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La Ville livre. Géographie littéraire de l’espace urbain : inscriptions, circulations et pratiques (revue Géographie et cultures)

La Ville livre. Géographie littéraire de l’espace urbain : inscriptions, circulations et pratiques (revue Géographie et cultures)

Publié le par Faculté des lettres - Université de Lausanne (Source : David Labreure)

Appel à contribution pour un numéro spécial de Géographie et cultures

La Ville livre. Géographie littéraire de l’espace urbain : inscriptions, circulations et pratiques

Comme la littérature et les études littéraires, la géographie culturelle reconnaît « l’importance des représentations, de l’imaginaire, des discours, des systèmes de signes dans le fonctionnement et les dynamiques des sociétés » (Lévy 29). Lionel Dupuy, dans son introduction à L’Imaginaire géographique : essai de géographie littéraire, a d’ailleurs mis au jour des points de convergence entre les perspectives selon lesquelles ces disciplines interrogent nos façons d’habiter le monde. Ce numéro de Géographie et cultures consacré à la géographie littéraire de l’espace urbain ne prend pas pour objet le « roman-géographe » étudié par Dupuy mais propose de s’intéresser à la ville-livre, l’espace urbain imprégné du littéraire et de ses traces : comment la littérature informe-t-elle le paysage urbain ? En quoi l’architecture urbaine et ses modes d’existence et de circulation contribuent-ils à faire émerger de nouveaux registres d’écriture et de lecture iconotextuelles ? En retour, que fait la littérature à la ville, comment, en s’affichant dans l’espace urbain, contribue-t-elle à inventer de nouvelles formes d’habiter et de vivre la ville, individuelles et collectives ? Il ne s’agira pas d’analyser comment la littérature dit ou métaphorise la ville mais de cartographier ce qu’elle fait à notre expérience de l’espace urbain ou d’une culture commune lisible spatialement.

Longtemps perçue comme confinée à l’espace clos des bibliothèques ou des salles de classe, la littérature investit pourtant, de manière discrète mais significative, l’espace public. Elle se manifeste sous des formes diverses : plaques de rue (commémoratives, London blue plaques…), statuaire, demeures d’écrivains, affiches, fresques murales ou encore œuvres de Street art explicitement ou allusivement littéraires. Cette présence matérielle de la littérature ancre le quotidien des citoyens dans un environnement urbain pétri de culture littéraire tout en remplissant une fonction mémorielle, éducative et symbolique, voire festive et créatrice. Le territoire, traversé d’enjeux liés à la préservation et à la valorisation du patrimoine et du matrimoine littéraires ainsi qu’à la fabrication d’une identité culturelle et d’une mémoire collective, est également lézardé par des zones de rébellion ou d’investissement littéraires « vandales ». On pourra cartographier les formats littéraires, les modes d’adresse (caricature, humour, ironie, poésie, militantisme), les processus de fragmentation et de citation convoqués pour honorer un auteur ou interpeler les passants, ou étudier comment la littérature se matérialise, ou se matérialisait à des époques antérieures, dans des objets culturels tangibles pour s’inscrire dans des réseaux à la fois symboliques et pragmatiques de pouvoir et de contre-pouvoir.

La signalisation constitue un vecteur privilégié de cette inscription littéraire dans le paysage urbain. Les noms de rues, d’avenues ou d’institutions (lycées, bibliothèques, médiathèques) rendent hommage à des figures majeures de la littérature nationale ou internationale. Ces toponymes ne relèvent pas uniquement d’un choix administratif : ils traduisent une volonté de valoriser – ou d’invisibiliser – un héritage intellectuel commun, d’ériger certaines autrices et auteurs en modèles de pensée, en repères culturels et moraux. L’espace urbain parcouru, pragmatique, se fait lieu de transmission, géographie symbolique. Les contributeurs pourront s’intéresser aux régimes d’inscription de la littérature dans la rue et à sa contribution à la construction symbolique de l’espace public. Si la culture est la somme des histoires que l’humain se raconte pour se constituer en tant qu’humain, quel rôle l’affichage du littéraire joue-t-il dans la machine à produire de l’imaginaire, du sens et des sociabilités qu’est la ville ? La visibilité du littéraire dans l’espace urbain relève d’une politique officielle, mémorielle ou sociale nécessairement sélective et excluante : quels rapports d’inégalités ou de dominations parcourent l’inscription et la réception du littéraire dans la rue ? Quelle ville-livre pour les illettrés ? Quelles lignes de fuite, quelles voies de réappropriation pour les laissés pour compte de cet espace poétique et politique ?

La littérature s’invite également de manière plus éphémère ou plus artistique dans l’espace public, notamment à travers les affichages culturels (extraits d’œuvres, poèmes, citations) ou les formes contemporaines du Street art. De nombreuses initiatives municipales ou associatives proposent, par exemple, des fragments de poésie sur les murs, les abribus ou les vitrines, offrant un accès démocratisé à la création littéraire. Certains artistes urbains détournent des citations célèbres, rendent hommage à des écrivaines et à des écrivains à travers des fresques ou des collages. Ce dialogue entre littérature et art visuel renouvelle les modalités de création réception du littéraire, tout en revalorisant des espaces parfois marginalisés. En quoi le littéraire vient-il décentrer notre familiarité avec la ville, nous invitant à devenir « des touristes chez nous » (« tourists at home » selon Lucy Lippard) ? Quels sont les risques de récupération politique ou économique ? À quelles formes de résistance les pratiques littéraires dans la ville se heurtent-elles ? On pourra étudier comment la mise en espace littéraire de la ville a contribué à (dé)constuire la citoyenneté et les sociabilités, mais aussi les pratiques artistiques, au cours de l’histoire.

Toutes ces inscriptions, officielles ou clandestines, fabriquent une géographie culturelle, en rendant visibles les traces concrètes de la création littéraire dans le tissu urbain. Passantes et passants, souvent inattentifs, sont conviés à une forme de lecture de la ville, à la manière d’un palimpseste où passé et présent cohabitent, qui peut aussi être une (ré)écriture. Comment s’articulent les formes officielles, mémorielles de la littérature dans la rue, sa valeur de témoignage de la reconnaissance accordée à certains auteurs en tant que porteurs d’une identité culturelle partagée, voire d’un système moral ou idéologique, et ses formes plus libres, voire marginales ? La présence de la littérature dans la ville ne relève-t-elle pas également de contre-cartographies, de contre-cultures ou de contre-canons ? La ville n’est-elle pas l’un des lieux où la littérature s’offre au regard de tous, radicalement contemporaine, vivante, agissante, notre affaire à tous ? La ville se conçoit alors comme une psychogéographie, un espace à s’approprier – ou se réapproprier – par les sens et l’imaginaire, spontanément ou à l’aide d’une médiatisation orale ou écrite, un espace vécu, à lire, à rêver et, peut-être, où agir. Quelles figures incarnent ces lecteurs et écrivaines de ville ? Qui habite la ville en poétesse et en poète, qui sont les flâneuses et flâneurs d’aujourd’hui ? Peut-on écrire l’histoire de cette façon de modeler et d’habiter la ville ?

À une époque où l’accès à la littérature est mondialisé et l’accès au texte, dématérialisé, quels sont les enjeux et les effets de l’accessibilité de la littérature dans la rue ? Si la culture a un effet (« culture a thing that acts upon humans and human societies » Oakes & Price 6), que fait l’affichage de littérature dans la rue à nos pratiques urbaines individuelles et collectives ? Pourquoi ce goût de nos sociétés pour la ville-livre ? Pourquoi et comment la ville se construit-elle comme un espace imaginaire, entrelacs de discours et d’images qui composent un milieu offert à notre habiter ? Comment la ville fait-elle paysage littéraire, poétique, discursif ? Comment ce paysage est-il habité, parcouru, partagé ou médiatisé, voire évité ? Quelles nouvelles géographies en émergent ? On pourra étudier la mise en tourisme du patrimoine et du matrimoine littéraires mais également le(s) rôle(s) que joue le littéraire dans la mise en tourisme de la ville et le marketing urbain qui promeuvent la ville comme un espace d’histoires autant que d’histoire. Quel(s) rôle(s) jouent les guides littéraires et les collections éditoriales consacrées aux villes des écrivaines et écrivains dans ces processus ? Les contributeurs s’intéresseront possiblement aux nouvelles sociabilités qui émergent à la croisée des façons contemporaines d’habiter la ville et d’y circuler et de modalités de lecture et d’écriture émergentes, en étudiant, par exemple, l’usage les boîtes à livres ou les distributeurs d’histoires courtes.

Enfin, la ville-livre se construit-elle, se vit-elle et se pense-t-elle de la même façon partout dans le monde et à toutes les époques ou ne peut-elle s’envisager qu’au pluriel, dans la diversité de ses interactions avec des cultures littéraires, des habitudes de lecture, des infrastructures et des usages de la ville, des politiques urbaines et des imaginaires spécifiques et contrastés ? Où, comment et pourquoi la ville-livre crée-t-elle non seulement un habiter autrement mais un vivre mieux ?

C’est une cartographie subjective et imaginaire des nouvelles façons de vivre en poète dans la ville que ce dossier souhaite établir. Les contributions pourront croiser différentes approches théoriques. Sont acceptées les études de cas et les approches comparatistes et diachroniques.

Calendrier

Les propositions (400 mots + courte bibliographie) sont à envoyer avant le 27 février 2026 à :

David Labreure : auguste.comte.paris@gmail.com

Caroline Marie : caroline.marie.up8@gmail.com

la revue Géographie et cultures : gc@openedition.org

Acceptation des propositions : début mars

Envoi des articles : 22 mai 2026

(Entre 35 000 et 50 000 signes (résumés et bibliographie inclus). Chaque illustration compte pour 1 500 signes. Feuille de style de la revue : https://journals.openedition.org/gc/605)

Envoi du résultat des évaluations en double aveugle : 26 juin 2026

Envoi des versions finales : 18 septembre 2026

Langues de publication : français ou anglais (avec un résumé de 800–1000 mots en français)

Bibliographie

ANTON, Sonia (dir.), 2014, Vers une cartographie littéraire du Havre : de Bernardin de Saint-Pierre à Pascal Quignard, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre.

AUGÉ, Marc, 1992. Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Seuil.

BACHELARD, Gaston, 1957, Poétique de l’espace, Paris, Presses universitaires de France.

BARON, Christine, 2011, « Littérature et géographie : lieux, espaces, paysages et écritures », Fabula-LhT, n° 8.

BERCQUE, Augustin, 1987, Écoumène. Introduction à l’étude des milieux humains, Paris, Belin.

BROSSEAU, Marc, 2022, Tableau de la géographie littéraire, Pau, Presses universitaires de Pau et des pays de l’Adour.

CLAVAL, Paul, 2012, Géographie culturelle. Une nouvelle approche des sociétés et des milieux, Paris, Belin.

___, 2021, « L’approche culturelle en géographie : une autre appréhension de l’espace », Confins, n° 52.

CLERC, Thomas, 2007, Paris musée du XXIe siècle, le 10e arrondissement, Paris, Gallimard, coll. « L’arbalète ».

CODEX URBANUS, 2021, Fables subies, Critères.

COLLOT, Michel, 2021, « Tendances actuelles de la géographie littéraire », Histoire de la recherche contemporaine, n° 1.

___, 2014, Pour une géographie littéraire, Paris, José Corti.

COSNARD, Denis, 2022, Le Paris de Georges Perec, la ville mode d’emploi, Paris, Parigramme.

DE BIASE, Alessia, ROSSI Cristina (dir.), 2006. Chez nous. Territoires et identités dans les mondes contemporains, Paris, Éditions de la Villette.

DEBORD, Guy-Ernest, 1955, « Introduction à une critique de la géographie urbaine », Les Lèvres nues, n° 6.

DESBOIS, Henri, 2016, « La carte et le texte, une lecture géographique des ‘Rochers errants’ (Ulysse, de Joyce, chapitre 10) », L’Espace géographique, n° 4.

DESBOIS, Henri, GERVAY-LAMBONY, Philippe, 2007, Les lieux que nous avons connus… Deux essais sur la géographie, l’humain et la littérature, Nanterre, Presses universitaires de Nanterre.

DUPUY, Lionel, 2018, L’Imaginaire géographique. Essai de géographie littéraire, Presses universitaires de Pau et des Pays de l’Adour.

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FERRÉ, André, 1946, Géographie littéraire, Paris, Éditions du Sagittaire.

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JUDE, Ismaël, 2024, À Paris. Sur les pas des héros de romans, Paris, Éditions Autrement.

LÉVY, Bertrand, 1991, « Géographie humaniste, géographie culturelle et littérature. Position épistémologique et méthodologique », Géographie et cultures, n° 21.

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LÉVY, Bertrand, RAFFESTIN, Claude (dir), 2004, Voyage en ville d’Europe. Géographies et littérature, Genève, Metropolis.

LÉVY, Jacques, 2008, « La géographie culturelle a-t-elle un sens ? », Annales de géographie, n° 2.

LAZZAROTTI, Olivier, 2006, Habiter, la condition géographique, Paris, Belin.

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MAINGUENEAU, Dominique, 2006, « Quelques implications d’une démarche d’analyse du discours littéraire », COnTEXTES, n° 1.

MASSEY, Doreen, 1994, Space, Place, and Gender, Minneapolis, University of Minnesota Press.

MONDALA, Lorenza, 2000. Décrire la ville. La construction des savoirs urbains dans l’interaction et dans le texte, Paris, Anthropos.

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PÉREC, Georges, 1974, Espèces d’espaces, Paris, Éditions Galilée.

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RAIBAUD, Yves, 2011, Géographie socio-culturelle. Paris, L’Harmattan.

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SATIN, Leslie, BLAIR, Sara, 1998, « Cultural Geography and the Place of the Literary », American Literary History, n° 10.

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ZWER, Nephtys, 2024, Pour un spatio-féminisme : de l’espace à la carte, Paris, La Découverte.

 

 

 

CALL FOR PAPERS for a special issue of Geography and Cultures

THE BOOK CITY

Literary Geography of Urban Spaces : Inscriptions, Circulations and Practices

 

Like literature and literary studies, cultural geography acknowledges “the importance of representations, imaginaries, discourses, and systems of signs in the functioning and dynamics of societies” (Lévy 29). In his introduction to L’Imaginaire géographique: essai de géographie littéraire, Lionel Dupuy highlights key convergences between the ways these disciplines question how we inhabit the world. This special issue of Géographie et cultures on the literary geography of urban space does not focus on the “geography novel” studied by Dupuy but rather proposes an exploration of the book city: urban space permeated by literature and its material and symbolic traces. How does literature shape the urban landscape? How do urban architecture and its modes of organisation and circulation foster new iconotextual forms of writing and reading? Conversely, what does literature do to the city? How does literature visible in the city contribute to the invention of new individual and collective ways of inhabiting and experiencing cityscapes? Rather than analysing how literature represents or metaphorises the city, this issue seeks to map out what literature does to our experience of urban space or to forms of shared culture that are legible spatially.

Long regarded as confined to libraries or classrooms, literature nonetheless occupies public space in discreet yet significant ways. It appears in many forms: street plaques (commemorative plaques, London blue plaques, etc.), statues, writers’ houses, posters, murals, and works of street art that are explicitly or allusively literary. This material presence anchors citizens’ everyday lives in a cityscape saturated with literary culture, while fulfilling memorial, educational, symbolic, and, at times, festive or creative functions. Urban territory—shaped by concerns related to the preservation and promotion of literary heritage and matrimoine, as well as to the construction of cultural identity and collective memory—is also fissured by zones of “vandal” literary rebellion or appropriation. Contributions may map out literary formats, modes of address (caricature, humour, irony, poetry, activism), and practices of fragmentation and citation used to honour an author or address passers-by. They may also examine how literature materialises—or has materialised in the past—through tangible cultural objects, embedding itself within symbolic and pragmatic networks of power and counter-power.

Signage is a key medium through which literature gets inscribed in the urban landscape. The names of streets, avenues, or institutions (schools, libraries, media libraries) pay tribute to major figures of national or international literature. These toponyms are not neutral administrative choices: they reflect decisions to promote—or to obscure—a shared intellectual heritage, and to elevate certain authors as models of thought and as cultural and moral reference points. The cityscape, walked though and experienced, thus becomes a site of transmission, a symbolic geography. Contributors may explore the regimes through which literature is visible in the streets and its role in the symbolic construction of public space. If culture is the sum of the stories humans tell themselves in order to constitute themselves as human, what role does the public display of literature play in the city as a machine for producing imaginaries, meaning, and sociability? The visibility of literary matter in the city results from official, memorial, or social policies that are necessarily selective and exclusionary. What forms of inequality or domination shape the inscription and reception of literature in the street? What kind of book city for those who cannot read? What lines of flight, what alternative pathways of reappropriation, are available to those left on the margins of this poetic and political space?

Literature also enters public space in more ephemeral or overtly artistic ways, notably through cultural displays (literary quotes, poems) and contemporary Street art. Numerous municipal or associative initiatives place fragments of poetry on walls, bus shelters, or shop windows, offering a more democratic access to literary creation. Some urban artists appropriate and twist well-known quotations or pay tribute to writers through murals or collages. This dialogue between literature and visual art reshapes literary creation and reception, while also reappraising spaces that may be marginalised. How does the literary decentre our familiarity with the city, inviting us to become “tourists at home” (Lucy Lippard)? What risks of political or economic appropriation does it entail? What forms of resistance do urban literary practices encounter? Contributions may examine how the spatial materialisation of literature in the city has contributed, historically, to the (de)construction of citizenship, sociability, and artistic practices.

Together, these official and clandestine inscriptions produce a cultural geography by rendering visible the material traces of literary creation within the urban fabric. Often inattentive passers-by are invited to read the city as a palimpsest where past and present coexist, where literature is being (re)written. How do official, memorial forms of literary inscription in the street, markers of recognition granted to certain authors as figureheads of shared cultural, moral or ideological values, interact with freer or more marginal circulations and practices? Does the presence of literature in the city also operate through counter-cartographies, counter-cultures, or counter-canons? Is the city not one of the spaces where literature is offered to all, radically contemporary, alive, and performative—our shared concern? The city can thus be conceived as a psychogeography, a space to be appropriated or reappropriated through the senses and the imagination, spontaneously or through oral or written mediation, a lived space to be read, dreamed, and, possibly, acted upon. Who are today’s urban readers and writers? Who inhabits the city as poet or poetess, and who are the contemporary flâneurs and flâneuses? Could the history of our literary shaping and inhabiting the city be written?

At a time when access to literature is globalised and texts are increasingly dematerialised, what are the stakes and effects of making literature accessible in the street? If “culture [is] a thing that acts upon humans and human societies” (Oakes & Price 6), what does the public display of literature do to individual and collective urban practices? Why does the book city hold such appeal in contemporary societies? How and why does the city take shape as an imagined space, an interweaving of discourses and images that shapes the ways we inhabit it? How does the city become a literary, poetic, and discursive landscape, and how is this landscape inhabited, circulated, shared, mediated—or avoided? What new geographies emerge from it? Contributions may address the tourism development of literary heritage and matrimoine, as well as the role of literature in the touristification of cities and in urban marketing, which promote the city as a space of stories as much as of history. What roles do literary guides and editorial collections devoted to writers’ cities play in these processes? They may also examine new forms of sociability emerging at the intersection of contemporary urban circulations and practices and evolving modes of reading and writing, such as book exchange boxes or short-story dispensers.

Finally, is the book city constructed, experienced, and conceptualised in the same way everywhere across the world and at all times, or should it be understood in the plural, through the diversity of its interactions with literary cultures, reading habits, infrastructures, urban uses, planning policies, and contrasting imaginaries? Where, how, and why does the book city foster not only alternative ways of inhabiting the city, but also forms of living better?

This issue aims to map out new ways of living poetically in the city. Contributions may combine different theoretical perspectives. Case studies, as well as comparative and diachronic approaches, are welcome.

 

Important dates

Abstract submission deadline (400 words & short bibliography) : 27 February 2026.

Please send them to both :

David Labreure : auguste.comte.paris@gmail.com

Caroline Marie : caroline.marie.up8@gmail.com

and Géographie et cultures : gc@openedition.org

Notification of acceptance : early March

Full paper submission deadline : 15 May 2026

(Between 35 000 and 50 000 signs (summary and bibliography included). Each illustration equals 1 500 signs. Stylesheet : https://journals.openedition.org/gc/605)

Result of peer-review by 26 June 2026

Final paper submission : 18 September 2026

Articles may be written in French or in English (with a 800–1000 word summary in French)