’existence. Les états peuvent être compris comme des configurations provisoires de l’expérience, à la fois cadres de possibilité et formes de contrainte, qui conditionnent l’action tout en étant eux-mêmes susceptibles d’évoluer sous l’effet des interactions, des événements et des transformations historiques.

L’action désigne l’ensemble des gestes, pratiques, processus ou événements par lesquels une transformation s’opère dans le monde. Qu’elle soit individuelle ou collective, concrète ou symbolique, l’action est toujours située et relationnelle : elle engage des subjectivités, modifie des environnements et participe à la reconfiguration des états existants. En ce sens, l’action ne se limite pas à une simple réaction aux conditions données, mais constitue un lieu de production de sens et de redéfinition des formes de l’existence.

L’existence, enfin, renvoie à l’expérience vécue et aux manières singulières ou collectives d’habiter le monde. Elle engage les processus de subjectivation, la construction des identités, les relations aux autres, aux milieux et aux non-humains, ainsi que la capacité à devenir et à inventer de nouvelles formes de vie. L’existence ne se comprend pas comme un état figé, mais comme un devenir, constamment façonné par les actions, les récits, les médiations symboliques et les pratiques culturelles.

Dans un contexte de transformations rapides et de tensions multiples, ces concepts permettent de réfléchir à la manière dont les humains et les sociétés naviguent entre conditions existantes, actions possibles et modes d’existence en constante évolution. Ils offrent un cadre pour penser les rapports entre expérience, langage, culture et médiation, et permettent d’analyser la production et la stabilisation du sens dans différents champs : littéraire, artistique, linguistique, pédagogique et philosophique.

Axes / Panels 

Axe 1 – Littérature, arts et cultures francophones : récits, fictions et fabulations du monde

Cet axe interroge la littérature et les arts francophones en tant que pratiques symboliques et esthétiques capables de produire des états, d’organiser des actions et de proposer des formes d’existence alternatives. Les récits, les fictions et les fabulations sont envisagés comme des dispositifs par lesquels se configurent des mondes possibles, offrant à la fois des modes de compréhension du réel, des formes d’engagement et des potentialités de transformation. Les contributions pourront porter sur l’analyse d’œuvres littéraires, artistiques ou de pratiques culturelles mettant en jeu des états affectifs, des expériences vécues et des écritures de l’intériorité, ainsi que sur des récits d’action individuelle ou collective, de résistance, d’attente ou d’impuissance. Une attention particulière pourra être accordée aux récits de crise et aux formes contemporaines de la fiction et de la fabulation, notamment lorsqu’elles interrogent les imaginaires écologiques, les relations entre humains et non-humains, les temporalités et les modes d’habitation du monde. Il s’agira plus largement de montrer que la littérature et les arts ne se limitent pas à représenter le monde, mais qu’ils participent activement à la mise en forme de l’expérience, à la reconfiguration du sensible et à l’invention de nouveaux modes d’existence.

Axe 2 – Linguistique : langage, ontologie et construction du sens

Cet axe interroge la langue française comme un lieu central de constitution de l’expérience et de construction du réel. Les notions d’état, d’action et d’existence y sont envisagées à la fois comme des catégories linguistiques et comme des formes de conceptualisation du monde, permettant d’analyser la manière dont le langage met en forme l’expérience et rend l’existence intelligible. Les contributions pourront porter sur l’étude des verbes d’état et d’action, des constructions de l’existence et de la structure événementielle des énoncés, ainsi que sur les phénomènes de référentialité, de modalité, de subjectivation et d’énonciation. Elles pourront également s’intéresser aux discours et aux pratiques langagières dans une perspective ontologique et pragmatique, en examinant comment le langage ne se contente pas de décrire le monde, mais participe activement à sa production, à sa stabilisation et à sa transformation. Cet axe invite ainsi à penser le langage comme une médiation ontologique, capable de produire des cadres d’intelligibilité, de structurer les relations entre le sujet et le monde, et de rendre possibles certaines formes d’action et d’existence.

Axe 3 – Traductologie et didactique du français langue étrangère : pédagogie expérimentale, traduction culturelle, transmission et éthique

Cet axe envisage la didactique du français langue étrangère et la traductologie comme des pratiques expérimentales et situées, dans lesquelles la transmission des savoirs et la production de sens s’articulent à l’expérience, à l’action et à la transformation des modes d’existence. L’enseignement du FLE et la traduction y sont envisagés comme des espaces de médiation linguistique, culturelle et éthique, attentifs aux contextes sociaux dans lesquels s’inscrivent les apprentissages. Les contributions pourront analyser des dispositifs pédagogiques innovants fondés sur la co-construction du sens, l’attention aux affects, aux récits et aux œuvres culturelles, ainsi que sur la prise en compte d’enjeux contemporains, sociaux, éthiques ou écologiques. Elles pourront également interroger les pratiques éducatives et traductives comme des processus de transformation conjointe des savoirs, des subjectivités et des manières d’habiter le monde. Dans cette perspective, la traduction — entendue comme traduction culturelle — est envisagée comme une médiation interculturelle à part entière, impliquant des choix et des déplacements de sens, et participant à la reconfiguration des expériences, des rapports au langage et des formes d’existence.

Bibliographie indicative

(Cette bibliographie constitue un horizon théorique possible ; elle n’est ni exhaustive ni prescriptive.)

• Asnès, M. (2004). Référence nominale et verbale. Analogies et interactions. Paris : Presses de l’Université Paris-Sorbonne.
• Barthes, R. (1977). Roland Barthes par Roland Barthes. Paris : Seuil.
• Benveniste, É. (1966). Problèmes de linguistique générale. Paris : Gallimard.
• Berman, A. (1999). La traduction et la lettre ou l’auberge du lointain. Paris : Seuil.
• Charlot, B. (1997). Du rapport au savoir. Paris : Anthropos.
• Deleuze, G. (1990). Pourparlers. Paris : Minuit.
• Deleuze, G., & Guattari, F. (1980). Mille Plateaux. Paris : Minuit.
• Descola, P. (2005). Par-delà nature et culture. Paris : Gallimard.
• Dewey, J. (2010). L’Art comme expérience. Paris : Gallimard.
• Dewey, J. (2011). Démocratie et éducation. Paris : Armand Colin.
• Diagne, S. B. (2022). De langue à langue. L’hospitalité de la traduction. Paris : Albin Michel.
• Foucault, M. (1984). L’usage des plaisirs. Paris : Gallimard.
• Glissant, É. (1990). Poétique de la relation. Paris : Gallimard.
• Gross, G. (2012). Manuel d’analyse linguistique. Approche sémantico-syntaxique du lexique. Villeneuve d’Ascq : Presses Universitaires du Septentrion.
• Kerbrat-Orecchioni, K. (2006). L’énonciation. De la subjectivité dans le langage. Paris : Armand Colin.
• Latour, B. (2012). Enquête sur les modes d’existence. Une anthropologie des modernes. Paris : La Découverte.
• Macé, M. (2011). Façons de lire, manières d’être. Paris : Gallimard.
• Maingueneau, D. (2014). Discours et analyse du discours. Paris : Armand Colin.
• Ricœur, P. (1983–1985). Temps et récit (3 vol.). Paris : Seuil.
• Ricœur, P. (2004). Sur la traduction. Paris : Bayard.
• Samoyault, T. (2020). Traduction et violence. Paris : Seuil.
• Schoentjes, P. (2015). Ce qui a lieu. Essai d’écopoétique. Marseille : Wildproject.
• Simondon, G. (1964). L’individuation à la lumière des notions de forme et d’information. Paris : PUF.
• Stengers, I. (2017). Au temps des catastrophes. Paris : La Découverte.
• Van de Velde, D. (2006). Grammaire des événements. Villeneuve d’Ascq : Presses Universitaires du Septentrion.

Organisation et participation

Le colloque est ouvert à l’ensemble des doctorants et se veut un espace de formation à la recherche et à la pensée critique. Les communications orales et les temps de discussion offriront aux participants l’occasion de présenter des travaux en cours, de mettre à l’épreuve leurs cadres théoriques, de dialoguer avec d’autres disciplines et de s’inscrire dans une communauté scientifique francophone fondée sur l’échange, la discussion et la réflexivité.

Une publication des actes du colloque permettra de donner une visibilité aux recherches présentées et de prolonger la réflexion collective sur les manières contemporaines de penser l’état, l’action et l’existence.

Modalités de soumission

Les propositions de communication, d’une longueur maximale de 300 mots (bibliographie indicative comprise), accompagnées d’une brève notice biobibliographique, sont à envoyer avant le 31 mai 2026 à l’adresse suivante : v4colloque@gmail.com

Chaque proposition devra clairement présenter la problématique, le cadre théorique mobilisé ainsi que l’inscription de la communication dans l’un des axes du colloque.

Format des communications

Les communications prendront la forme d’exposés oraux de 20 minutes, suivis d’un temps de discussion.

Calendrier

·  Lancement de l’appel : 1er février 2026

·  Date limite de soumission : 31 mai 2026

·  Notification d’acceptation ou de refus : fin juin 2026

·  Programme définitif : fin juillet 2026

·  Colloque : 3–5 septembre 2026

 Frais de participation

·  60 EUR - seront exonérés des frais d’inscription les membres des associations nationales francophones des Pays de Visegrád (V4) (Gallica, Pleiada, etc.)

Comité scientifique

· Timea Gyimesi

· Judit Karácsonyi

· Katalin Kovács

· Géza Szász

· Zsuzsanna Gécseg

· Márton Horváth

· Ildikó Seres