On doit se réjouir de la résurrection au Seuil de la collection "Pierres vives" ("Je ne bâtis que pierres vives, ce sont hommes"), avec la parution de Thétis, un roman poétique signé par Christine Spianti. Sur un rivage en mer Égée, une femme laisse derrière elle le chaos du présent, un exemplaire de l’Iliade pour seul bagage. Dans cette épopée à la puissance créatrice exceptionnelle, le temps et le mythe fusionnent. La voix résolument féministe de Thétis, mère du demi-dieu Achille, s’impose à la narratrice et supplante celle d’Homère. Elle révèle dans son sillage héroïnes et héros anonymes — muses, esclaves, soldats, exilés, mineurs isolés, femmes en lutte aux colères fulgurantes. Des chemins antiques jusqu’au nord de Paris aujourd’hui, tandis qu’Achéens et Troyens combattent encore, on plonge dans une réflexion sur les guerres, sur l’amour inconditionnel et la valeur de la vie. Fabula donne à lire quelques pages de l'ouvrage…
(Illustr. : Thétis plonge Achille dans l’eau du Styx, Antoine Borel, 1787, Parme, Galleria Nazionale. Source : utpictura18)