Le numéro est disponible en version imprimée et en version numérique sur la plateforme Preo de la MSH de Dijon :
La fête, phénomène intermittent et récurrent, marque selon les anthropologues un temps clos de soulagement, d’exutoire et de célébration : Roger Caillois y voit une nécessaire transgression, un ressourcement qui renverrait plutôt à un désir de recommencement qu’à une fin. Fête des fous, carnaval, saturnales autorisent des phénomènes collectifs d’inversion et de subversion. Temps de réjouissance et espace de rassemblement, jour de congé national et moments de commémoration qui rappellent l’arrêt d’un régime ou d’un conflit, la fête peut suspendre les tensions, en marquer l’issue désirée : néanmoins, début des vacances ou fin d’une période plutôt que fin d’un monde, elle ne signe pas toujours la fin des difficultés ou des violences mais seulement leur mise à distance temporaire. Comme le souligne la notion de « trêve des confiseurs », l’espace entre deux fêtes ne masque pas le retour annoncé des débats et tensions, peut-être même la menace exalte-t-elle les débordements.
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En finir vraiment
La fortune des Rougon d’Émile Zola : une double fête de fin
Sinistres lendemains de fête dans le cinéma expressionniste et Kammerspiel du début des années 1920
Pour en finir avec le passé nazi ? Le Cabaret du Barabli et ses Satires de l’après-guerre
Fêtes et fins
Pour finir encore et autres foirades de Bernard-Marie Koltès
Célébrer la fin, sacrifier les femmes : le happy end perverti dans le folk horror contemporain
Le fin mot de la fête
Friends et les épisodes de fin d’année : la tradition festive à l’épreuve du temps
Comment Hallmark a acheté Noël : le cas particulier d’une production « de saison »