Refu(ge)s : Refuge à soi, aux autres, pour soi, pour les autres
Journée d'étude du groupe des doctorants Thes’Art
11-12 juin 2026
Salle Jacques Cartier, Université Grenoble Alpes, Saint-Martin d’Hères
Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.
Baudelaire, « Paysage »,
Les Fleurs du Mal,
1857
Les souvenirs sont
parfois l’identité des étrangers.
Mais le temps s’unit au souvenir.
Il enfante des réfugiés
que le passé abandonne et
laisse sans souvenirs.
Mahmoud Darwich,
La terre nous est étroite
et autres poèmes,
2000
Le terme refuge est profondément ambivalent : d’un espace protecteur à un espace destructeur et/ou réducteur, le refuge incarne la fuite face à une situation réelle, ou non. C’est ce que montre le dialogue entre Baudelaire et Darwich, dont l’association pourrait sembler surprenante.
On refuse d’affronter ce qui pourrait potentiellement menacer notre équilibre personnel, collectif, communautaire. Le titre « Refu(ge)s » rend compte de cette dualité et de cette dimension de fuite, que l’on retrouve notamment dans l’étymologie du mot ; selon le Dictionnaire de l’Académie française, « refuge » apparaît au XIIe siècle, emprunté du latin refugium, de même sens, lui-même tiré de refugere, « reculer en fuyant ».
Le refuge revêt deux sens complémentaires : il peut désigner un abri, un asile face à un danger potentiel, ou bien se référer à une personne auprès de laquelle on sollicite secours et protection(1). On note que, dans certaines sources comme le dictionnaire de l’Académie française, ce second sens est parfois illustré par des expressions religieuses chrétiennes, où le refuge symbolise la protection divine, mais cette dimension reste un exemple parmi d’autres usages figurés(2).
Qu’il soit géographique, symbolique, linguistique, personnel et/ou collectif, il se construit toujours en réponse à une menace perçue comme extérieure, susceptible de revêtir des formes multiples. Bien qu’il soit spontanément investi d’une valeur salvatrice et souvent considéré comme nécessaire, le refuge ne saurait se réduire à cette seule fonction : il peut également engendrer de l’isolement, instaurer une dépendance et restreindre la possibilité d’agir des personnes qui s’y réfugient.
Refuge ne rime pas toujours avec danger potentiel immédiat. Se réfugier signifie fuir, échapper à une réalité ou une situation que l’on choisit de ne pas affronter. On peut refuser de se confronter à une réalité dérangeante, et préférer se détourner du réel. On pourra évoquer le roman d’Ishiguro The Remains of the Day (1989), dans lequel le personnage central du majordome se réfugie dans des souvenirs aseptisés afin d’échapper à ses regrets.
Le refuge se distingue également par la diversité de ses échelles, de l’enfant qui se cherche un monde à soi face à une réalité qui lui semble trop complexe, aux demandeurs d’asile, en passant par les groupes de parole réservés aux femmes, aux addicts, ou encore aux personnes queer. Le refuge peut être un espace que l’on nous créé, un espace d’accueil qui nous est extérieur, ou même un espace que l’on se crée pour soi-même, voire en soi-même. L’actualité du sujet n’est pas sans rappeler les souffrances des populations à Gaza, ou encore la volonté affichée de Donald Trump de révoquer le statut légal de plusieurs centaines d’immigrés, majoritairement hispanophones, au cours des dernières années.
Notre réflexion s’organisera, sans y être limitée, autour des trois axes suivants :
AXE 1 : Inclusion, exclusion et dynamiques du refuge
Le refuge désigne le plus souvent un espace de protection face à une menace — qu’elle soit physique, sociale ou symbolique. Toutefois, derrière cette définition se cachent des tensions autour des notions d’inclusion et d’exclusion. Qui peut prétendre à un refuge ? Qui est autorisé à y entrer, et selon quelles normes — juridiques, politiques ou culturelles ? Le refuge soulève ainsi des questions fondamentales : s’agit-il d’un espace que l’on choisit librement, ou bien d’un lieu où l’on est contraint de se retirer ?
Envisagé comme espace de repli, de résistance ou de reconstruction, le refuge interroge les frontières mouvantes entre le chez-soi et l’ailleurs, entre le collectif et l’individuel.
Au Moyen Âge, le refuge se manifeste dans le cadre du droit d’asile ecclésiastique, où certaines églises et monastères offraient protection temporaire aux personnes poursuivies. Dans l’histoire contemporaine, le refuge a souvent pris la forme de camps de réfugiés massifs lors des guerres mondiales, ou d’espaces d’accueil urbains et institutionnels pour les populations contraintes à l’exil par les dictatures latino-américaines du XXe siècle.
Le refuge engage également des dynamiques de pouvoir et de visibilité. Dans les arts et la culture populaire, le trope du white saviour illustre comment certains espaces de protection sont narrés autour d’une figure dominante — souvent blanche — qui prend en charge des populations vulnérables. On retrouve ce schéma, par exemple, dans le film The Blind Side écrit et réalisé par John Lee Hancock, sorti en 2009, où une femme blanche offre un foyer à un jeune garçon noir, incarnant ainsi la figure du sauveur centralisée autour de sa propre action. Même dans des contextes censés offrir sécurité et autonomie, ce trope souligne que le pouvoir et l’autorité ne sont jamais neutres, et que la protection peut s’accompagner d’exclusion symbolique.
Le refuge intervient souvent après une rupture du lien social, mais il ouvre également la possibilité d’un nouvel ancrage. Il devient alors un levier de recomposition : un espace où les appartenances se redéfinissent, où les liens se retissent, où la parole se reconquiert. Les exilés espagnols comme Luis Cernuda, Max Aub ou Ramón J. Sender ont poursuivi leur activité culturelle dans les pays d’accueil après la guerre d’Espagne. De même, certains laboratoires de recherche ont offert refuge à des intellectuels persécutés par le nazisme, comme Albert Einstein à l’Institute for Advanced Study.
Cependant, l’idéal du refuge comme espace protecteur peut se révéler illusoire. Il peut se fissurer, se montrer instable, voire reproduire des formes de domination. Cette ambivalence invite à interroger les limites du refuge, ses zones d’ombre, et les rapports de pouvoir qui peuvent s’y exercer, y compris dans les espaces les plus intimes.
AXE 2 : Fuite et emprisonnement, le refuge face au temps
Le réfugié, qui commence par penser le refuge comme éphémère, se heurte parfois à l’impossibilité du retour et à la nécessité de s’installer durablement ailleurs. Il se retrouve alors prisonnier de l’espace qui incarnait autrefois son espoir de salut.
Se réfugier signifie aussi occuper un espace qui n’était pas le sien à l’origine, appréhender une langue et une culture qui se veulent résolument autres. Le territoire qui donne asile résiste éternellement à l’assimilation totale des populations réfugiées. Le refuge peut paradoxalement être un espace d’emprisonnement politique, social, culturel et linguistique. On peut penser à l’œuvre cinématographique West Side Story (1961), qui met en scène des populations issues de l’immigration portoricaine. Si les Etats-Unis sont vus comme une terre d’accueil, les immigrés portoricains se heurtent aux stéréotypes et au racisme prégnants dans la société américaine de l’époque. Loin de l’image tant espérée et idéalisée du refuge, les États-Unis, et plus particulièrement les quartiers portoricains et populaires de New York, deviennent une prison. Les personnages, dans l’impossibilité de s’intégrer à la société, restent perçus comme d’éternels étrangers, d’éternels réfugiés.
L’ambivalence du refuge est également notable dans le domaine de la psychologie. Face à une situation qu’il n’est pas en mesure d’appréhender immédiatement, le cerveau peut chercher à instaurer une distance avec la réalité perçue. Si cette distanciation constitue une échappatoire salvatrice face à une réalité qui menace l’équilibre et l’unicité de la psyché, l’état qui constitue un refuge à un moment précis peut se transformer en espace d’enfermement et en menace. Cela est notamment visible dans le roman historique de Pat Barker Regeneration (1991), dans lequel l’autrice retrace l’expérience d’officiers britanniques souffrant de stress post-traumatique et internés au Craiglockhart War Hospital pour y être soignés. Le personnage de Burns incarne l’échec de l’esprit à dépasser l’espace du refuge immédiat pour retrouver un semblant de stabilité sur le long terme. Prisonnier de son propre esprit, le refuge devient un lieu inquiétant, limitant, étouffant.
En outre, les nouvelles technologies ont permis de développer des espaces de refuge aussi bien personnels que collectifs, avec des temporalités propres. C’est notamment le cas d’Internet et des réseaux sociaux, qui jouent un rôle de plus en plus prépondérant dans la découverte et l’exploration de soi au-delà de l’égide parental. On peut penser aux réécritures d’œuvres autour desquelles une communauté s’est constituée, comme les fanfictions, et les espaces en ligne qu’elles occupent, que ce soit FanFiction.net, Wattpad, AO3… En étendant la sphère temporelle réelle et narrative d’un récit au-delà de l’œuvre originale, l’auteur développe un espace ouvert à tous, et dont la temporalité est infinie. L’auteur de fanfiction peut viser la création d’un refuge réconfortant, comme tenter de choquer, voire vexer ses lecteurs. D’une manière similaire, les réseaux sociaux offrent un refuge potentiel aux personnes en quête d’échappatoire. Dans une temporalité instantanée aussi bien qu’infinie, et un espace aussi ouvert que public, comment la création d’espaces communautaires propres, y compris des espaces immatériels ou soumis aux changements rapides, peut-elle permettre, ou non, de former des refuges ?
AXE 3 : La construction linguistique du refuge
Le refuge, en plus d’être un espace géographique et temporel, est également un espace linguistique. Cette notion fait écho à de nombreux questionnements actuels.
Au niveau politique d’abord, où la question se décline du récent – l’existence et l’utilité des trigger warnings, ou l’utilisation même du terme en dehors d’un contexte clinique – au plus ancien – il faut évoquer ici la valeur politique de langues dites ‘régionales’ (le Catalan, le Basque, le Galois…) La valeur contestataire d’une langue ou d’un dialecte peut être inscrite dans sa structure même : c’est le cas du Cockney rhyming slang(3), pensé pour empêcher la compréhension du message par les autorités, ou du Nüshu(4), un script phonétique pratiqué par les femmes du groupe ethnique Yao et aujourd’hui considéré comme patrimoine culturel immatériel. La question du militantisme s’y pose également ; dans le glissement de sens d’un vocabulaire clinique lorsqu’il entre dans l’utilisation courante, ou le pouvoir contestataire du refus d’apprendre une langue – ou, inversement, de l’utiliser mais en l’hybridant avec sa langue maternelle.
Cette dimension du langage-comme-refuge existe également dans le langage courant ; pensons au code-switching de l’employé de bureau ou de l’élève, qui évoluent dans des milieux ayant le plus souvent des codes rigides concernant une langue et un registre corrects à adopter pouvant différer des normes présentes dans leurs vies personnelles. Que dire de celui pratiqué par les minorités – racisées, handi, LGBTQ+ – en dehors versus au sein de leurs communautés? Dans un domaine plus administratif, les parties d’un contrat viennent y chercher une forme de protection légale les assurant que les obligations de tout un chacun sont claires et bien définies : cela passe par des normes de langage bien particulières. Dans le cas de personnes bilingues, l’expression de certains sujets ou émotions peut être facilitée ou complexifiée d’une langue à l’autre(5). L'existence même de certains sociolectes atteste du pouvoir du langage dans la question du refuge, comme signe d’appartenance ou d’exclusion ; l’actualité en regorge. Les mouvements masculinistes, féministes, antifascistes, nationalistes, antispécistes… ont chacun leur jargon propre, et son utilisation (ou non) ménage un espace particulier. Penser les espaces du langage en relation avec la question du refuge ménage un intervalle permettant d’approfondir ou de remettre en question des théories socio-politiques établies tout en prenant conscience des formes multiples que peuvent prendre le refuge, aussi bien dans ses interprétations positives que négatives.
Cette journée d’étude a pour but de mieux saisir la polysémie du terme refuge, son ambivalence, comprendre dans quelle mesure il renferme une tension entre inclusion et exclusion ainsi que de révéler la façon dont il peut être instrumentalisé. La frontière entre refuge et menace, refuge et enfermement nécessite d’être questionnée et explorée selon des perspectives diverses et variées. Décliner le refuge au sein de différents champs d’étude permettra peut-être de faire émerger des pistes de réflexion communes.
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1 « Refuge ». Académie française (9e), https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9R1266, consulté le 25 novembre 2025.
2 Ibid.
« Refuge ». CNRTL, https://www.cnrtl.fr/definition/refuge, consulté le 17 décembre 2025.
3 Mormol, Paulina, "Cockney Rhyming Slang as a Disguise Mechanism for the Prevalent English Swear Words", Galicia Studies In Linguistics, 2016, vol. 2, no 5, p.41-53.
4 Broussard, Julia T, "Nüshu: a curriculum of women’s identity", Transnational Curriculum Inquiry, 2008, vol. 5, no 2, p. 45-68.
5 Martinovic, Ines, and Jeanette Altarriba, "Bilingualism and emotion: Implications for mental health", The Handbook of bilingualism and multilingualism, édité par Tej K. Bhatia et William C. Ritchie, Blackwell Publishing, 2012, p. 292-320.
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Soumettre une proposition
Cet appel à communication invite les doctorants et jeunes chercheurs en civilisations (historiens, politologues, sociologues), langues et littératures étrangères ou comparatives à explorer ces thématiques sous différents angles, en croisant les disciplines et les époques. Nous espérons que cette rencontre permettra d’ouvrir de nouvelles perspectives de recherche dans un cadre bienveillant et accueillant et suscitera des connexions interdisciplinaires originales.
Veuillez soumettre des propositions de communication en français d’une longueur comprise entre 3000 et 4000 signes ainsi qu’une courte bio-bibliographie (max. 50 mots), à l’adresse charlene.martin@univ-grenoble-alpes.fr avant le 31 mars 2026.
Toutes les propositions dont le contenu s’inscrit dans la thématique de la journée d’étude seront étudiées par le comité scientifique avec grande attention. Les réponses aux participants seront envoyées courant avril 2026. Cette journée d’étude se déroulera exclusivement en présentiel sur le campus de Saint-Martin d’Hères. Pour les intervenants extérieurs à Grenoble, une prise en charge du voyage ou de l’hébergement pourra éventuellement être considérée.
Des frais d’inscription à hauteur de 35 euros seront demandés uniquement aux jeunes enseignant.e.s-chercheur.euse.s. Les doctorant.e.s sont exonéré.e.s des frais d’inscription.
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Présentation du groupe Thes’Art
Thes’Art est une association de doctorants du laboratoire de recherche en langues et cultures étrangères (Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie), de l’Université Grenoble-Alpes. Elle propose aux jeunes chercheurs de se réunir autour d’événements et de projets scientifiques divers, afin de leur permettre de gagner en expérience, d’entrer en contact étroit avec d’autres collègues et de profiter d’un soutien moral et pratique tout au long de la préparation de la thèse. Depuis plusieurs années, Thes’Art organise un séminaire de recherche nommé « Histoire & histoires », dont les séances sont centrées sur des thématiques variées en lien avec le discours historique (Histoire) ainsi que la fiction (histoires). Pour cette année 2025-2026, Thes’Art se lance dans la troisième édition de sa journée d’étude autour d’une nouvelle thématique : le refuge. Son objectif est de réunir davantage de doctorants issus de sphères linguistiques diverses autour d’une réflexion commune.
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Comité d’organisation
Léa BARRIL, doctorante, CERHIS, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Charlène MARTIN, doctorante, LISCA, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Dorian SIFAOUI, doctorant, LISCA, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Comité scientifique
Simon ALBERTINO, docteur, CESC, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Pierre-Alexandre BEYLIER, Professeur des universités, LISCA, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Alice CARETTE, Enseignante-chercheuse, CERHIS, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Almudena DELGADO LARIOS, Professeure des Universités, CERHIS, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Olga LOBO CARBALLO, Professeure des Universités, UPVM, ReSO, membre rattachée de l’Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Myriam GEISER, Maîtresse de conférences, CERAAC, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Sylvie MARTIN-MERCIER, Maître de conférences, GREMUTS, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Michele MERENDA, doctorant, CERHIS, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Viktoriia RYBINA, doctorante, CESC, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Jessica SMALL, docteure, LISCA, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
Jean-Yves TIZOT, Enseignant-Chercheur, LISCA, Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, Université Grenoble Alpes
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Références bibliographiques
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Stroebel William. Literature’s Refuge: Rewriting the Mediterranean Borderscape. Princeton University Press, 2025.