Mondialiser le francophone/graphe : modes littéraires et artistiques de (non-)appartenance / Worlding Francophone/graph. Literary and Artistic Modes of (Non)belonging (Göteborg, Suède)
Call for Papers
Worlding Francophone/graph: Literary and Artistic Modes of (Non)belonging
(Version française ci-dessous)
Confirmed Keynote Speakers:
Prof. Charles Forsdick, University of Cambridge
Prof. Natalie Edwards, University of Bristol
8-9th June 2026, University of Gothenburg, Sweden
Reflecting on reading world literature, Rebecca Walkowitz suggests that “instead of asking where or in what language a work of literature belongs, we need to ask how it belongs” (ACLA State of the Discipline Report 2015). This shift in perspective foregrounds questions of affiliation rather than origin, and of relational rather than prescriptive or deterministic modes of belonging. It also invites critical reflection on how interpretative practices themselves construct or contest belonging. While Walkowitz primarily focuses on global anglophone contexts, similar questions have also been raised within francophone scholarly arenas. In fact, advocates and critics of littérature-monde, as well as proponents of “French Global” and Transnational French Studies, have debated along such lines of enquiry for nearly two decades. How might a “world literature in French” function as a site of negotiations between the universal and the particular, the cosmopolitan and the vernacular? What leads us to read certain texts and images as part of a francophone cultural space? And how do such artworks participate in the (re)making of francophone worlds?
Taking such questions as its point of departure, this conference explores modes of (non)belonging in contemporary and historical literary and artistic production, with particular emphasis on multilingual or multimodal practices in the francosphere. By focusing on “(non)belonging”, it seeks to highlight writers’ and artists’ different and sometimes aporetic attitudes to French linguistic and cultural articulations of identity, while also encouraging attention to creative practices that resist, complicate, or unsettle established models of linguistic, national, or cultural belonging.
The conference brings into dialogue two interconnected strands of ongoing critical enquiry in French and Francophone Studies: on the one hand, the French language-focused approach to literary and artistic works, their aesthetics, material forms, and political stakes; on the other, conceptual debates on world literature and related artistic works. Over the past decades, this intersection has been central to the emergence of transnational, multilingual, and planetary approaches that have reshaped the field. More recent discussions around the “worlding” of modern languages have emphasized the need for comparative perspectives that move across and between language areas, drawing attention to forms of cultural production that do not align neatly with the language-based categories continuing to structure academic disciplines and institutional constellations.
With the coinage “francophone/graph”, we aim to highlight the linguistic and creative tension between sound and image, reflecting the multilingual speaker’s multimodal relationship with languages and composite identities. Moreover, the conference seeks to conceptually expand on the “francograph” further: 1) in a spatial direction, i.e. the problematic geopolitical mapping of, or cartographic approaches to, the francophone; 2) in a visual direction, i.e. the representation, reimagining, and reconfiguration of francophone spaces and identities through fictional and artistic practices that engage with visual media (e.g. calligraphy, photography, graffiti, and graphic novels). In order to think this through, contributors may wish to draw on different ideas of “worlding” (Heidegger, Spivak, Derrida, Pheng Cheah, etc.): literature and art as worlds in themselves; the world-making power of literature and art; the unifying and opening process of temporalization through literature and art beyond cartography; or, conversely, European imperialist cultural construction of colonial geographies and imaginaries.
The above orientations are non-exhaustive, and we welcome papers that approach the topic from a variety of perspectives and materials, exploring modes of belonging and non-belonging in relation to francophone/graphic worlds.
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Submissions
We warmly invite colleagues at any career stage to submit an abstract of no more than 250 words, along with a short bio, by 23rd March 2026. Abstracts may be submitted in English or French.
There is no conference registration fee; catering and the conference dinner will be provided free of charge. However, participants would be expected to cover their own travel and accommodation expenses.
Submissions should be sent by email to all three conference organisers: alice.duhan@gu.se, shuangyi.li@bristol.ac.uk and cajsa.zerhouni@sprak.gu.se.
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Organisers
Alice Duhan, University of Gothenburg
Shuangyi Li, University of Bristol
Cajsa Zerhouni, University of Gothenburg
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Appel à contributions
Mondialiser le francophone/graphe : modes littéraires et artistiques de (non-)appartenance
Conférenciers invités :
Prof. Charles Forsdick, University of Cambridge
Prof. Natalie Edwards, University of Bristol
8–9 juin 2026, Université de Göteborg, Suède
Dans sa réflexion sur la lecture de la littérature mondiale, Rebecca Walkowitz suggère que « plutôt que de se demander à quel espace ou à quelle langue une œuvre littéraire appartient, il conviendrait de se demander de quelle manière elle y appartient » (ACLA State of the Discipline Report, 2015). Ce déplacement de perspective met au premier plan des questions d’affiliation plutôt que d’origine, et privilégie une approche relationnelle de l’appartenance plutôt que des modèles prescriptifs ou déterministes. Il invite également à une réflexion critique sur la manière dont les pratiques interprétatives elles-mêmes contribuent à construire ou à contester l’appartenance. Si Walkowitz se concentre principalement sur des contextes anglophones, des interrogations comparables ont été formulées dans les champs de recherche francophones. De fait, les défenseurs et les critiques de la littérature-monde, tout comme les partisans du « French Global » et des études françaises transnationales, débattent de ces questions depuis près de deux décennies. Comment une « littérature-monde en français » peut-elle se constituer en lieu de négociation entre l’universel et le particulier, le cosmopolite et le vernaculaire ? Qu’est-ce qui nous conduit à lire certains textes et certaines images comme relevant expressément d’un espace culturel francophone ? Et de quelle manière ces œuvres participent-elles à la (re)configuration de mondes francophones ?
C’est à partir de ces questions que ce colloque propose d’explorer les modes de (non-)appartenance dans les productions littéraires et artistiques d’hier et d’aujourd’hui, en mettant l’accent sur les pratiques multilingues ou multimodales au sein de la francosphère. En se concentrant sur la « (non-)appartenance », le colloque entend mettre en lumière les rapports différenciés, parfois aporétiques, que les écrivains et les artistes entretiennent avec les expressions linguistiques et culturelles françaises de l’identité, tout en encourageant l’analyse de pratiques créatives qui résistent aux modèles établis de l’appartenance linguistique, nationale ou culturelle, qui les complexifient ou encore les déstabilisent.
Le colloque vise ainsi à faire dialoguer deux axes étroitement liés de la recherche actuelle en études françaises et francophones : d’une part, les approches centrées sur la langue française appliquées aux œuvres littéraires et artistiques, à leurs esthétiques, à leurs matérialités et à leurs enjeux politiques ; d’autre part, les débats relatifs à une conceptualisation de la littérature dans une perspective mondiale, et notamment en lien avec les productions artistiques. Au cours des dernières décennies, ce croisement a joué un rôle déterminant dans l’émergence d’approches transnationales, multilingues et planétaires qui ont profondément renouvelé le champ. Des discussions plus récentes autour du worlding ou la « mondialisation » des études en lettres modernes ont mis en évidence la nécessité de perspectives comparatistes capables de circuler entre différentes aires linguistiques, en attirant l’attention sur des formes de production culturelle ne se laissant pas aisément saisir par les catégories linguistiques qui continuent de structurer les disciplines universitaires et leurs cadres institutionnels.
Par l’emploi du terme « francophone/graphe », nous souhaitons enfin mettre en évidence la tension linguistique et créative entre le sonore et le visuel, en écho au rapport multimodal que les locuteurs plurilingues entretiennent avec les langues et les identités composites. Le colloque se donne ainsi également pour objectif d’élargir conceptuellement la notion de « francographe » dans une double perspective : 1) une perspective spatiale, attentive à la géopolitique contestée de la francophonie et aux approches cartographiques qui lui sont appliquées ; 2) une perspective visuelle, interrogeant la représentation, la réinvention et la reconfiguration des espaces et des identités francophones à travers des pratiques fictionnelles et artistiques qui mobilisent des médias visuels (tels que la calligraphie, la photographie, le graffiti ou la bande dessinée). Afin d’accompagner leur réflexion, les contributeurs pourront s’appuyer sur différentes conceptions du worlding ou de la mondialisation (Heidegger, Spivak, Derrida, Pheng Cheah, entre autres) : la littérature et l’art comme mondes en soi ; leur pouvoir de création de mondes ; le processus, à la fois unificateur et ouvert, de temporalisation par la littérature et l’art au-delà de la cartographie ; ou, à l’inverse, la construction culturelle impérialiste européenne des géographies et des imaginaires coloniaux.
Ces orientations ne sont en aucun cas exhaustives, et nous accueillons avec intérêt des propositions qui abordent cette thématique à partir d’approches et de corpus variés, en explorant les modes d’appartenance et de non-appartenance aux mondes francophones ou francographiques.
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Modalités de soumission
Nous invitons chaleureusement les collègues, à tous les stades de carrière, à soumettre un résumé de 250 mots maximum, accompagné d’une courte notice bio-bibliographique, au plus tard le 23 mars 2026. Les propositions peuvent être rédigées en français ou en anglais.
Il n’y a pas de frais d’inscription pour ce colloque. Les repas et le dîner seront offerts. Toutefois, les frais de déplacement et d’hébergement seront à la charge des participants.
Les propositions sont à envoyer par courriel à : alice.duhan@gu.se, shuangyi.li@bristol.ac.uk et cajsa.zerhouni@sprak.gu.se.
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Organisation
Alice Duhan, Université de Göteborg
Shuangyi Li, Université de Bristol
Cajsa Zerhouni, Université de Göteborg