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Communication et persuasion dans le discours artistique et littéraire : les armes invisibles de la création (en ligne)

Communication et persuasion dans le discours artistique et littéraire : les armes invisibles de la création (en ligne)

Publié le par Faculté des lettres - Université de Lausanne (Source : Mourad Oukessou)

La communication, loin de se réduire à un simple vecteur de transmission d’informations ou à un dispositif neutre d’échange symbolique, constitue une véritable technologie discursive au cœur des processus de création, de diffusion et de réception des œuvres artistiques et littéraires. Dans ces champs, elle agit comme une mécanique complexe de production du sens, capable d’orienter les interprétations, de façonner les sensibilités, d’instituer des hiérarchies esthétiques et de légitimer des courants, des auteurs ou des pratiques. Elle ne se contente pas d’accompagner l’œuvre : elle participe activement à sa construction symbolique et à son inscription dans l’espace social.

Qu’elle prenne la forme du langage verbal, de l’image, de l’écrit, de la performance ou du discours critique, la communication engage toujours une dimension performative. Elle ne se borne pas à représenter l’art ou la littérature ; elle les fait advenir en tant qu’objets de valeur, de débat et de reconnaissance. Chaque œuvre s’inscrit ainsi dans un réseau discursif où s’entrelacent intentions esthétiques, stratégies de persuasion, cadres institutionnels et attentes du public. L’acte de création se double alors d’un acte de communication, conscient ou non, qui mobilise des ressources rhétoriques, sémiotiques et narratives destinées à produire des effets précis sur le récepteur.

Dans l’espace littéraire, le discours n’est jamais un simple reflet du réel ou de l’imaginaire. Il s’impose comme une reconstruction stratégique du monde, un agencement soigneusement élaboré de formes, de voix et de récits visant à émouvoir, convaincre, séduire ou déstabiliser. Le choix d’un point de vue narratif, d’un registre de langue, d’une temporalité ou d’une structure textuelle relève d’une logique de persuasion qui engage le lecteur dans un pacte interprétatif spécifique. De même, dans le domaine artistique, l’œuvre ne se limite pas à illustrer des idées ou à traduire des émotions ; elle fabrique du sens, redéfinit les frontières du visible et construit ce qui apparaît comme une évidence esthétique. Loin d’être spontanée ou innocente, cette fabrication s’inscrit dans des cadres discursifs où se négocient le sens, la valeur et la légitimité.

Derrière l’apparente liberté de la création ou la neutralité revendiquée du discours critique s’activent ainsi des stratégies rhétoriques précises, des choix sémiotiques délibérés et des présupposés idéologiques structurants. Les manifestes artistiques, les préfaces, les critiques, les discours institutionnels ou médiatiques participent pleinement à cette économie symbolique de la persuasion. Ils contribuent à construire des réputations, à orienter les goûts, à imposer des grilles de lecture et à stabiliser, ou au contraire à subvertir, les normes esthétiques dominantes.

Cette journée d’étude se propose dès lors de déplier les logiques internes de ces « armes invisibles » inhérentes aux discours artistique et littéraire. Il s’agira d’en interroger les conditions d’énonciation, d’en analyser les ressorts persuasifs, d’en étudier les modalités de circulation et d’en mesurer les effets sociaux, culturels et symboliques. En croisant les approches issues de l’analyse du discours, de la sociologie de l’art, de l’esthétique et des sciences de l’information et de la communication, cette rencontre scientifique ambitionne d’éclairer les mécanismes par lesquels le langage, dans ses usages créatifs, critiques ou polémiques, devient un instrument de séduction, de domination symbolique, de subversion ou de réinstitution du monde.

L’objectif est de penser le discours artistique et littéraire non comme un simple commentaire de l’œuvre, mais comme un espace de luttes symboliques où se jouent des enjeux de pouvoir, de reconnaissance et de légitimation. À travers l’étude des formes discursives, des pratiques communicationnelles et des dispositifs de médiation, il s’agira de mieux comprendre comment l’art et la littérature s’inscrivent dans des dynamiques sociales et idéologiques plus larges, tout en conservant leur capacité à interroger, déplacer et reconfigurer les représentations.

Les propositions de communication pourront s’inscrire dans l’un des axes suivants (liste non exhaustive) :

1- Rhétorique et éloquence : les techniques de persuasion dans l’art et la littérature

2-    Discours critique : entre neutralité et engagement

3-    Communication culturelle : fabrique de la réputation et de la valeur symbolique

4-    Langage et légitimation des courants artistiques et littéraires

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Modalités de soumission :

L’événement se tiendra en ligne.

Les communications seront présentées en français.

Les propositions (environ 400 mots) sont à envoyer à l’adresse suivante :
mourad_oukessou2000@yahoo.com

Elles doivent contenir :

·        Nom complet

·        Adresse mail

·        Statut

·        Affiliation

·        Axe choisi

·        Titre de la communication

·        Résumé

Calendrier :

·        23 mars 2026 : date limite de réception des propositions

·        6 avril 2026 : réponse du comité scientifique

·        30 avril 2026 : publication du programme définitif

·        4 mai 2026 : tenue de la journée d’étude

Coordination : Prof. Mourad Oukessou

Comité d’organisation :

ABOUDI Youssef, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

AIT KAIKAI Hanaa, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

AIT LAAGUID Brahim, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

AYOUB Mohammed, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

BENHESSOU Laila, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

BOUCHAREB Redouane, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

BOUDIAB Adil, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

EL GOUAR Najlaa, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

HIROUAL Yassine, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

JABALI Jamal, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

JAMIAI, Adbelmajid, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

MARFOUQ Assia, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

MOATAZ Issam, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

MOUSSAFIR Khalil, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

OUACHENE Naïma, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

OUCHNID Bouchra, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

OUKESSOU Mourad, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

RAJ Mohammed, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

ZEHAF Ahmed, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

ZHAOUI Laila, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

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Comité scientifique :

RAJ Mohammed, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

ZEHAF Ahmed, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

BOUDIAB Adil, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

HIROUAL Yassine, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

OUKESSOU Mourad, Université Hassan 1er, Settat, Maroc

MARFOUQ Assia, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

BOUCHAREB Redouane, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

EL GOUAR Najlaa, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.

OUAZZA Lhassan, CRMEF Casa – Settat, Maroc.

BENTHAMI Abdelilah, Université Abdelmalek Essaâdi, Tétouan, Maroc

OUCHNID Bouchra, Université Hassan 1er, Settat, Maroc.