Après Cartes invisibles. Littérature, cinéma, politique (Mimésis, 2024), qui faisait suite à un numéro de la revue Phantasia, “Décrire la carte, écrire le monde” (2023), Isabelle Ost prolonge le dialogue entre littérature et cartographie avec Regarder le monde (Mimèsis). Modèle d’une représentation qui se joue de la mimésis, la carte exacerbe nos fantasmes de maîtrise et nos désirs d’immensité ; la littérature, du moment romantique à la période contemporaine, transpose ce regard fondateur pour explorer différentes modulations de description de l’espace et leurs effets esthétiques. De leur rencontre naît l’idée d’un "regard cartographique" des œuvres, ce regard qui s’approprie le réel en variant les angles de vue et les jeux d’échelle : représenté en miniature ou à la loupe, d’en haut ou d’en bas, à l’horizontal, à la verticale ou d’un point de vue surplombant, le monde ne produit pas les mêmes images – ni les mêmes interprétations, les mêmes émotions.