À l'occasion du quatre centième anniversaire de la naissance de Mme de Sévigné, la Société des amis de Bussy-Rabutin et le CEREC (Plurielles, UR 24142) organisent une journée d'étude consacrée à l'amitié.
L'amitié contribue puissamment à structurer la société de l'époque moderne. La signification de ce terme est alors plus riche et plus profonde qu'aujourd'hui. Sa polysémie est une conséquence de la polyvalence de son usage dans l'espace privé voire intime, et dans l'espace public et politique. L'amitié énonce les affinités personnelles, affirme et renforce des liens familiaux comme elle relie des personnes de rang différent, favorisant le recrutement des factions. Elle est au coeur de l'histoire sociale et littéraire : elle motive des dons et des legs, elle justifie des engagements, elle inspire des oeuvres, elle innerve des correspondances.
Une première approche consistera à repérer les manières de dire et d'écrire l'amitié et/ou de revendiquer ce lien. Comment Bussy, Mme de Sévigné, ou encore ceux qui leur sont contemporains nomment-ils leurs amis, comment les présentent-ils et de quelle manière décrivent-ils leurs rapports avec eux? Quelles sociétés ces liens d'amitié forment-elles? L'on pourra ici introduire un critère chronologique : par exemple comment évoque-t-on les amis avec lesquels on a rompu ?
Une deuxième approche pourrait consister à qualifier ce lien. Si l'on peut prétendre quantifier l'amitié, il est possible de la comparer, d'en évaluer son pouvoir. Lorsqu'une personne est présentée comme " mon parent et ami", l'amitié redouble le lien familial. Est-il alors possible de distinguer des actions dont le ressort serait l'amitié plutôt que la parenté ? Peut-on trouver des marques d'affinités personnelles dans des gestes d'amitié qui relèvent aussi de pratiques sociales et politiques ? Les mémorialistes font souvent de l'amitié un facteur explicatif de leurs choix. Ainsi, par exemple, un Saint-Simon a soigneusement montré comment ses amitiés pour Chamillart et Pontchartrain ont favorisé son initiation aux affaires publiques.
Une troisième approche pourra encore envisager les amitiés littéraires. En quoi permettent-elles d'apprécier, voire de corriger ses propres écrits, et d'en modifier la portée? On pourra penser aux conseils de Caumartin au cardinal de Retz, de Bouhours à Bussy..., ou encore à ses amitiés exceptionnelles qui nourrissent le coeur et la pensée (Montaigne et la Boétie).
Les communications pourront s'intéresser à la présence, la forme, et le rôle de l'amitié :
- dans les rapports entre les deux cousins (de l'Histoire amoureuse des Gaules, à la correspondance) ;
- dans le décor du château de Bussy (avec par exemple ses liens avec ses écrits);
- dans les traités, les correspondances et les Mémoires du XVIe au XVIIIe siècle;
- dans les oeuvres de fictions du XVIe au XVIIIe siècle...
La journée d'étude se tiendra au château de Bussy-Rabutin le 5 septembre 2026. Les communications , d'une durée de vingt-cinq minutes, seront publiées dans Rabutinages, en décembre 2026.
Les propositions ( titre et une dizaine de lignes) sont à envoyer avant le 1er juin 2026 à myriam.tsimbidy@u-bordeaux-montaigne et ch.blanquie@outlook.com