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Appels à contributions
Corps en mouvement, mouvements des corps dans la culture francophone

Corps en mouvement, mouvements des corps dans la culture francophone

Publié le par Marc Escola (Source : Ioana Marcu)

Appel à contributions pour un volume collectif :

 Corps en mouvement, mouvements des corps dans la culture francophone 

sous la direction de

Ramona Mieluşel (University of Louisiana at Lafayette, Etats-Unis) et 

Ioana Marcu (Université de l’Ouest de Timisoara/Centre d’études francophones, Roumanie)

Lorsqu’on évoque le concept du corporel, ou plus précisément celui du corps, les premières caractéristiques qui viennent spontanément à l’esprit sont sa matérialité et son inscription dans l’espace. Cependant, une simple consultation des définitions du terme « corps » révèle une pluralité de sens, témoignant de la richesse et de la complexité sémantique que ce concept revêt dans nos sociétés contemporaines. Cette diversité de significations met en lumière la nature multidimensionnelle du corps, qui se décline à travers des perspectives organiques, physiques, sociales, politiques et culturelles. Ainsi, il apparaît irréfutable que le corps constitue, et a toujours constitué, un concept polysémique, susceptible d’interprétations multiples et de lectures variées selon les contextes.

Au fil des siècles, le corps a fait l’objet d’analyses multiples, abordées sous des angles philosophiques, biologiques, psychologiques et anthropologiques, mais également dans le cadre des études culturelles, transnationales et des études de genre. Il a été interrogé dans sa quotidienneté, à travers les interactions sociales et culturelles qui le façonnent : gestes, postures, langage corporel, traditions, coutumes, émotions, mouvements, ainsi que dans ses expressions artistiques et symboliques – qu’il s’agisse de la religion, de la littérature, de la danse, des arts performatifs, de la mode ou d’autres formes créatives.

Dans la contemporanéité, le corps se conçoit avant tout comme une construction sociale et culturelle, susceptible d’acquérir des significations mouvantes selon le contexte et le moment historique où il est interprété. Comme le souligne Chantal Jacquet, le corps est pris dans un mouvement perpétuel au sein de la dynamique spatio-temporelle, car « sa nature est de ne pas avoir de nature fixe et immuable » (2001, 188). Pour la pensée actuelle, il s’impose dès lors comme une « totalité signifiante » (Lachheb 2012, 15), ou mieux encore, comme une constellation de significations intermédiales qui attestent de sa présence et de son inscription dans les pratiques culturelles.

Aujourd’hui, le discours sur le corps se décline en une multiplicité d’oppositions et de catégories : corps religieux, social, politique et culturel collectif versus corps individuel ; corps statique versus corps en mouvement ; corps nu opposé au corps voilé ou tatoué ; corps représenté versus corps absent ou non-représenté ; corps féminin et corps masculin, mais aussi corps androgyne, corps genré, corps racialisé ou ethnicisé – arabe, musulman, noir, etc. Cette pluralité de figures et de tensions illustre la complexité des représentations corporelles dans les sociétés contemporaines. Tous ces aspects de la corporalité constituent des paramètres essentiels dans l’étude des dynamiques culturelles et socio-politiques du corps en mouvement dans le contexte francophone contemporain. Ils permettent d’appréhender la complexité des représentations et des pratiques corporelles, ainsi que les significations multiples qui leur sont attribuées selon les cadres historiques, sociaux et culturels.

Cet ouvrage collectif se propose de susciter des dialogues et des échanges académiques autour de la thématique du corps en mouvement et des multiples formes que prennent les mouvements corporels dans un contexte culturel intrinsèquement polysémique : celui du monde francophone. Il s’agit de mettre en relation les différentes représentations du corps en mouvement dans ses diverses postures et configurations mentionnées auparavant afin de dégager des convergences, des tensions et des contrastes significatifs entre ces représentations. La démarche repose sur une approche interdisciplinaire et intersectionnelle, invitant à croiser des angles d’analyse variés – des études de genre aux études postcoloniales et néocoloniales en passant par les études culturelles. Ce projet entend ainsi offrir un espace de réflexion critique où le corps, envisagé comme objet et vecteur de sens, se révèle dans toute la complexité de ses inscriptions sociales, politiques et esthétiques. 

Ce volume interdisciplinaire propose comme cadre de réflexion les axes suivants tout en ouvrant le débat vers différents domaines artistiques – littérature, cinéma, musique, arts visuels et bien d’autres. L’objectif est de valoriser une approche transversale qui permette de croiser les perspectives théoriques et esthétiques, afin de mettre en lumière la diversité des représentations et des pratiques liées au corps en mouvement dans l’espace francophone.

Possibles axes de recherche (non-exhaustives): 

Transformations des corps : vieillissement (représentations littéraires et artistiques de la sénescence, corps fragiles ou résistants, mémoire corporelle), maternité (corps maternel, métamorphoses liées à la grossesse), maladies (corps souffrant, stigmates de la maladie, narrations de la douleur, résilience corporelle), traces sur le corps (cicatrices, tatouages, marques culturelles ou identitaires, corps comme archive de l’histoire personnelle et collective), etc. ;

Corps révolutionnaires : révoltes et révolutions, printemps arabe, hirak, mouvement « Femme, vie, liberté » ; corps politique (corps anonymes, corps sacrifiés), etc. ;

Corps artistique : danse (chorégraphies comme langage, corps discipliné vs corps libéré, hybridations culturelles), photographie (corps figé ou en mouvement), mouvement artistique / artivisme (corps comme outil de protestation artistique, performances corporelles engagées, art corporel et militantisme), etc. ;

Corps immigré (migration forcée ou volontaire, adaptation corporelle à de nouveaux espaces, corps en transit) ; corps exilé (nostalgie et mémoire corporelle, corps comme porteur d’identité culturelle), corps étrange (altérité corporelle, exotisation, corps marginalisé ou stigmatisé dans les discours francophones), etc.

Calendrier 

Pour que votre proposition soit prise en considération, veuillez envoyer un résumé (200 mots) accompagné d’une courte notice biographique (précisant votre affiliation académique) aux adresses suivantes : ramona.mielusel@louisiana.edu et ioana.marcu@e-uvt.ro, avant le 30 janvier 2026 à minuit (US Central Time).

Une réponse vous sera communiquée dans un délai d’un mois après la date de soumission. Les consignes de rédaction seront transmises aux auteur.e.s dont les propositions auront été retenues. 

En cas d’acceptation, l’article complet devra impérativement être soumis avant le 1er septembre 2026 à minuit (US Central Time).

Publication

Ce volume est envisagé pour publication auprès d’une maison d’édition internationale reconnue, telle que L’Harmattan ou Brill, afin de garantir sa visibilité et d’assurer une diffusion académique de qualité.

Les articles seront évalués anonymement par deux lecteurs issus du comité scientifique/spécialistes de la thématique du volume.

Bibliographie

Jacquet, Chantal, Le corps, Paris, Presses Universitaires de France, 2001. 

Lachheb, Monia, « Introduction : Le corps pluriel », in Monia Lachheb (dir), Penser le corps au Maghreb,  Paris, Karthala, 2012, p. 9-14.

 

  • Responsable :
    Ioana Marcu
  • Url de référence :
    https://csf.uvt.ro/
  • Adresse :
    Université de l’Ouest de Timisoara/Centre d’études francophones, Roumanie